Si, à Dieu ne plaise, l'unité nationale venait à être menacée, ce ne pourrait venir que d'un débordement sur l'Algérie de ce faux «printemps arabe» qui, s'il devait perdurer, ramènerait l'«Oumma de Mohamed» à l'âge de la glaciation quaternaire. A cette époque, la Terre connut des variations et des modifications de son orbite et même de son axe de rotation. Un peu ce qui arrive en ce moment à certains pays arabes tombés dans l'orbite et le giron qui leur ont été tracés par l'Occident soucieux de ses intérêts et de ceux d'Israël.
Les Algériens, dans leur écrasante majorité, n'ont pas été réceptifs au chant des sirènes «printanières», trop marqués encore par l'expérience tragique de l'islamisme triomphant. Mais ce n'est que partie remise, nous promettent des prophètes du malheur incapables de comprendre que les Algériens n'en ont réchappé qu'au prix fort. Mais ils reviennent et ils reviendront à la charge.
A Ouargla, d'ailleurs, les masques sont tombés. Les activistes du mouvement des chômeurs, se dévoilant peu à peu, entendent bien profiter du contexte arabe pour autonomiser un territoire et y installer leur califat.
L'équation est très simple. Si c'est un mouvement de chômeurs, et rien que cela, ses revendications s'arrêteront à une demande de plus d'emplois pour la région. Si par malheur, il mettait en avant 'et il a commencé à le faire- des idées inspirées des contre-révolutions arabes, alors l'Etat et le pouvoir devraient savoir à qui ils ont affaire. Le pétrole, l'immensité désertique, le Mali et la Libye à un obus de canon' les scénaristes en herbe ont là de la belle matière pour un fascinant film d'aventure et d'horreur.
Dans le nord, et pour ne pas trop nous éloigner des hydrocarbures, le feuilleton Sonatrach continue de faire la une de l'actualité avec son flot de révélations et des chiffres -ceux de la corruption- à donner le tournis. Des partis politiques se prononcent et c'est la moindre des choses. Qu'ils interpellent le pouvoir sur sa responsabilité ou dénoncent le manque d'efficience ou la stérilisation des organes de contrôle, ils ont raison de donner de la voix. Mais quand ces voix sont celles de parlementaires ou de partis représentés dans l'auguste institution, il est à se demander pourquoi ce n'est pas à l'Assemblée et au Sénat qu'elles s'élèveraient d'abord. Les commissions d'enquête parlementaires, c'est fait pour qui et pour quoi ' Mais quand le président de l'Assemblée nationale lui-même, ne pouvant garder le silence, ne trouve, pour se joindre à l'indignation générale, qu'une mise en garde à ne pas mettre dans le même sac - celui des corrompus- les cadres et responsables honnêtes de Sonatrach, voilà qui laisse perplexe. Une commission d'enquête, Monsieur le président de l'APN !
Dans ce grand fracas autour de la plus belle pièce des bijoux de famille de l'Algérie, il y a un silence qui émerge, d'autant plus audible et bruyant qu'il nous vient de l'organisation la plus habilitée, en tout cas la mieux indiquée pour défendre l'honneur et l'intégrité des cadres et travailleurs honnêtes de Sonatrach. A notre connaissance, pas un mot sur le scandale, malgré son énormité, en provenance des responsables du syndicat de la compagnie pétrolière. Ne sont-ils pas indignés que leur boîte ait été transformée en vache à lait intarissable par une mafia nationale et internationale qui semble y avoir pris ses habitudes ' Se peut-il qu'ils aient ignoré à ce point les pratiques de concussion et de concupiscence qui se sont enracinées dans l'entreprise '
Mais rassurons-nous, la justice, nous dit-on, a pris à bras le corps le problème, des magistrats ont même été dépêchés en Italie et en Suisse pour obtenir à bonne source des compléments d'information. On verra. On verra aussi sur quoi va déboucher le procès en appel de l'affaire Khalifa, le 2 avril prochain à Blida. On attendra, pour être fixés, sur toutes les bonnes intentions exprimées, les jugements définitifs qui seront prononcés sur l'affaire de l'autoroute Est-Ouest. Pour ne citer que celles-là, c'est-à-dire les plus grosses.
Si, pour une fois, la Justice pouvait donner un sens à la défense de l'économie nationale et de l'intérêt de la collectivité, il faut lui accorder crédit. La condition étant que la République ne devienne pas celle des juges ni que les magistrats se substituent aux commissaires aux comptes ni aux organes de contrôle de l'Etat : Cour des comptes, Inspection générale des finances, sans compter les bureaux d'audit indépendants auxquels il doit être fait appel. Bien avant le scandale Khellil-Bedjaoui, il n'était pas besoin de tendre une oreille attentive pour entendre dire : «Sonatrach est un Etat dans l'Etat», «Personne ne contrôle et ne peut contrôler Sonatrach», «Des cargaisons fantômes de brut algérien sont vendues sur le marché libre de Rotterdam»'
A. S.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Samil
Source : www.latribune-online.com