
Une vue du ksar de OuarglaAprès une tempête de sable qui nous a quelque peu handicapés la veille, nous voilà partis tôt le matin d'hier, pour assister d'abord à une conférence de presse, animée à la Maison de la culture Moufdi Zakaria de Ouargla, suivie d'une visite guidée au sein du grand ksar de Ouargla, classé secteur sauvegardé.En préambule, M.Mus-tapha Hafsi, représentant de l'université de Biskra, spécialisé en patrimoine entreprendra d'emblée à nous décrypter la loi 98 04 sur le patrimoine matériel et immatériel.«L'Algérie a été l'un des premiers pays à adhérer à la convention sur le patrimoine immatériel en 2003», fera-t-il remarquer. Et de relever que la fête du Mouloud d'Adrar classée par l'Unesco récemment, après l'Imzad, atteignant ainsi le nombre de 16.Une intervention de circonstance nous renseignera sur le ksar phare de la ville. «Avant le classement du ksar de Ouargla comme secteur sauvegardé, dans notre association on s'est toujours battus pour qu'on prenne en charge notre ksour», a-t-il fait savoir et de mentionner le nombre de sept portes dont est doté ce ksar appartenant jadis à trois communautés: les Béni Brahim, les Béni Sissin et les Béni Waguin. Il y avait les portes par lesquelles sortaient les mariés et celles des morts et enfin celle du sultan.La plupart des habitants était composée d'agriculteurs cultivant des palmiers. Ces derniers manquent aujourd'hui de vigueur, fera remarquer notre intervenant et cela est dû au départ de plus en plus généralisé des habitants qui quittent leurs demeures, et laissent tomber en jachère leurs palmeraies.Aussi, depuis les inondations récentes qu'a connues la région les gens partent et construisent ailleurs avec des moyens plus faciles et accessibles. «Nous avons réussi à faire classer le ksar patrimoine national en 1995. Il faut sauver ce qui reste» dira M.Dendana.Prenant la parole, l'ancien directeur du musée de Timacine, jaloux de sa localité, s'interrogera sur les modalités à entreprendre pour classer le ksar de sa région.Et Mme Oum El Kheir, de l'Ogbc de Ouargla de dénoncer sentencieuse, l'absence de la direction de la culture: «Son rôle est important car cette institution représente le ministère de la Culture et le dossier doit passer par la direction de la culture. Les normes architecturales ont disparu. Le béton a tout englouti. Avant qu'un ksar soit classé patrimoine national, il se doit d'être inscrit d'abord dans l'inventaire supplémentaire et attendre 10 ans. Il faut savoir prendre soin de l'authenticité de nos sites patrimoniaux. Après 10 ans, soit il est classé soit il ne l'est pas pas.»Et M.Dendana d'avouer: «Il faut être solidaire. Les poussières d'individus doivent se transformer en une force dynamique pour réaliser ce projet...»Direction, ksar de Ouargla qui compte 9800 habitants selon les derniers recensements de 2008.D'une superficie de 30 hectares, le ksar de Ouargla a été inscrit comme secteur sauvegardé en 2008 et classé patrimoine national en 1996. Il possède 27 mosquées entre zaouïas et mausolées, qui appartiennent aux deux grands courants ibadite et malékite. Force est de constater les constructions anarchiques qui caractérisent le ksar de Ouargla.«On pourrait les attaquer en justice et gagner le procès. Mais combien de personnes pourra-t-on attaquer' Elles sont où les lois' Cela dénote de l'absence et du laxisme de l'Etat qui ne fait rien. Ce sont des constructions illicites.L'Etat laisse faire. Il faut surtout sensibiliser la société civile car dans 20 ans il ne restera rien du tout de ce ksar, qui est pourtant classé comme secteur sauvegardé», achèvera de dire M.Mustapha Hafsi.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : envoyée spéciale O HIND
Source : www.lexpressiondz.com