Ouargla - A la une

Le désert sur la rive d'un barrage AIN BEIDA



Tout au long de la route, des files de femmes portant sur leur tête des jerricans d'eau.Il y a quatre ans, à la même période, au mois de Ramadhan, nous sommes tombés nez à nez avec un groupe de terroristes embusqués sur la RN1 qui relie Lakhdaria à Guerrouma en passant par Maâla. Hier, nous avons fait le même itinéraire. Si sur le plan sécuritaire l'amélioration est palpable sur les visages des citoyens, la dureté de la vie au quotidien est restée la même.
Tout au long de la route, des files de femmes portant sur leur tête des jerricans d'eau. Des enfants pieds nus alliaient le jeu à l'utile en portant eux aussi des bidons et des bouteilles remplis d'une source située à quelques encablures du village.
Des constructions récentes, acquises semble-t-il dans le cadre de la construction rurale, côtoient des chaumes. Des odeurs de bêtes, laissent penser que les écuries sont proches. La chaleur est lourde et l'humidité est visible à cette brume qui cache l'horizon.
La destination de notre voyage reste la rive Ouest de cet immense barrage Koudiet Asserdoun. Après des kilomètres de routes en lacets, nous arrivons à Aïn Beïda, un village situé à l'embouchure des oueds qui jadis coulaient depuis les monts autour, le principal venant de la wilaya de Médéa.
Les quelques habitations ont été épargnées par les eaux. Entre la digue et Aïn Beïda, les eaux s'étalent sur plus de 13 kilomètres.
La vie est paisible et se concentre autour de la mosquée. Jeunes et moins jeunes recherchent la fraîcheur à l'abri des platanes qui ornent l'unique artère du village. La salle de soins est fermée vendredi. «Le médecin vient rarement. En ces périodes de grande chaleur, son absence est certaine», nous confie un jeune qui gère l'unique kiosque où l'on peut recharger son téléphone: «Nous sommes isolés du monde, il n'y a rien si ce n'est ce barrage qui profite à l'agriculture et aux pêcheurs qui viennent s'y essayer surtout que la sécurité est en partie rétablie», ajoutera notre interlocuteur. Devant la mosquée, les fidèles nous interpellent et nous invitent à observer l'eau. En effet, l'eau est grise et dégage des odeurs. «Cette eau est celle que nous consommons. Par crainte, nous consommons l'eau des sources. Quand on soulève le problème, on nous réconforte par des rapports d'analyses qui excluent toute contamination par des bactéries», nous confiera un enseignant du lycée de Lakhdaria, natif de Aïn Beïda où il passe quelques jours de vacances pendant le Ramadhan.
«Depuis la dernière visite effectuée, il y a trois ans par le wali, aujourd'hui installé à Ouargla, rien n'a changé à Aïn Beïda. Notre village est un désert sur la rive d'un aussi grand barrage», ironisera un jeune. Pour la nuit, l'oisiveté reste celle de la journée après la prière de taraouih, c'est la maison. «Il n'y a rien» nous dira notre enseignant. Le gérant d'un kiosque vient d'acquérir quelques tables pour ouvrir un petit café où les jeunes pourront s'adonner au jeu des dominos.
La paix a repris ses droits à Aïn Beïda, mais la routine et l'oisiveté rongent sa jeunesse. «Quand les Français de Razel ont réalisé le barrage de Koudiet Asserdoun, notre village vivait mieux, il y avait de l'espoir. Aujourd'hui, seul l'exode vers les villes est rêvé par la majorité des jeunes rencontrés sur place.
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