
La gestion du secteur de l'emploi dans la wilaya de Ouargla suscite l'inquiétude des députés de l'APN, de la société civile et des notables de la région. « Cela fait six mois que la wilaya a connu des émeutes et des manifestations de colère à travers lesquelles les jeunes chômeurs ont exprimé leur désarroi et exigé des solutions concrètes. Nous avons dépassé cette phase critique en appelant au dialogue et à la nécessité de préserver l'unité et la souveraineté de l'Algérie mais il est dommage de constater qu'à ce jour, on ne voit rien venir », affirme Mohamed Abazi, député à l'APN et initiateur de la caravane de solidarité. Pourtant, à ses yeux, toutes les conditions sont réunies pour résorber le problème du chômage dans cette wilaya. Le problème, selon M. Mohamed Abazi, se situe au niveau de l'Agence nationale de l'emploi (Anem) qui ne joue pas son rôle « de catalyseur des demandes et des offres d'emploi ». « Nous avons été très sensibles aux discours du ministre de l'Emploi et du directeur général de l'Anem sur le monopole exercé par les entreprises pétrolières, notamment les entités étrangères ayant émis des conditions et des critères difficiles à satisfaire par les jeunes chômeurs, notamment ceux n'ayant pas de qualification, d'expérience et ne maîtrisant pas les langues étrangères », dit-il. « Mais, il se trouve, ajoute-t-il, que les annonces et les mesures prises par le Premier ministre pour lever ces obstacles n'étaient pas suffisantes pour mettre fin à cette situation critique. » Pour lui, la commission interministérielle présidée par le wali de Ouargla pour accélérer l'application des recommandations du Premier ministre n'a pas beaucoup avancé dans son travail en raison de cette faille qui pèse lourd dans le processus de résorption de l'emploi. Il argumente ses dires par « l'absence d'un fichier local ou régional des demandeurs d'emploi alors que cela constitue l'une des recommandations du Premier ministre », signale-t-il. Il en est de même pour la mise en place d'un système d'accompagnement des jeunes depuis le dépôt de la demande d'emploi jusqu'à son recrutement par l'entreprise pour vérifier le respect des instructions du Premier ministre. « Cela n'a pas été fait pour pouvoir assainir la base de données des demandeurs d'emploi », a signalé le député. Cette situation s'ajoute à l'instabilité que vit l'agence locale de l'Anem qui a vu plusieurs directeurs se succéder à sa tête en moins de deux mois. « Aucun des noms proposés par le wali n'a été retenu pour ces postes », regrette-t-il. M. Abazi alerte aussi sur certains comportements qui créent de la zizanie parmi la population locale. « Il s'agit de la politique d'exclusion dont sont victimes les jeunes de la région systématiquement exclus des listes des bénéficiaires d'emploi », a-t-il affirmé. « Tout cela fait que le dossier de l'emploi reste brûlant », a dit M. Abazi, qui vient de saisir le ministère de l'Emploi, du Travail et de la Sécurité sociale sur le danger que représente cette situation. « Il faut revoir le rôle de catalyseur que doivent jouer les agences locales de l'emploi », écrit le député dans son courrier adressé au ministère de l'Emploi. Il interpelle également le ministre en vue « d'instaurer une transparence dans la désignation des responsables de l'emploi au niveau local ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nouria Bourihane
Source : www.horizons-dz.com