Le présumé kamikaze, qui s'est fait exploser à l'entrée du siège du commandement régional de la gendarmerie à Ouargla, a été identifié par les services de sécurité grâce aux prélèvements d'ADN. Huit personnes ont été inculpées, dont trois sous mandat de dépôt, et les autres mises sous contrôle judiciaire, la semaine écoulée, au parquet de Ouargla pour leur implication présumée dans cet attentat,
alors que cinq autres sont toujours en fuite.
Après plusieurs mois d'enquête préliminaire, les services de sécurité ont démantelé le réseau ayant pris part de manière directe ou indirecte dans l'attentat kamikaze qui a ciblé le siège du commandement régional de la gendarmerie à Ouargla, faisant un mort et trois blessés parmi les gendarmes. L'on se rappelle que le 30 juin dernier, un terroriste conduisant un 4x4 s'est fait exploser à l'entrée du bâtiment de la gendarmerie et quelques heures plus tard, le groupe terroriste le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) avait revendiqué l'attentat sans pour autant donner de détails sur le kamikaze, comme cela est habituellement d'usage chez Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI).
Sur les lieux, quelques parties du corps déchiqueté du conducteur du 4x4 sont récupérées et transmises au laboratoire de criminologie de Bouchaoui, à Alger, dépendant de la Gendarmerie nationale. L'enquête va durer plus deux mois avant que la première arrestation ait lieu à Ouargla. C'était le 11 septembre dernier. Les services de sécurité interpellent un jeune qui a pour habitude de fréquenter les cybercafés situés à proximité du bâtiment du commandement de la gendarmerie à Ouargla. Il va révéler sa relation avec un certain Bouzidi Abdessamiâ, un terroriste recherché qui s'est réfugié au nord du Mali, ainsi que d'autres, comme Rabiî Khaled ou encore les frères du kamikaze, Ayoub, Salah Eddine et Mossaâb, également en fuite, précisant qu'il avait connu Bouzidi Mossaâb et Bouzidi Ayoub, avant qu'ils ne rejoignent les terroristes au nord du Mali.
Selon toujours des sources sécuritaires, des prélèvements d'ADN ont été effectués sur les parties du corps du kamikaze retrouvées sur les lieux du crime pour être analysées et comparées à ceux de Bouzidi Abdelkader. Les résultats ont confirmé que ce dernier était le père du présumé auteur de l'attentat-suicide.
En tout, huit personnes, dont deux frères du présumé kamikaze, ont été présentées au parquet de Ouargla, qui les a déférées devant le juge près le pôle judiciaire spécialisé, qui les a placées sous mandat de dépôt pour «participation à des activités d'une organisation terroriste qui active à l'intérieur et à l'extérieur du pays et non-dénonciation de criminels». Cinq autres, dont trois frères du présumé kamikaze, sont en fuite. Un mandat d'arrêt international a été lancé à leur encontre. Selon nos sources, ils auraient rejoint le nord du Mali, dès l'examen d'ADN effectué sur le père de l'auteur présumé de l'attentat, une région où la concentration de terroristes d'AQMI et du Mujao ne fait que s'intensifier ces derniers temps.
Les appels à une intervention militaire pour les déloger font craindre le pire et risquent d'unifier les rangs de toutes les factions armées qui se disputent le terrain pour transformer la zone en une cité impénétrable. Ce qui est certain, c'est que depuis quelques semaines, les groupes terroristes ont reçu de nouveaux contingents venus d'Afrique noire et des pays arabes, comme l'Algérie, le Yémen, ou la Tunisie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salima Tlemçani
Source : www.elwatan.com