Ouargla - A la une

Khelli l'bir beghtah Ils ont hissé le drapeau et chanté l'hymne national



Finalement les chômeurs de Ouargla et du pays gagnent du terrain. Les chômeurs se sont rassemblés dans le calme, ont hissé le drapeau, ont chanté l'hymne national, ont crié à pleins poumons, ont fait leurs revendications. Personne n'a volé de bijoux. Personne n'a cassé une vitre, volé un sucre ou demandé que l'on divise le pays. Le ciel n'est pas tombé et le pays n'est pas en guerre. Cela prouve au moins quelques évidences.
Un : la conscience politique, l'unité nationale, le nationalisme, ce n'est pas de la propagande. Ce sont de jeunes chômeurs du sud et du reste du pays. On salue la naissance de ce que les «diviseurs» empêchent par la force du verbe : la naissance de jeunes leaders algériens, crédibles, sains, conscients, responsables et concrets. L'avenir c'est Tahar Belabès ou ceux qui pensent comme lui.
Deux : on peut marcher et se rassembler sans diviser le pays comme on nous le dit, sans le casser, ni le détruire. A Ouargla, les chômeurs ont su s'organiser. C'est notre pays et on peut y marcher et y manifester sans le vendre ni le trahir.
Trois : on peut éviter de faire l'erreur habituelle sans que le ciel nous tombe sur la tête : la police, les gendarmes et les autres se sont montrés discrets, n'ont pas frappé, n'ont pas harcelé ni arrêté. Preuve que le pays peut vivre normalement et qu'il est inutile de frapper les gens pour «le bien de l'Algérie».
Quatre : demander du travail n'est pas demander la destruction, ni la vouloir ni la permettre. C'est simplement vivre et vouloir la justice, l'écoute et l'expression libre. Cinq : le Sud souffre d'une vraie vision en matière de lutte contre le chômage : il a été ignoré, oublié, mais aussi arrêté, frappé, torturé, enlevé, méprisé et manipulé.
Et quand le Sud bouge, les apparatchiks du Nord font dans la désinformation : «C'est un complot, ils veulent nous jeter à la mer, ce sont des infiltrés, des drogués, des terroristes, des violeurs d'enfants». Dixit Louisa Hanoune. Sensation d'être soi-même démodé : peut-être, sûrement, les chômeurs du Sud ont tout compris. Pour faire changer la politique, il ne faut pas faire de la politique. Tahar Belabès et ses amis ont donc compris : il faut partir de la base, de la rue, de l'épaule la plus proche de la sienne. Il ne faut pas compliquer la revendication, mais l'exprimer le plus simplement possible. Il faut résister à l'appel à la menace, la division, la manipulation et au harcèlement simplement en continuant de marcher droit devant soi. Il ne faut pas faire la guerre, ni la paix mais seulement ce qui s'impose. Il faut réunir les gens autour du plus simple des slogans, le plus proche de l'Algérie algérienne, le plus traduisible dans plusieurs langues du pays : la dignité. Il faut avoir de bonnes idées d'organisation. Il faut s'exprimer naturellement avec modestie et sincérité. Il ne faut pas haïr. Dans les entretiens de Tahar Belabès on ne découvre pas cet ingrédient automatique des opposants en Algérie : la haine du régime. Il ne semble pas haïr le pouvoir, le régime, l'Etat, mais semble simplement insister sur ses droits et sur le concret. Désarmant. Du verbe «désarmer» l'adversaire. Enfin, de quoi je me mêle ' Khelli l'bir beghtah.
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