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La médiation sociale a disparu



La médiation sociale a disparu
Outre le fait que la société est dévitalisée et désorientée, la menace est lourde sur la cohésion sociale et la stabilité.Dans une conjoncture inédite où la demande sociale s'accumule et explose, les foyers de tension se multiplient sur tout le territoire national, le pouvoir, qui a longtemps favorisé l'immobilisme et la régression, se trouve tête-à-tête avec les protestataires. L'escalade de mouvements sociaux dans les wilayas du Sud, fermeture et saccage des édifices publics, blocage de routes, émeutes, sont des actions signalés au quotidien. Cela dénote de la faillite des instruments de médiation et d'intermédiation sociaux et du discrédit des élus et des assemblées locales et nationales, qui auraient pu anticiper sur ce volcan social dangereux. Outre le fait que la société est dévitalisée et désorientée, la menace est lourde sur la cohésion sociale et la stabilité. Cela fait parti des effets ravageurs d'absence de soupapes ou véritables amortisseurs de chocs. De ce fait, l'avènement des solutions à la crise multidimensionnelle actuelle n'est pas pour demain. Face à l'inexistence de médiation sociale, le pacte social se trouve ainsi rompu. Et ce n'est surtout pas les relais clientélistes, issus de la fraude et systématiquement rejetés par la base qui peuvent se substituer aux intermédiations sociales.L'exemple de Ghardaïa, Touggourt, In Salah et Tamanrasset, Ouargla... prouve que le dialogue social est totalement abandonné. L'effondrement du montant des recettes pétrolières ne pourra qu' aggraver les vulnérabilités internes et externes. L'accélération de la chute de la fiscalité pétrolière ôte aux pouvoirs publics toute possibilité de poursuivre la politique de dépenses sans compter pour l'achat de la paix sociale et de la corruption de voix discordantes.Devant des manifestations, des émeutes et les foyers de tensions qui prennent de l'ampleur, aucune initiatives ni mesures crédibles ne sont venues apaiser la colère des citoyens qui manquent cruellement de confiance envers les gouvernants en général et les politiques en particulier. Dans cette impasse où tous les ressorts de la société sont rompus, l'intermédiation sociale fait défaut. Si l'opposition est affaiblie et réduite à sa portion congrue, les associations de la société civile entravées, en revanche les soutiens du pouvoir obsolètes accusent un déficit de crédibilité énorme. Sans guide ni visibilité et avec un horizon totalement bouché, les protestations tous azimuts s'ajoutent à celle corporatistes. En ces moments où s'amoncellent les dangers politiques, économiques et sociaux, on assiste au retour de vieux démons. L'incohérence, les contradictions, approximations, les improvisations et les errements des décisions prises parfois en haut lieu font monter la tension d'un cran. La défaillance est telle que des évènements dramatiques, des crises dans de nombreuses régions du pays dégénèrent et s'embourbent dans un pourrissement dangereux. Les assemblées locales et nationale paralysées sont dépourvues de légitimité. Par ailleurs, les autorités utilisent la loi restrictive de 2012 sur les associations pour étouffer la liberté d'association et bloquer la légalisation d'une organisation indépendante ou autonome. La liberté syndicale est également entravée. Par conséquent, les partis politiques, notamment ceux d'opposition privés de ces appuis, sont réduits à des entités éparses sans ancrage social ni capacité de mobilisation.


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