Ouargla - A la une

Hogra et harga, deux mots de la même maison



Hogra et harga, deux mots de la même maison
Ce 8 mars, elle a dû se lever tôt, son visage épuisé trahissant un état de profonde fatigue. Mais née avant tout le monde, elle est arrivée après le marché, prenant discrètement dans les poubelles des restes de légumes et d'histoire. Puis est partie aussi discrètement, pas loin, derrière son voile qui n'a comme fonction religieuse que celle d'envelopper la misère, parce que la misère ne doit pas se voir. Est-ce du sentiment 'Car être touché par la pauvreté devient du populisme et admirer les forts du réalisme, les idéologues sont à l'?uvre et continueront à convaincre que les faibles sont dangereux parce qu'ils ne travaillent pas autant que des esclaves. Les forts sont meilleurs, les pauvres, les sans rien, les drogués aux cachets et les fous des hérétiques, les riches et les malins sont la stabilité.Ils feront croire que les Palestiniens sont des terroristes, les Kabyles et les chômeurs de Ouargla des traîtres, les Saoudiens des mystiques, les femmes des êtres inutiles, les Français des lumières et les Américains des humanistes. Hogra et harga sont deux mots bien algériens, l'un peut pousser à l'autre, tous deux coincés dans la même chkara percée qui fait, entre autres, partir 10 000 étudiants par an élevés en batterie ici. La fin du pouvoir suprême des militaires aurait dû signifier la fin de la hogra, l'avènement d'un réel Etat civil et la fin de la harga.Ce n'est pas le cas, d'autres groupes ont repris le flambeau, organisés sur la domination. Ils vont faire croire que Khelil et Ghoul sont innocents, Saadani et Tliba des patriotes. Quand on aura avalé que Ouyahia et Benyounès pensent à autre chose qu'à devenir Président ou redevenir ministre, ce sera presque fini. «Dunit ulach ikhfis», dit l'expression kabyle, la vie n'a pas de bout par où la prendre. On devra comprendre, comme le général qui n'aime pas sa prison, à quoi sert un bâton. Utile quand on est sur le bon bout.


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