Piratage d’électricité et pollution de l’environnement
Es-Sénia et Hassi Ameur sont considérées comme les plus importants pôles du développement industriel en Oranie, de par le nombre et l’envergure des unités industrielles et productives qui y sont implantées.
Si l’investissement constitue l’élément moteur de la santé économique d’un pays, il n’en demeure pas moins que pour les populations qui résident dans le périmètre de ces zones, l’activité industrielle devient une malédiction. En effet, la pollution est sans doute le premier aspect nuisible engendré par l’activité industrielle et dont les conséquences sont souvent endurées par les citoyens. L’absence d’une stratégie de protection de l’environnement accompagnatrice de l’activité industrielle a noyé le secteur dans une grande anarchie. Les opérateurs ne se soucient ainsi guère de la pollution qu’ils produisent, transgressant les réglementations protégeant l’environnement. Pis encore, nombre d’entre eux ne s’acquittent même pas de la taxe de pollution qui va en principe au financement des opérations de traitement des déchets industriels et leur récupération. Ainsi, les zones industrielles se sont transformées en véritable fardeau, notamment pour les autorités locales. L’autre aspect, non moins grave, est la création même de certaines de ces zones d’activités en milieu urbain, ce qui va à l’encontre des normes protectrices de l’environnement. Résultat, une prolifération sans précédent de maladies (allergies, asthme) et pollution nocive de l’environnement, à l’exemple de l’unité de production du bitume à Hassi Ben Okba qu’on peut qualifier de vraie catastrophe pour ses habitants. Pourtant, les autorités locales et les experts du domaine de l’environnement s’étaient opposés à sa création à cet endroit. C’est ainsi que l’unité a été réalisée sans être dotée d’un réseau d’évacuation des eaux usées qui, par la force des choses, ont fini par se déverser de manière sauvage, se mêlant aux eaux des fosses septiques donnant lieu à l’apparition de toutes sortes de maladies dangereuses. Le plus dangereux encore, c’est bien le risque de voir ces eaux infectes servir à l’irrigation des plantations agricoles, et tout ce que cela peut engendrer comme risque avancé contre la santé humaine.
De plus, les unités industrielles non autorisées ou celles qui activent dans la clandestinité -des dizaines, estime-t-on, et dont une bonne partie est située en plein tissu urbain- constituent l’autre problématique qui entrave l’assainissement du secteur. Ces unités clandestines sont à l’origine de la nuisance principale subie par des citoyens habitant dans les agglomérations urbaines. Beaucoup de dépassements relatifs au non-respect des droits des travailleurs y sont par ailleurs constatés. Certains travailleurs, exerçant dans des conditions indécentes, seraient exploités de façon inhumaine et toucheraient des salaires dérisoires ne dépassant pas, dans les meilleurs des cas, les 5.000 dinars. Certains de ces infortunés affirment même avoir contracté des maladies graves car ils ont été contraints de manipuler des produits dangereux sans être munis de moyens de protection.
Ces indus industriels ne se contentent pas seulement de nuire à l’environnement et à la santé de l’homme, mais ils vont jusqu’à dilapider les biens publics en s’alimentant illégalement de l’énergie électrique. En effet, la plupart de ces industriels clandestins opèrent des branchements directs de câbles à partir des postes alimentant l’éclairage public. Ces pratiques leur épargnent le paiement du vrai coût de la consommation électrique et ce sont plusieurs dizaines de millions de centimes qui échappent ainsi à l’Etat.
Dans une tentative de remettre l’ordre dans le secteur, l’on croit savoir que l’inspection de l’environnement a procédé tout récemment à la mise en place d’une commission de contrôle à laquelle aurait été confié la mission de mettre un terme à ces dépassements. Il a également été décidé d’effectuer des tournées d’inspection au niveau des usines et établissements hospitaliers afin de vérifier s’ils sont équipés de filtres destinés à lutter contre la nocivité des fumées qui se dégagent lors des opérations d’incinération des déchets.
A. Khadra/S.A.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com