La Journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes a été célébrée hier dans le monde, y compris dans les pays où les expéditions punitives s'inscrivent dans la durée et tombent dans la banalisation. Notre pays compte un sinistre palmarès en la matière, de graves incidents s'étant produits ces derniers mois dans la wilaya de M'sila, moins dramatiques que ceux ayant eu lieu, il y a quelques années, à Ouargla et Hassi Messaoud où des femmes avaient été victimes du déchaînement de violence de groupes d'hommes transformés en douteuses brigades des m'urs.
Le sillon de cette folie meurtrière a été tracé par les islamistes armés qui assassinaient froidement, dans les années 1990, des jeunes filles pour le simple fait de ne pas porter le voile. L'Etat, qui paraphe sans réserve toutes les conventions internationales, ne se surpasse pas en matière de fermeté dans la protection des droits des citoyens et dans l'exigence de mettre la loi au-dessus de tous. Pis encore, il est des situations où l'attitude des institutions de l'Etat prête lourdement à équivoque, laissant transparaître des choix idéologiques et rétrogrades dans l'action de la force publique. Ainsi, dans certaines wilayas, les bureaux de presse reçoivent régulièrement des communiqués des services de police annonçant majoritairement l'interpellation de femmes accablées de qualificatifs infamants et définitifs. En plus du fait qu'il n'appartient pas aux services de sécurité de proférer des jugements d'ordre moral, il faut noter que dans ces mêmes villes, des maffieux notoires ont pignon sur rue, défient l'Etat et narguent la population.
Au plan politique, la condition féminine n'a pas connu un saut historique significatif, au point où c'est une moudjahida de la guerre de Libération nationale, membre du Conseil de la nation, qui fit une déclaration mercredi dernier pour dire que l'Algérie prenait une fausse route s'agissant de la promotion du statut de la femme. Le projet de loi relatif à la représentation de la femme dans les assemblées élues a été adopté jeudi par la Chambre haute du Parlement, dans la mouture imprimée par les députés des partis de la coalition. Le principe des 33% sur les listes électorales a été évacué, instituant une sorte de cafouillis arithmétique qui sera sans doute abandonné en cours de route en raison de sa complexité.
L'Etat a repris d'une main ce qu'il a fait semblant de donner de l'autre et les forces politiques progressistes ne l'ont pas aidé à dépasser cette forme de schizophrénie. Piégés par de réelles pesanteurs culturelles et sociales, les partis de la mouvance démocratique n'ont pas pesé dans le débat, préférant botter en touche en appelant les pouvoirs publics à élargir plutôt la place de la femme dans les institutions étatiques.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djaffar Tamani
Source : www.elwatan.com