
Demain, c'est le 19 Mars, une date chargée d'histoire. Il y a 51 ans, en effet, ce jour-là les armes se sont tues à midi. C'était l'aboutissement de près de huit années qu'aura duré la guerre de libération nationale. Mais c'était aussi la fin de grandes souffrances que subissait tout le peuple algérien depuis 1830. Un siècle et demi de domination sauvage. De spoliations. De misère et d'aliénation. C'est le 19 Mars 1962 que les armes qui ont crépité le 1er Novembre 1954 ont fini par imposer la libération. Bien que ce jour-là n'était pas celui de l'indépendance, mais tout le monde savait que les Algériens allaient voter en masse en juillet 1962 pour leur indépendance. C'est pourquoi, l'OAS suivie par les plus irréductibles parmi les pieds-noirs ont déclenché le processus de «la terre brûlée» comme ils aimaient à le répéter. C'est bien ce qui s'est passé. Toutes les tueries et exactions vécues en Algérie après le 19 Mars ne pouvaient être que l'oeuvre des mauvais perdants. Les Algériens, pour leur part, n'avaient aucun profit à tirer d'un prolongement de la guerre après le 19 Mars. Ils avaient gagné leur indépendance. Ceci dit et 51 ans après, des anciens colons et des harkis continuent de déverser leur fiel sur nous. C'est là une des aberrations de l'Histoire. L'oppresseur qui en veut à l'opprimé. Mais si nous ne sommes pas revanchards, les raisons sont claires. D'abord, parce que le peuple français a voté, dans l'Hexagone, à l'unanimité pour l'indépendance de l'Algérie. Les Français d'Algérie étaient tous des étrangers naturalisés. De plus, ils étaient loin de former un groupe homogène. Il suffit de se rappeler le ralliement de la majorité d'entre eux au gouvernement de Vichy qui abrogea le décret Crémieux, le 7 octobre 1940 retirant ainsi aux juifs d'Algérie la citoyenneté française. S'il a été rétabli par la suite, la haine entre les groupes de colons est toujours vivace. On peut y ajouter le groupe des harkis devenus français après 1962. Le tout ne forme qu'un groupuscule noyé dans une population française plus saine qui compte plus de 65 millions d'âmes. De ce groupuscule, la plupart des acteurs de la guerre menée contre les Algériens ne sont plus de ce monde. C'est leur descendance qui a pris le relais pour promettre le pire aux Algériens. Même si leur degré de nuisance n'est pas négligeable, ils sous-estiment cependant les capacités algériennes. Ils se laissent bercer par des propos débiles comme ceux de Bernard Kouchner qui «attend la disparition de la génération de Novembre» pour sévir à nouveau contre l'Algérie. Ou comme ceux qui croient pouvoir lever de nouveaux harkis en Algérie en 2013. En «modifiant leur logiciel» dixit BHL.
Dans leur aveuglement, ils ne se rendent pas compte que l'Algérie de 1962, qu'ils ont laissée en ruine, est devenue un Etat moderne et puissant. Sa population est passée de 9 à 38 millions aujourd'hui. Son armée n'est plus celle de la Régence. C'est une armée issue de l'ALN et qui est devenue une puissance régionale. Avec son aviation, sa marine, ses forces spéciales, etc... Les nostalgiques devraient prêter attention à ce qu'en disent leurs responsables politiques. Ils devraient aussi méditer cette exception algérienne à la règle du «printemps arabe». Ils devraient ouvrir grands les yeux et les oreilles pour mieux appréhender le patriotisme qui anime notre jeunesse, la majorité de la population algérienne. Leur dernier message fort, ils l'ont lancé au monde à partir de Ouargla. Ils se sont rassemblés sur la place de la ville pour revendiquer leur droit au travail, au logement comme tous les jeunes d'Europe et d'ailleurs. Ils ont aussi chanté en boucle l'hymne national Kassaman pour rappeler qu'ils portent fièrement le flambeau de la génération de Novembre. Kouchner, BHL, et tous les revanchards peuvent faire leur deuil!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com