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La situation est on ne peut plus claire : l'action militaire au Mali était indispensable, voire vitale pour éloigner le spectre d'une nouvelle décennie noire dont les Algériens gardent des cicatrices encore vives.
Agir, c'est toujours prendre des risques. Nous l'avons fait dans les années 1990 : nous nous sommes levés contre l'internationale terroriste qui voulait prendre le pouvoir en Algérie par tous les moyens. Nous avons agi collectivement pour défendre la République et écarter un danger qui aurait menacé tout le Maghreb et le sud de l'Europe. La lecture qu'il faut faire des événements actuels doit convoquer cette mémoire qui nous fait souvent défaut de même qu'elle doit être faite à la lumière des changements fondamentaux intervenus dans les rapports internationaux. Le terrorisme, le crime organisé, le trafic d'armes et de narcotiques sont le nouveau danger planétaire et c'est pour nous prémunir de ses effets dévastateurs qu'il fallait agir au plus vite ! L'Algérie a posé correctement le problème mais a refusé d'agir. Préconisant une solution politique irréaliste dans les conditions actuelles, notre diplomatie a fait inutilement traîner les choses, au point où les groupes armés du Nord- Mali, probablement encouragés par le statu quo, ont franchi le Rubicon ! Dès lors, la position algérienne était attendue par tous les observateurs. La sagesse a prévalu et à l'inverse de ce que dit Mme Hanoune, nous avons fait le bon choix et notre souveraineté ne risque absolument rien d'une opération de nettoyage qui, au contraire, ne peut avoir que des conséquences positives pour notre pays : relance du développement des zones frontalières, arrêt du trafic en tout genre qui passe par le Sud, reprise du tourisme saharien menacé de mort par l'insécurité et les enlèvements (l'opération de mercredi 16 janvier 2013 en est l'illustration), etc. Au contraire, mettre des bâtons dans les roues de cette intervention, comme par exemple, interdire le survol des avions militaires français, aurait été le meilleur moyen de nous attirer des ennuis ! Nous aurions été mis illico presto sur la liste des nations soutenant le terrorisme ! Ce qui aurait ouvert la voie à des mesures dont on peut imaginer la dangerosité. Ne pas soutenir l'action militaire actuelle était donc la pire des solutions ; c'est elle qui aurait servi de motif pour une intervention militaire en Algérie ; c'est elle qui aurait menacé directement notre souveraineté ; c'est elle qui aurait encouragé tous les nostalgiques de l'Algérie française, tous les revanchards, tous les milieux impérialistes décidés à en finir une fois pour toutes avec nous, à déterrer la hache de guerre et à nous agresser ! Nous parlons de choses concrètes, de faits réels et avérés, contrairement à tous les analystes qui inventent des scenarii catastrophes annonçant le retour du colonialisme et je ne sais quoi encore La France agit dans le cadre de la légalité internationale et en total accord avec notre pays. Il s'agit de chasser les nouveaux talibans, de les empêcher de détruire le Mali et d'étendre leur territoire. Il s'agit surtout d'empêcher la réalisation de leur rêve qui est de créer un Etat islamiste au cœur de l'Afrique ! Et là aussi, nous ne faisons pas dans le délire ! L'avancée des islamistes armés vers Bamako indiquait clairement que leur objectif n'était pas de s'arrêter au Nord ! Si la France n'était pas intervenue, si l'on avait continué à croire en une solution politique prématurée, le pire serait arrivé et un second Afghanistan aurait vu le jour à nos portes ! A propos de l'exemple afghan, beaucoup de commentateurs citent le bourbier taliban dans lequel se sont enfoncées les forces de la coalition occidentale et prédisent le même sort à l'expédition africaine. Erreur : le cas de l'Afghanistan est typique et les Etats-Unis en savent quelque chose, eux qui ont été à l'origine de la création des grands mouvements islamistes armés, eux qui ont créé de toutes pièces Ben Laden et Al Qaïda. Aveuglés par leur haine des Soviétiques, ils ont nourri le monstre qui se retournera quelques années plus tard contre eux. En Afghanistan, les Talibans sont chez eux, une grande partie de la population les soutient. Ils ont une grande habitude du terrain où ils ont déjà livré une guerre sans merci contre l'Armée rouge, puis contre leurs ennemis de l'intérieur, enfin contre les forces occidentales. Ils sont organisés et maîtrisent l'art de la guerre dans toute sa complexité. Ils ont un soutien de taille : les tribus pakistanaises acquises à leur idéologie. De vastes territoires pakistanais leur servent de base arrière. Au Mali, on a affaire à des groupuscules qui n'ont que quelques années de présence dans ce territoire hostile. Et s'il y a parmi eux des Maliens, il faut signaler qu'un grand nombre de combattants est constitué de terroristes venant d'Afrique du Nord. Beaucoup d'entre eux ont fui l'Algérie où l'ANP les traque, échouant dans ce no man's land déserté par l'armée malienne, un «paradis» où ils ne rencontreront aucune résistance. Encouragés par l'impunité, ils ont fini par prendre possession de plusieurs villes où ils ont mis en application leur funeste projet d'organisation de la société. L'implosion de la Libye leur facilitera l'acquisition d'armes lourdes et légères ainsi que l'arrivée de nouveaux djihadistes transitant par la Tripolitaine. On les évalue à quelques milliers. En outre, il n'y a aucun pays étranger où ils peuvent trouver du soutien. L'Algérie n'est pas le Pakistan et les Touareg algériens limitrophes ne sont pas connus pour leur extrémisme religieux. Comme nous le voyons, il n'y a aucune comparaison avec la réalité afghane et nous sommes certains que l'intervention française ne durera que quelques semaines, voire deux à trois mois en tout qui permettront de nettoyer totalement la zone. Et puis, ne s'agit-il pas d'une grande victoire politique de l'Algérie ' Mitterrand, le mentor de François Hollande, n'était pas un chaud partisan de l'éviction des islamistes et la grande presse française voyait les services de renseignement algériens derrière chaque massacre et chaque attentat ! Les terroristes étaient une création des militaires quand ils n'étaient pas des fantômes imaginés par la presse républicaine algérienne ! Messieurs les Français, aujourd'hui vous combattrez donc des fantômes ! Et ces morts maliens, ces femmes et ces hommes amputés, flagellés, torturés ; ces otages occidentaux et japonais enlevés à Aïn Aménas, seraient-ils par hasard les victimes des services spéciaux algériens ' La vérité finit toujours par éclater. Voilà ceux qui doutaient de l'existence des terroristes en train de les pourchasser à des milliers de kilomètres de Paris ! Ce que vous faites aujourd'hui, les militaires algériens le font depuis bientôt une vingtaine d'années ! Et vous leur avez compliqué la tâche en intervenant en Libye et en libérant la folie destructrice qui nous est revenue sous la forme d'un Mujao qui détruit nos casernes et enlève nos diplomates ! Alors, M. Hollande, bon courage dans votre œuvre de réparation des dégâts causés par vos prédécesseurs !
M. F.
P. S. : une attaque terroriste vient d'être perpétrée contre une base pétrolière étrangère au sud du pays. Cette action préméditée visant des intérêts occidentaux en Algérie est peut-être une réponse du Mujao à ce qui se passe au Mali. Mais n'oublions pas qu'elle a été précédée par des attaques semblables qui ont déjà visé Tam, Ouargla et notre consulat à Gao. A une époque où il n'y avait aucune intervention militaire au Mali. Le terrorisme est un danger permanent. Il faut l'éradiquer ici et partout !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Maâmar FARAH
Source : www.lesoirdalgerie.com