L'évocation de problèmes de transport, de surcharge ou de restauration dans une ville saharienne où l'université existe depuis moins d'un quart de siècle semblait insensée.
Or, la réalité reflète une reproduction à l'identique du même système qu'ailleurs. Pour la troisième année consécutive, le retard inexpliqué dans la réception du nouveau pôle universitaire de Ouargla reste intact, d'où la grogne. Le malaise des étudiants bouillonne et tend à évoluer en mouvement de protestation qui paralysera l'université, à en croire les responsables de l'Union générale des étudiants libres (UGEL). Après moult rapports adressés à la direction de l'université et aux autorités locales, une série de communiqués vient d'être affichée pour «sensibiliser les différents acteurs de la vie universitaire aux problèmes socio-pédagogiques qui freinent le cours normal de l'année universitaire».
Pas de doute, l'UGEL prépare un vaste mouvement de protestation qui, selon Abdelmoudjib Gharib, chargé des affaires pédagogiques de cette organisation estudiantine, «immobilisera l'université dans le sens le plus large du terme dans les jours qui viennent». Les doléances sont d'ordre organisationnel et touchent les services vitaux qui n'ont pas évolué dans le sens du nombre croissant d'étudiants, dont le nombre dépasse les 25 000. Les prévisions administratives sont en effet faussées par la non-réception de la totalité du nouveau pôle universitaire de 5000 places pédagogique et 6000 lits, attendu depuis trois ans et pompeusement inauguré à vide par le chef de l'Etat en novembre 2010, à l'occasion de l'ouverture officielle de l'année universitaire.
Cette situation induit de grandes difficultés vu l'inadéquation du nombre et des horaires des navettes avec les besoins des étudiants, répartis à travers des résidences éloignées des instituts ; en outre, le système de la vacation continue est dénoncé, avec seulement 20 minutes de pause à midi et la fermeture inopinée du restaurant central de l'université à la faveur des restaurants implantés dans les résidences où les étudiants ne peuvent se rendre pour déjeuner vu la contrainte de temps. Les étudiantes souffrent le plus vu que le transport universitaire, censé fonctionner jusqu'à 18h, s'arrête allègrement à 16h30.
Beaucoup d'entre elles déplorent le fait d'être acculées à prendre les transports en commun à la nuit tombée et d'accompagner leurs enseignantes pour prendre des taxis, rares à cette heure tardive. Les étudiantes ont dû sortir dans la rue pour réclamer la fermeture d'un café installé en face de leur résidence et où un mouvement malsain commençait à s'installer. Outre le volet social qui oppresse les étudiants qui rêvent d'une ville universitaire où tout est mis à leur disposition, la surcharge des classes est plus que choquante, affirment les étudiants.
L'organisation des stages pédagogiques pour les branches techniques telles que la géologie pétrolière, les hydrocarbures, la biologie et la mécanique est biaisée par l'absence d'une systématisation de l'offre de stages. L'université dispose de spécialités à inscription nationale qui font sa fierté, mais manque cruellement de moyens pédagogiques et d'enseignants de rang magistral, notamment en hydrocarbures où l'on s'étonne de l'absence de docteurs dans le fief du pétrole algérien. Les étudiants ont du mal à se faire admettre pour un stage et ne sont pas pris en charge par les entreprises, qui finissent par les accepter sans hébergement, sachant que le versement des bourses de stages subit des reports à l'infini.
Les travaux dirigés en laboratoire subissent la pénurie de produits chimiques de base ; l'alcool et l'eau distillée doivent être acquis par les étudiants en biologie de 4e année eux-mêmes, selon des témoignages. Pas de rentrée effective pour les étudiants en hydrocarbures, dont seulement 20% ont été admis au mastère alors que la totalité l'avait été l'année d'avant. L'année universitaire a donc débuté par une grande manifestation des diplômés en hydrocarbures de l'université de Ouargla, exclus de l'embauche via l'Agence nationale de l'emploi. La protestation se prépare.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H H
Source : www.elwatan.com