
Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, a estimé, dans son allocution, que « 15 ans d'existence est, certes, une période courte mais suffisante pour tirer des enseignements ». Les circonstances ayant conduit à la mise en place d'une seconde Chambre parlementaire ont été brièvement survolées : « la création de la seconde Chambre a été dictée par la conjoncture de l'époque pour éviter au pays des dérapages et maintenir les acquis démocratiques », a précisé M. Bensalah. Cependant, avec le temps, poursuit-il, la mission du Conseil a démontré une complémentarité avec la première Chambre dans l'exercice parlementaire. Ainsi, du point de vue de M. Bensalah, un sursaut qualitatif a été réalisé aux plans législation et contrôle de l'exécutif. Il soutient que « l'avènement du Conseil de la nation a permis une représentation de qualité et équilibrée du peuple ». Cependant, tient-il à souligner, la création de nouvelles institutions nécessite aussi une réflexion sur la réactivation de leurs missions en vue d'un cadre institutionnel plus cohérent, « et c'est la nouvelle approche entamée par le président Bouteflika », a-t-il mentionné. Pour lui, « les efforts du Président et son audace ont permis d'éviter au pays des souffrances souhaitées par plusieurs pays ». Soutenant la démarche de révision de la Constitution, le président du Conseil de la nation trouve que la procédure tend à la poursuite de l'édification institutionnelle exigée par la conjoncture et qu'une nouvelle étape attend le pays. Pour lui, le Conseil de la nation connaîtra, à travers la révision de la Constitution, un changement qualitatif qui lui permettra de renforcer son rôle et sa place politique. Présents à la journée d'étude, des universitaires ont apporté leurs points de vue sur le fonctionnement du Parlement au pays. Dans sa communication intitulée « l'expérience du Conseil de la nation dans le domaine législatif », le Dr Mohamed Benmohamed, de l'université de Ouargla, estime que la bipolarité qui caractérise le Parlement algérien illustre la dimension donnée par la Constitution au Parlement. Il constate un équilibre entre les deux Chambres : « si le Conseil de la nation ne dispose pas de droit de proposer des lois, il a, en revanche, le pouvoir de bloquer les textes de loi adoptés par la première Chambre ». De son côté, le Dr Mabrouk, Ghodbane de l'université de Batna, qui a rappelé la conjoncture « exceptionnelle » de la création de la Chambre haute, a fait remarquer que « le rôle principal du Conseil de la nation, qui est le contrôle, est plus complexe, voire plus sensible que la proposition de lois ». En substance, il ajoute : « sans le Conseil de la nation, la législation ne vaut rien ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Kechad
Source : www.horizons-dz.com