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Hassi Messaoud



Hassi Messaoud
Les 170 travailleurs de l'EMS El Feth se demandent pourquoi Abdelmadjid Sidi Saïd fait la sourde oreille et se détourne de leur sort et pourquoi Sonatrach, qui a récupéré les 900 travailleurs de Brown and Root Condor (BRC) par le biais de l'entreprise de sous-traitance, BAAT, refuse aujourd'hui de les intégrer, alors qu'ils sont le fruit d'une politique de Sonatrach ayant été à l'origine de la création de la SPA EMS El Feth dont les statuts mêmes sous le n° 991238 du 22 juin 1999 attestent explicitement de son appartenance à l'UGTA syndicat national de Sonatrach.Après plus d'un mois de protestations, assurant le service minimum, les travailleurs de l'EMS El Feth, entreprise de prestation de service affiliée à l'UGTA et basée à Hassi Messaoud, viennent d'entamer une grève illimitée pour interpeller le wali de Ouargla, le patron de la centrale syndicale et le PDG de Sonatrach sur leur situation socioprofessionnelle. Le secrétaire général de la section syndicale de l'EMS El Feth estime : «Il est grand temps que Sonatrach prenne ses responsabilités, notre sort est lié à cette entreprise, c'est elle qui a décidé d'un commun accord avec notre syndicat de créer l'EMS El Feth dont elle a usé en long et en large pendant vingt ans avant de la rejeter.»Pour cet ancien syndicaliste, «il y va de l'avenir des 170 travailleurs qui restent, pour la simple raison qu'ils n'ont pas où aller, ce sont les plus démunis et ils gardent l'espoir d'être réintégrés à la maison mère.»Vous l'aurez compris, la réintégration à Sonatrach, l'entreprise mère de l'EMS El Feth, est la principale revendication de ces travailleurs, en débrayage progressif depuis plusieurs mois. La rencontre organisée avec le staff administratif la semaine dernière n'a pas abouti à grand-chose. «Nous avons compris que la direction générale de Sonatrach a encore rejeté notre demande de réintégration», souligne Goubbi, un autre syndicaliste, qui se rappelle des belles années où le plan de charge de l'EMS faisait d'elle une entreprise très convoitée pour ses postes et ses salaires aguichants.Mohamed, agent de sécurité au centre de formation initial, évoque la période allant de 1994 à 2000 où la cité Aïssat Iddir abritait un centre de formation pour les enfants de Sonatrach gracieusement loué et dédié à l'informatique, la comptabilité et la couture et dont la gestion était assurée par l'EMS El Feth.En 2006, une nouvelle structure a été construite pour améliorer les prestations de formation, 200 m2 sur plusieurs étages, un vrai institut, à l'instar de ceux d'Alger, Arzew, Skikda et Biskra que l'entreprise sous-louait alors à Naftogaz et Sonelgaz qui y organisaient leurs sessions de recyclage et les séminaires. Toute une activité créée au profit de l'EMS El Feth qui tournait à plein temps jusqu'en 2009.D'ailleurs, l'entreprise bénéficiait de marchés de gré à gré durant toute la période faste, allant de 1997 à 2004, où l'EMS assurait la sélection de la main-d'?uvre ainsi que des prestations de nettoyage, voire de construction au profit de Sonatrach, avec une priorité à l'accès aux marchés de celle-ci en application du fameux article 12 de l'accord relatif à l'exercice du droit syndical contracté entre la direction de l'entreprise Sonatrach et le syndicat national de l'entreprise signé le 22 novembre 1994. Cet accord-cadre favorisait le développement d'activités tendant vers la promotion sociale des travailleurs de l'entreprise et leurs ayants droit, notamment par la création de centres de formation professionnelle dans les lieux à forte implantation de la population Sonatrach.L'accord prévoit également la création et la gestion par le syndicat national de coopératives d'emploi de jeunes ayant pour but de créer des emplois pour les enfants des travailleurs, des retraités ainsi que les handicapés. 20 ans après, et après plusieurs exercices comptables cumulant des déficits dus à la perte de la priorité au gré à gré suite à la mise en place du code des marchés publics et l'illustre Bulletin des appels d'offres du secteur de l'énergie et des mines Algérie (Baosem).Le déficit de l'entreprise a été assaini en 2009 grâce au compte des ?uvres sociales en attendant de voir plus clair, mais il était de retour dès 2011 et l'entreprise est passée de 2240 à 170 travailleurs.


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