Ouargla - A la une

La mue ou la disparition



L'emportement officiel pour aller rapidement vers une diversification de l'économie nationale, dédiée à fond au soutien aux startups et à la micro-entreprise, a totalement obscurci l'avenir du paysage classique, dont le rôle et la vocation ne diffèrent pas trop de ce qu'on tente de mettre actuellement en place dans le cadre de la nouvelle stratégie politico-économique visant la mise du pays à l'abri de la dépendance aux exportations des hydrocarbures. La création d'un nouveau ministère de la Microentreprise, des Start-up et de l'Economie de la connaissance, ainsi que d'une banque dédiée aux jeunes porteurs de projets et d'autres idées encore à l'état embryonnaire, augurent-elles de la disparition de l'ancien environnement organisationnel, confortablement installé depuis 24 ans sur des fonds de crédits destinés, justement, à la création des micro-entreprises ' Il ne faut pas oublier que le pays s'appuie déjà, depuis 1996, sur des mécanismes d'aide à l'émergence d'une culture entrepreneuriale au sein des jeunes, axés ces dernières années au profit des diplômés universitaires, et qu'il y a lieu de clarifier les rôles et les attributs pour garantir une complémentarité entre l'ancien et le nouveau système qui se met en place, et éviter, surtout, tout problème de chevauchement de compétence ou de bizutage des uns et des autres.Que va-t-on faire, donc, de ces dispositifs Ansej, Cnac et autre Angem, qui semblent voués à la disparition, si on voudrait éviter une analogie entre des entités sosies ' Que va-t-on faire du « Fonds pour le développement et les institutions émergentes «, doté de 2 000 milliards, et qui ont été injectés dans le budget 2020 (LF 2020), pour financer les projets des jeunes entrepreneurs ' De toute évidence, les organismes qui ont vocation de soutenir les jeunes entrepreneurs doivent faire leur mue ou disparaitre. Une mue serait plus profitable et moins dramatique pour cet avenir sombre qui, ironie du sort, fait planer la menace de suppression de centaines d'emplois dans des organismes créés pour soutenir l'emploi ! Force est de reconnaitre que les financements des projets Ansej, Cnac et Angem n'ont pas eu l'effet escompté, mais les raisons de l'échec ne sont pas à imputer foncièrement à ces organismes. C'est l'ancien système, avec le souci d'acheter la paix sociale à coups de milliards de prêts accordés aux jeunes dans des projets improbables, qui a dilapidé les deniers publics à tort et à travers.
Pour le moment, on fonce droit dans une course à la création des startups, avec dans les esprits le recours à des incubateurs, dont 7 à créer en 2020, et qui seront répartis dans sept universités et écoles au niveau national, à l'instar des universités de Blida'1', de M'Sila, de Ouargla et de l'Ecole polytechnique de Constantine.
Le privé également s'y met dans la création et le développement de ces incubateurs, alors même que le cadre juridique devant définir et labéliser les concepts de start-up et d'incubateurs est en cours d'élaboration. Eviter de construire sur des ruines, oui, mais il faut empêcher toute précipitation qui inciterait à placer la charrue avant les b?ufs.
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