
Des membres du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) ont été arrêtés, hier, par la police, alors qu'ils s'apprêtaient à observer un rassemblement devant la présidence de la République à El-Mouradia (Alger). Il s'agit de 25 jeunes venus de plusieurs wilayas : Ouargla, Tizi-Ouzou, Boumerdès et Béjaïa entre autres, selon Samir Larabi, l'un des porte-parole dudit comité. En effet, un énorme dispositif policier a été déployé, hier dans la matinée, aux environs du palais présidentiel. Les membres du CNCDDC, transportés par bus, ont été appréhendés illico presto par les forces de l'ordre, embarqués aussitôt descendus du véhicule. Si les animateurs de ce Comité ont été relâchés, les autres membres ont été arrêtés et acheminés vers le commissariat d'El-Mouradia, selon notre interlocuteur. Ce dernier nous fera savoir que 7 autres animateurs ont été arrêtés puis relâchés dans la matinée en sortant de la Maison des syndicats de Dar El-Beïda. Les chômeurs qui se sont organisés en comité ne sont pas à leur première action de protestation, puisqu'ils avaient déjà organisé des rassemblements dans la capitale, notamment devant le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale et dans d'autres wilayas de l'intérieur du pays, à Ouargla plus précisément, où le mouvement de protestation a connu certaines proportions. «Ce genre de pratiques nous renseigne encore une fois sur la nature répressive et antisociale du régime algérien qui refuse de reconnaître et de dialoguer avec les organisations sociales», lit-on dans un communiqué de la CNDDC, tout en exigeant «la libération immédiate et inconditionnelle pour ceux qui n'ont rien à se reprocher que le fait de lutter contre la fatalité du chômage, pour un travail décent et une vie digne». Tout en dénonçant, par ailleurs, «l'arrestation abusive et non justifiée de nos animateurs suite au rassemblement de la dignité auquel nous avons appelé», le CNDDC réitère ses revendications principales, à savoir un travail décent pour tous, une allocation chômage à hauteur de 50% du SNMG pour tout demandeur d'emploi, une assurance sociale pour tous les chômeurs et l'accès gratuit aux loisirs et au transport. Les chômeurs réclament aussi de les associer dans l'élaboration des politiques de l'emploi et le contrôle de la distribution des offres d'emploi et de supprimer le service militaire pour les jeunes de 25 ans et plus et la baisse de la durée du service militaire à 6 mois.
Vous savez, rien que pour le cinq uracile, qui est une chimiothérapie incontournable dans plusieurs pathologies ; il ne coûte pas cher puisque le flacon fait 250 à 300 DA. Mais il n'est pas disponible au niveau des Pharmacies centrales des hôpitaux (PCH), et, là, c'est vraiment très grave. Que dire, alors, des drogues qui coûtent 6.000 DA ' Donc, le problème de la chimiothérapie est honnêtement très récent. Et, là, je vous parle du CPMC qui est un centre de référence. Il faut dire qu'on travaillait mieux dans les années 1990.
Qu'en est-il des soins
palliatifs '
C'est de la science-fiction chez nous ; il ne faut même pas en parler. Ces centres n'existent pas ; nous avons juste à notre niveau un centre de consultation antidouleur, et on traite quelque peu les malades au cas par cas. Rien n'est planifié, rien n'est organisé.
Nous avons rencontré dans cet hôpital une longue
file d'attente pour avoir
un rendez-vous de radiothérapie, et la plupart des malades ne l'obtiennent que 6 à 7 mois après la chimio. Y a-t-il un risque de récidive pour la maladie '
Pour bien respecter les normes, il faut faire une radiothérapie deux mois après la chimio, pour espérer un taux élevé de guérison. Au CPMC, lorsque la malade termine sa chimio, malheureusement, le rendez-vous pour la radiothérapie est obtenu 5 à 6 mois après les soins de la chimio et cette radio thérapie faite après deux mois de chimio n'est pas assez efficace, d'où le risque de récidive important. A ce niveau-là, je vous parle uniquement des 3.000 à 4.000 cas qui ont la chance de se faire traiter et pour les 7.000' aucun traitement : ni chimio ni radiothérapie.
Qu'en est-il des soins
préventifs '
Vous soulevez vraiment un problème très important dont on ne parle jamais. Les soins préventifs concernent le dépistage, qui consiste à diagnostiquer une lésion soit précancéreuse, ou dépister un cancer à un stade précoce. C'est cela l'objectif du dépistage. On fait un dépistage, on découvre dans une mammographie une lésion «anormale», mais le problème qui se pose en Algérie, malheureusement, est qu'il n y a aucune structure qui permet la prise en charge de ces malades qui ont, pourtant, une chance à 100% de s'en sortir. Et cela, on ne le dit jamais dans les médias, et on fait de la publicité pour les dépistages pour rien. Le dépistage veut dire traiter ; or, si l'on ne peut pas traiter, à quoi cela sert-il de dépister ' Tout est mensonge : le dépistage n'est pas inclus dans une stratégie en Algérie. En Europe, si l'on dépiste, c'est pour traiter tout de suite. Comment voulez-vous traiter un cancer précoce alors qu'on n'arrive pas à traiter un cancer déclaré '
Que disent, alors, les
dernières recommandations ministérielles '
Ils ont prévu 57 nouveaux appareils de radiothérapie (accélérateurs linéaires). Un appareil coûte 20 à 25 millions de centimes. Ils seront placés dans les grandes villes. Ils ont donné aussi des instructions pour régler le problème de la chimiothérapie sans expliquer quand et comment. Donc, on reste sceptique devant ces recommandations, car, sur le terrain, les malades vivent toujours le même calvaire.
En tant que spécialiste, qu'éprouvez-vous devant cette souffrance des malades qui, hélas, vous ne pouvez alléger '
Vous ne pouvez jamais imaginer la souffrance que peut vivre un médecin censé soigner un malade et, faute de moyens matériels et de structures, il reste impuissant. Parfois, nous avons envie d'enlever nos blouses et de rentrer à la maison.
O. A. A.
Des membres du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) ont été arrêtés, hier, par la police, alors qu'ils s'apprêtaient à observer un rassemblement devant la présidence de la République à El-Mouradia (Alger). Il s'agit de 25 jeunes venus de plusieurs wilayas : Ouargla, Tizi-Ouzou, Boumerdès et Béjaïa entre autres, selon Samir Larabi, l'un des porte-parole dudit comité. En effet, un énorme dispositif policier a été déployé, hier dans la matinée, aux environs du palais présidentiel. Les membres du CNCDDC, transportés par bus, ont été appréhendés illico presto par les forces de l'ordre, embarqués aussitôt descendus du véhicule. Si les animateurs de ce Comité ont été relâchés, les autres membres ont été arrêtés et acheminés vers le commissariat d'El-Mouradia, selon notre interlocuteur. Ce dernier nous fera savoir que 7 autres animateurs ont été arrêtés puis relâchés dans la matinée en sortant de la Maison des syndicats de Dar El-Beïda. Les chômeurs qui se sont organisés en comité ne sont pas à leur première action de protestation, puisqu'ils avaient déjà organisé des rassemblements dans la capitale, notamment devant le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale et dans d'autres wilayas de l'intérieur du pays, à Ouargla plus précisément, où le mouvement de protestation a connu certaines proportions. «Ce genre de pratiques nous renseigne encore une fois sur la nature répressive et antisociale du régime algérien qui refuse de reconnaître et de dialoguer avec les organisations sociales», lit-on dans un communiqué de la CNDDC, tout en exigeant «la libération immédiate et inconditionnelle pour ceux qui n'ont rien à se reprocher que le fait de lutter contre la fatalité du chômage, pour un travail décent et une vie digne». Tout en dénonçant, par ailleurs, «l'arrestation abusive et non justifiée de nos animateurs suite au rassemblement de la dignité auquel nous avons appelé», le CNDDC réitère ses revendications principales, à savoir un travail décent pour tous, une allocation chômage à hauteur de 50% du SNMG pour tout demandeur d'emploi, une assurance sociale pour tous les chômeurs et l'accès gratuit aux loisirs et au transport. Les chômeurs réclament aussi de les associer dans l'élaboration des politiques de l'emploi et le contrôle de la distribution des offres d'emploi et de supprimer le service militaire pour les jeunes de 25 ans et plus et la baisse de la durée du service militaire à 6 mois.
Vous savez, rien que pour le cinq uracile, qui est une chimiothérapie incontournable dans plusieurs pathologies ; il ne coûte pas cher puisque le flacon fait 250 à 300 DA. Mais il n'est pas disponible au niveau des Pharmacies centrales des hôpitaux (PCH), et, là, c'est vraiment très grave. Que dire, alors, des drogues qui coûtent 6.000 DA ' Donc, le problème de la chimiothérapie est honnêtement très récent. Et, là, je vous parle du CPMC qui est un centre de référence. Il faut dire qu'on travaillait mieux dans les années 1990.
Qu'en est-il des soins
palliatifs '
C'est de la science-fiction chez nous ; il ne faut même pas en parler. Ces centres n'existent pas ; nous avons juste à notre niveau un centre de consultation antidouleur, et on traite quelque peu les malades au cas par cas. Rien n'est planifié, rien n'est organisé.
Nous avons rencontré dans cet hôpital une longue
file d'attente pour avoir
un rendez-vous de radiothérapie, et la plupart des malades ne l'obtiennent que 6 à 7 mois après la chimio. Y a-t-il un risque de récidive pour la maladie '
Pour bien respecter les normes, il faut faire une radiothérapie deux mois après la chimio, pour espérer un taux élevé de guérison. Au CPMC, lorsque la malade termine sa chimio, malheureusement, le rendez-vous pour la radiothérapie est obtenu 5 à 6 mois après les soins de la chimio et cette radio thérapie faite après deux mois de chimio n'est pas assez efficace, d'où le risque de récidive important. A ce niveau-là, je vous parle uniquement des 3.000 à 4.000 cas qui ont la chance de se faire traiter et pour les 7.000' aucun traitement : ni chimio ni radiothérapie.
Qu'en est-il des soins
préventifs '
Vous soulevez vraiment un problème très important dont on ne parle jamais. Les soins préventifs concernent le dépistage, qui consiste à diagnostiquer une lésion soit précancéreuse, ou dépister un cancer à un stade précoce. C'est cela l'objectif du dépistage. On fait un dépistage, on découvre dans une mammographie une lésion «anormale», mais le problème qui se pose en Algérie, malheureusement, est qu'il n y a aucune structure qui permet la prise en charge de ces malades qui ont, pourtant, une chance à 100% de s'en sortir. Et cela, on ne le dit jamais dans les médias, et on fait de la publicité pour les dépistages pour rien. Le dépistage veut dire traiter ; or, si l'on ne peut pas traiter, à quoi cela sert-il de dépister ' Tout est mensonge : le dépistage n'est pas inclus dans une stratégie en Algérie. En Europe, si l'on dépiste, c'est pour traiter tout de suite. Comment voulez-vous traiter un cancer précoce alors qu'on n'arrive pas à traiter un cancer déclaré '
Que disent, alors, les
dernières recommandations ministérielles '
Ils ont prévu 57 nouveaux appareils de radiothérapie (accélérateurs linéaires). Un appareil coûte 20 à 25 millions de centimes. Ils seront placés dans les grandes villes. Ils ont donné aussi des instructions pour régler le problème de la chimiothérapie sans expliquer quand et comment. Donc, on reste sceptique devant ces recommandations, car, sur le terrain, les malades vivent toujours le même calvaire.
En tant que spécialiste, qu'éprouvez-vous devant cette souffrance des malades qui, hélas, vous ne pouvez alléger '
Vous ne pouvez jamais imaginer la souffrance que peut vivre un médecin censé soigner un malade et, faute de moyens matériels et de structures, il reste impuissant. Parfois, nous avons envie d'enlever nos blouses et de rentrer à la maison.
O. A. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mokrane Chebbine
Source : www.lemidi-dz.com