Hakim Saheb, avocat et enseignant à la faculté de droit et des sciences politiques de Tizi Ouzou, a souligné, lors de cette rencontre, «qu'il est difficile d'aborder avec objectivité la question de l'identité en Algérie 50 ans après l'indépendanace.»
Des universitaires se sont attelés dernièrement à débattre autour du thème de «La dimension amazighe dans l'identité nationale, facteur de cohésion sociale», lors d'un colloque organisé par le Haut commissariat à l'amazighité (HCA), à l'université de Ouargla. Hakim Saheb, avocat et enseignant à la faculté des sciences juridiques de Boukhalfa, a parlé de l'identité amazighe à la lumière des textes juridiques algériens. En effet, il a souligné «qu'il est difficile d'aborder avec objectivité la question de l'identité en Algérie, 50 ans après l'indépendance». M. Saheb a également rappelé la genèse de la revendication identitaire jusqu'à la consécration du tamazigh comme langue nationale, en 2002. De son côté, Karim Salhi, enseignant au département de langue et culture amazighes à l'université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, a donné une conférence intitulée «De l'usage de l'identité comme représentation de soi : retour sur une notion surdimensionnée».
Dans son exposé, M. Salhi a expliqué que «la langue amazighe est plus ancienne que l'anglais, le français, l'espagnol, l'italien... Mais cette pérennité n'a pas été la conséquence d'une reconnaissance quelconque par telle ou telle autre institution», a-t-il expliqué, avant de souligner que l'oralité a permis la sauvegarde de la langue amazighe. Par ailleurs, Amina Boudjlal, maître de conférences à l'université Kasdi Merbah de Ouargla, a évoqué le rôle de la littérature chaouie dans la constitution d'une identité nationale algérienne. Selon elle, la culture amazighe n'est pas unique, elle est plurielle. «Ses littératures sont complémentaires (on retrouve par exemple les mêmes contes avec des versions différentes), ses langues sont distinctes mais riches de mots communs, ses coutumes sont diverses mais ont beaucoup de ressemblance.
De l'unité de ses éléments émergent la culture et l'identité nationales algériennes», a-t-elle souligné, avant de proposer d'approcher une des composantes de cette amazighité à travers la littérature chaouie, mal connue du grand public et très peu abordée par les chercheurs. «Nous essayerons de voir comment ses contes participent à la cohésion sociale aujourd'hui, comme ils l'ont déjà fait dans le passé, notamment pendant la période coloniale où l'on cherchait à détruire l'identité algérienne musulmane», a-t-elle précisé. Hacène
Halouane, universitaire, quant à lui, a abordé le volet socio-linguistique de la langue amazighe, comme il a aussi parlé de son développement et son enrichissement.
Enfin, notons que lors de son allocution inaugurale du rendez-vous de Ouargla, Si El Hachemi Assad, directeur de la promotion culturelle au HCA, a souligné l'importance du colloque, comme il a également parlé de la nécessité de travailler pour permettre à la langue et surtout à l'enseignement du tamazigh de connaître une progression à travers tout le territoire national. C'est d'ailleurs l'objectif essentiel de ce genre de rencontres, a-t-il indiqué.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafid Azzouzi
Source : www.elwatan.com