De notre envoyé spécial à Ghardaïa et Ouargla, Mohamed KebciAli Benflis avertit : des parties, qu'il ne nommera pas, veulent mettre à profit l'élection présidentielle du 12 décembre, pour permettre aux restes de la bande de se relancer et revenir aux commandes du pays.
Le candidat qui s'exprimait, hier mardi, à la mi-journée, dans un meeting à la salle de cinéma Mizab de la ville de Ghardaïa, a, en effet, affirmé que des parties, qu'il prendra le minutieux soin de ne pas nommer, essaient par tous les moyens, à l'occasion du prochain scrutin présidentiel, de faire revenir, par la fenêtre, l'ancien système. Comme pour confirmer ce que plus d'un soutient, que la bande est loin d'être anéantie tant, selon lui, ses racines sont encore là. D'où son appel à faire de ce scrutin l'occasion de faire table rase du système et engager le pays sur la voie de la citoyenneté qui constitue, a-t-il ajouté, la quintessence de son programme électoral. Un programme qui recouvrera la légitimité aux institutions du pays via des élections propres et transparentes qui nécessiteront, notamment, l'amendement de la loi portant régime électoral, celle sur les partis, garantira une justice indépendante, les libertés individuelles et collectives. Pour ce faire, il promettra d'engager, aussitôt élu, un large dialogue auquel seront associés même ceux qui s'opposent au prochain scrutin présidentiel.
«Je viens en rassembleur des Algériens. Je n'ai aucune motivation que celle de sortir le pays de la crise et j'ai des solutions», dira-t-il. «Je ne viens pas pour acquérir des terrains à El-Bayadh ou faire des affaires», ajoutera-t-il. Et de s'appesantir sur son parcours. «Je n'ai été au sein du pouvoir que six ans durant, alors que, depuis 2003, je ne cesse de m'opposer à la bande.» Et de préciser avoir quitté le poste de ministre de la Justice en 1991 après son refus de cautionner la mise en place des camps d'internement au sud du pays. Et pas que cela, puisque Benflis affirmera avoir rejoint le navire Bouteflika en 1999 sur la base de nombreux engagements, dont la réforme de l'Etat et celle de la justice avant de le quitter aux toutes premières secousses. Et de faire l'éloge, encore une fois, du mouvement populaire qui a dégagé la bande et fait échec au cinquième mandat. Une bande dont il a vilipendé la gouvernance, estimant que c'était la défaillance de l'Etat qui n'a pas assumé ses responsabilités dans les évènements tragiques qu'a connus, il y a quelques années la wilaya de Ghardaïa. Pour lui, ces tragédies n'auraient jamais pu advenir s'il y avait la citoyenneté qu'il promettra d'ériger en véritable culture tant elle constitue le socle pour l'exercice de la démocratie à laquelle le peuple algérien aspire.
Evoquant, par ailleurs, d'autres volets de son agenda électoral, le président du parti des Avant-gardes des libertés a salué la récente décision du gouvernement de régulariser la situation des jeunes exerçant dans le cadre du pré-emploi. Ceci non sans inviter les concernés à s'organiser en collectif en vue de pouvoir se concerter avec les pouvoirs publics afin de trouver des solutions à leurs préoccupations. Cependant, il dira réserver un chantier à part à la double problématique de l'emploi et du chômage qui, selon lui, ne pourra être réglée définitivement et efficacement qu'en améliorant le climat des affaires, à travers la lutte contre la bureaucratie, les passe-droits, la corruption mais aussi la numérisation du secteur économique, qui fermera la porte à toutes les pratiques illégales et immorales qui ont fait et font fuir les investisseurs aussi bien locaux qu'étrangers.
«Je suis un homme de dialogue»
Lors de son second meeting animé en fin de journée à Ouargla, le candidat Benflis a tenu, de prime abord, à convoquer l'Histoire pour rappeler la fameuse manifestation populaire du 27 février, tenue par les populations du sud du pays, dont notamment celle de Ouargla pour réaffirmer l'unité de l'Algérie et faire ainsi échec à la tentative de l'administration coloniale de séparer le nord du pays auquel elle était disposée à concéder l'indépendance du Sud, dans l'objectif inavoué de disposer, à sa guise, de ses richesses souterraines. Et au président du parti des Avant-gardes des libertés, qui intervenait devant une très forte assistance au niveau de la maison de la culture Moufdi-Zakaria, dont, et c'est un fait qu'il faudra relever, beaucoup de jeunes, de faire le lien avec l'actualité nationale pour relever que c'est au cours du même mois de février, celui de l'année en cours, que les Algériens, majoritairement des jeunes, ont brisé la chape de plomb imposée des années durant par la bande. Benflis reviendra, devant une assistance enthousiaste, sur les mobiles de sa candidature. « Je pouvais bien rester chez moi avec ma famille et me la couler douce, mais je ne pouvais rester insensible à ce qu'endure le pays qui brûle de partout .»
Et de décliner certains axes de son programme électoral dénué de toute trace de populisme ou de légèreté. Il dira articuler sa démarche sur la sincérité et la vérité pour rétablir la confiance, dans le cadre de ce qu'il appellera « un pacte de confiance ». Dans ce sens, il préconisera la concertation permanente avec les partenaires sociaux des divers secteurs de l'activité nationale pour trouver ensemble des solutions pérennes aux problèmes des uns et des autres. « Je suis un homme de dialogue et je viens annihiler les cassures et les ruptures », dira-t-il, exprimant sa profonde révolte face au traitement musclé des doléances de diverses franges de la société, citant en exemple les médecins résidents et les retraités de l'armée. À noter que le candidat Benflis devra animer, aujourd'hui mercredi, un meeting dans la wilaya de Bouira.
M. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kebci
Source : www.lesoirdalgerie.com