
Lorsque les frères de Joseph désespérèrent de rentrer avec leur frère, ils se mirent à se concerter entre eux. « Leur aîné dit - il s'agit de Ruben - : "Ne savez-vous pas que votre père a pris de vous un engagement formel au nom de Dieu » ; c'est-à-dire que vous avez failli à votre engagement envers votre père en abandonnant votre frère comme vous avez abandonné Joseph avant lui.Et je ne peux l'affronter en ayant failli à mon engagement ! « Je ne quitterai point le territoire », c'est-à-dire que je resterai ici « jusqu'à ce que mon père me le permette », c'est-à-dire de le rejoindre « ou que Dieu juge en ma faveur, et 11 est le Meilleur des juges. Retournez à votre père et dites : "Ô notre père, ton fils a volé." » C'est-à-dire informez-le de ce que vous avez vu. «Et nous n'attestons que de ce que nous savons. Et nous n'étions nullement au courant de l'inconnu. Et interroge la ville où nous étions, ainsi que la caravane dans laquelle nous sommes arrivés » ; c'est-à-dire que le vol commis par notre frère et la punition qui s'ensuivit sont sur toutes les langues en Egypte, et les gens de la caravane peuvent témoigner de cela. « Nous disons réellement la vérité. Alors (Jacob) dit : "Vos âmes vous ont plutôt inspiré (d'entreprendre) quelque chose !... Oh quelle belle patience !" » ; c'est-à-dire que les choses ne se sont pas passées comme vous le prétendez, car cela ne sied pas à la morale de Benjamin. C'est plutôt vous qui avez mani-gancé quelque chose ; et il ne me reste qu'à m'armer d'une belle patience. Ibn Ishâq ainsi que d'autres ont dit que leur abandon de Benjamin n'était que la conséquence de leur méfait contre Joseph lorsqu'ils le jetèrent dans le puits. Certains anciens pieux n'ont-ils pas dit : la récompense d'un péché ne peut être qu'un péché subséquent ' Jacob dit ensuite : « Il se peut que Dieu me les ramène tous », Joseph, Benjamm et Ruben, « car c'est Lui l'Omniscient, le Sage ». « Et il se détourna d'eux», c'est-à-dire qu'il cessa de discuter avec eux. « Et dit : "Que mon chagrin est grand pour Joseph !" » Son nouveau chagrin lui rappela l'ancien et rouvrit sa blessure. « Et ses yeux blanchirent d'affliction » à force de pleurer. « Et il était accablé », en raison de son immense chagrin, son affliction et son désir ardent de revoir Joseph. Voyant cela, ses enfants lui dirent sur le ton de la compassion et de la pitié : « Par Dieu ! Tu ne cesseras pas d'évoquer Joseph, jusqu'à ce que tu t'épuises ou que tu sois parmi les morts » (12, 85) ; c'est-à-dire que tu ne cesseras pas de le mentionner jusqu'à ce que ton corps soit décharné et que tes forces s'épuisent ; si tu te ménageais, ce serait mieux pour toi. « Il dit : "Je ne me plains qu'à Dieu de mon déchirement et de mon chagrin. Et je sais de la part de Dieu, ce que vous ne savez pas ». Il leur répondit qu'il ne se plaignait pas à eux ni à quelque autre créature de ses malheurs, mais à Dieu, son Seigneur, et qu'il savait que Dieu lui aménagerait une issue et le délivrerait, que l'ancienne vision de Joseph se réaliserait inéluctablement et qu'il se prosternerait ainsi qu'eux devant lui. C'est pour cela qu'il leur dit : « Et je sais de la part de Dieu ce que vous ne savez pas », Il leur dit ensuite pour les inciter et les encourager à poursuivre les recherches pour retrouver Joseph et son frère : « Ô mes fils ! Partez et enquérez-vous de Joseph et de son frère. Et ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. Ce sont seulement les gens négateurs qui désespèrent de la miséricorde de Dieu » ; c'est-à-dire : ne désespérez pas, car après l'adversité vient la délivrance, et seuls les négateurs désespèrent de la miséricorde de Dieu et de Son salut. « Et lorsqu'ils s'introduisirent auprès de (Joseph), ils dirent : "Ô Puissant ! La famine nous a touchés, nous et notre famille ; et nous venons avec une marchandise sans grande valeur. Donne-nous une pleine mesure, et fais-nous la charité. Certes Dieu récompense les charitables !" Il dit : "Savez-vous ce que vous avez fait de Joseph et de son frère alors que vous étiez ignorants (injustes) '" Ils dirent : "Est-ce que tu serais Joseph '" Il dit : "Je suis Joseph, et voici mon frère. Certes, Dieu nous a favorisés. Quiconque craint et patiente... et très certainement, Dieu ne fait pas perdre la récompense des gens de bien." Ils dirent : "Par Dieu, vraiment Dieu t'a préféré à nous et nous avons été fautifs." II dit : "Pas de récrimination contre vous aujourd'hui ! Que Dieu vous pardonne. C'est Lui le plus Miséricordieux des miséricordieux. Emportez ma tunique que voici, et appliquez-la sur le visage de mon père ; il recouvrera (aussitôt) la vue. Et amenez-moi toute votre famille. » (12, 88-93). De retour en Egypte auprès de Joseph, ses frères lui demandèrent de les approvisionner et de faire preuve de charité en libérant Benjamin. « Et lorsqu'ils s'introduisirent auprès de (Joseph), ils dirent : "Ô Puissant ! La famine nous a touchés, nous et notre famille" », c'est-à-dire que la sécheresse nous a fait beaucoup de tort et nous a amené la famine ; « et nous venons avec une marchandise sans grande valeur », c'est-à-dire insignifiante à qui personne n'accorde de valeur, sauf si l'on veut nous faire une faveur. On rapporte qu'il s'agissait de quelques dirhams de mauvaise qualité ; on rapporte aussi qu'il s'agissait de pignons et de pistaches notamment. « Donne-nous une pleine mesure, et fais-nous la cha-rité. Certes, Dieu récompense les charitables ! », c'est-à-dire, selon as-Suddî : fais-nous la charité en acceptant notre marchandise qui n'est pas de grande valeur, ou, selon Ibn Jurayj, en rendant sa liberté à notre frère. Joseph prit en pitié ses frères dans leur pauvreté et il leur révéla son identité. On rapporte qu'il leur montra sur son front des signes par lesquels ils le reconnaissaient. « Savez-vous ce que vous avez fait de Joseph et de son frère alors que vous étiez ignorants (injustes) ' Ils dirent - étonnés de ne pas avoir reconnu leur propre frère - : "Est-ce que tu serais Joseph '" Il dit : "Je suis Joseph, et voici mon frère." » C'est-à-dire, je suis Joseph que vous avez abandonné et maltraité ; « et voici mon frère », qui est une confirmation de ce qu'ils leur avaient fait par jalousie et en recourant à la ruse. C'est pour cela qu'il leur dit : « Certes, Dieu nous a favorisés », c'est-à-dire par Sa bienfaisance envers nous et Ses faveurs à notre égard en veillant sur nous, car nous nous sommes montrés obéissants à son égard, mais aussi parce que nous avons fait preuve de patience face à vos méfaits. C'est aussi parce que notre amour pour notre père est immense et qu'il a beaucoup de pitié pour nous. « Quiconque craint et patiente... Et très certainement, Dieu ne fait pas perdre la récompense des bienfaiteurs". Ils dirent : "Par Dieu ! Vraiment Dieu t'a préféré à nous et nous avons été fautifs" », c'est-à-dire en te faisant ce que nous avons fait ; et voilà que nous sommes maintenant à ta merci. « Il dit : "Pas de récrimination contre vous aujourd'hui !" » ; c'est-à-dire ; je ne vous punirai pas pour ce que vous m'avez fait jadis ; et, pour les rassurer, il leur dit : « Que Dieu vous pardonne. C'est Lui le plus Miséricordieux des miséricordieux » leur demanda ensuite d'emporter avec eux sa tunique, celle qu'il portait directement sur la peau, et de la poser sur les yeux de son père ; cela lui rendra aussitôt la vue, leur dit-il. Cela fait partie des grands miracles et des preuves de la Prophétie de Joseph. Il leur ordonna ensuite de ramener toute leur famille en Egypte où règne la prospérité et où ils seront réunis à nouveau après des années de séparation. « Et dès que la caravane franchît la frontière (de Canaan), leur père dit : "Je décèle, certes, l'odeur de Joseph, même si vous dites que je radote". Ils lui dirent : "Par Dieu te voilà bien dans ton ancien égarement". Puis quand arriva le porteur de bonne annonce, il l'appliqua (la tunique) sur le visage de Jacob. Celui-ci recouvra (aussitôt) la vue, et dit : "Ne vous ai-je pas dit que je sais, par Dieu, ce que vous ne savez pas '" Ils dirent : "Ô notre père, implore pour nous la rémission de nos péchés. Nous étions vraiment fautifs". Il dit : "J'implorerai pour vous le par-don de mon Seigneur. Car c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux." » (12, 94-98). Abdurrazzâq a rapporté qu'Ibn 'Abbâs a dit à propos de ce verset : « Et dès que la caravane franchit la frontière » : «Lorsque la caravane quitta l'Egypte, un vent se leva et transporta vers Jacob l'odeur de la tunique de Joseph ». « Leur père dit : "Je décèle, certes, l'odeur de Joseph, même si vous dites que je radote." » Ibn 'Abbâs a dit : « Il sentit son odeur à une distance de huit jours ». C'est ainsi que l'ont rapporté ath-Thawrî et Shu'ba et d'autres d'après Abu Sinân. Al-Hasan al-Basrî et Ibn Jurayj al-Makkî ont dit, eux, que la distance était de huit lieues. Ils ont ajouté que Jacob avait alors quatre-vingt ans. Quant à cette parole : « même si vous dites que je radote », cela veut dire même si vous pensez que je parle ainsi sous l'effet de la sénilité. Ibn 'Abbâs, 'Atâ', Mujâhid, Sa'îd Ibn Jubayr et Qatâda ont traduit « radoter » par « faire preuve de stupidité » ; Qatâda et As-Suddî ont dit que cela veut dire la décrépitude. « Ils dirent .* "Par Dieu, te voilà bien dans ton ancien égarement." » Qatâda et as-Suddî ont estimé qu'ils lui ont dit des paroles très dures. Dieu dit : « Puis quand arriva le por¬teur de bonne annonce, il l'appliqua (la tunique) sur le visage de Jacob. Celui-ci recouvra aussitôt la vue". Il dit alors à ses fils : "Ne vous ai-je pas dit que je sais, par Dieu, ce que vous ne savez pas '" » C'est-à-dire : je savais que Dieu me ferait réunir avec Joseph et que mes yeux se réjouiraient de sa vue et qu'il me fera voir, de sa part, ce qui me rendra fier et satisfait. C'est alors qu'ils dirent : « Ô notre père, implore pour nous la rémission de nos péchés. Nous étions vraiment fautifs ». Ils lui demandèrent d'invoquer pour eux le pardon de Dieu pour s'être très mal comportés envers lui et Joseph. Et c'est parce qu'ils avaient nourri l'intention de se repentir de leur acte avant même de le perpétrer, que Dieu les guida sur le chemin du repentir. Leur père accepta d'invoquer Dieu en leur faveur en leur disant : « J'implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur, car c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux ». Dieu dit : « Lorsqu'ils s'introduisirent auprès de Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère et leur dit : "Entrez en Egypte, en toute sécurité, si Dieu le veut !". Et il éleva ses parents sur le trône et tous tombèrent devant lui, prosternés. Et il dit : "Ô mon père, voilà l'interprétation de mon rêve de jadis. Dieu l'a bel et bien réalisé...Et II m'a certainement fait du bien quand II m'a fait sortir de prison et qu'il vous a fait venir de la campagne, (du désert), après que le diable ait suscité la discorde entre mes frères et moi. Mon Seigneur est Plein de douceur pour ce qu'il veut. Et c'est Lui l'Omniscient, le Sage. Mon Seigneur, Tu m'as donné du pouvoir et m'as enseigné l'interprétation des rêves. (C'est Toi Le) Créateur des Cieux et de la Terre. Tu es mon Patron, ici-bas et dans l'au-delà. Fais-moi mourir en parfaite soumission et fais-moi rejoindre les vertueux." » (12, 99-101). Dieu rappelle les retrouvailles des bien-aimés après une longue période de séparation qui dura, selon al-Hasan, quatre-vingt ou quatre-vingt-trois ans, et, selon Qatâda, trente-cinq ans. Quant à Muhammad Ibn Ishâq, il a dit que cette période est estimée à dix-huit ans. Il a ajouté que les gens du Livre prétendent que Joseph fut séparé de son père pendant quarante ans. Le contexte du récit nous indique que cette période est approximative. En effet, la femme a essayé de le séduire alors qu'il avait dix-sept ans, selon plusieurs récits ; il resta en pri¬son quelques années - sept selon 'Ikrima et d'autres. Il y eut alors les sept années d'abondance suivies de sept autres de disette ; ses dix frères vinrent la première année de disette puis ils prirent leur frère Benjamin la deuxième année. Au cours de la troisième année, Joseph leur révéla son identité et leur demanda de ramener leur famille, ce qu'ils firent : « Lorsqu'ils s'introduisirent auprès de Joseph, celui-ci accueillit ses père et mère ». C'est-à-dire qu'il s'est réuni avec eux, à l'exception des autres. « Il leur dit : "Entrez en Egypte, en toute sécurité, si Dieu veut !» On a dit que cette dernière partie du verset relate un fait antérieur à celui rapporté au début du même verset. On rapporte aussi qu'il les avait accueillis et leur avait offert l'hospitalité dans un camp de tentes et, lorsqu'ils s'approchèrent de la porte d'Egypte, il leur dit : « Entrez en Egypte, en toute sécurité, si Dieu le veut ». Certains exégètes ont dit que lorsque la caravane de Jacob s'approcha d'Egypte, Joseph voulut les accueillir ; le roi et ses soldats sortirent alors avec lui pour être au service de Joseph et aussi par respect pour Jacob, le Prophète de Dieu. On rapporte aussi que Jacob fît une invocation en faveur du roi d'Egypte et que Dieu soulagea l'Egypte du reste des années de disette. Ath-Tha'labî a rapporté que pendant toute la durée des années de disette, Joseph n'a jamais mangé à sa faim, afin de ne pas oublier l'affamé ; il ne mangeait qu'un peu de nourriture en milieu de journée. Les rois, ajoute-il, ont imité son geste, depuis ce jour. Lors de la période de sécheresse endurée par les musulmans sous le califat de 'Umar Ibn al-Khattâb, ce dernier ne mangea plus à sa faim jusqu'à la fin de cette période. Après avoir vu que Dieu avait parachevé Ses bienfaits sur lui et que sa famille était de nouveau réunie, Joseph sut que cette demeure terrestre était éphémère et que tout ce qu'il y avait sur elle était périssable. Après l'achèvement, il n'y avait que la régression. Cela étant, il loua son Seigneur comme il sied à Sa majesté et à Sa gloire et reconnut Sa bienfaisance sans égale. Il lui demanda donc de le faire mourir, lorsque son heure viendrait, toujours fidèle à la foi de l'Islam (la soumission à Dieu) et de le faire rejoindre Ses serviteurs vertueux. Et c'est ainsi que l'on dit dans l'invocation : « Mon Dieu, fais-nous vivre en tant que musulmans et fais-nous mourir en tant que musulmans ». Il est probable qu'il ait fait cette invocation lorsqu'il fut à l'article de la mort. Ibn Ishâq a rapporté d'après les gens du Livre que Jacob demeura en terre d'Egypte, chez Joseph, durant dix-sept années, avant de décéder. Il recommanda à Joseph de l'enterrer auprès de ses pères Abraham et Isaac. As-Suddî a dit : « Il l'embauma et l'emmena en Palestine où il l'enterra dans la grotte où étaient enterrés son père Isaac et son grand-père Abraham. » Les gens du Livre disent aussi que lorsque Jacob mourut, les gens d'Egypte le pleurèrent pendant soixante-dix jours. Joseph avait ordonné aux médecins de l'embaumer et il resta ainsi pendant quarante jours. Ensuite, il demanda au roi la permission d'emmener la dépouille de son père en Palestine pour l'y enterrer avec les membres de sa famille. Il reçut la permis¬sion et sortit d'Egypte, accompagné des plus grands dignitaires du pays. Arrivés à Hébron, ils l'enterrèrent dans la grotte qu'avait achetée Abraham d'Ephrôn fils de Cohar le Hittite. Ils l'y enterrèrent donc et lui firent une cérémonie de deuil qui dura sept jours. Ils revinrent ensuite dans leur pays où les frè¬res de Joseph le consolèrent et firent preuve d'une grande compassion à son égard. Joseph garda avec lui ses frères qu'il honora et traita avec beaucoup de considération. Ce fut ensuite au tour de Joseph de partir vers l'au-delà. Peu de temps avant sa mort, il recommanda à ses frères de l'emmener, s'ils venaient un jour à quitter l'Egypte, et de l'enterrer auprès de ses pères. Ils l'embaumèrent donc et le mirent dans un cercueil où il resta en Egypte, jusqu'à ce que Moïse, sur lui le salut, l'emmena avec lui en Palestine et le fit enterrer avec ses pères comme nous le verrons plus loin. Ils ont dit qu'il est mort à l'âge de cent dix ans. C'est là leur version comme je l'ai constaté moi-même et comme l'a aussi rapporté Ibn Jarîr. Mubârak Ibn Fudâla a rapporté d'après al-Hasan que Joseph a été jeté dans le puits alors qu'il avait dix-sept ans, il fut séparé de son père pendant quatre-vingt ans et vécut après cela vingt-trois ans. Il mourut donc à l'âge de cent vingt ans. Certains autres exégètes ont dit qu'il laissa des recommandations à son frère Juda, sur lui le salut, ainsi que sur tous les autres Prophètes. L'histoire de Job (Ayyûb), sur lui le salut Ibn Ishâq a dit : « Job (Ayyûb) était d'origine romaine et il s'appelait Job fils d'Amos, fils de Zara, fils d'Esaû, fils d'Isaac, fils d'Abraham, l'ami intime de Dieu. » D'autres ont dit : « C'est Job fils d'Amos, fils de Réouël, fils d'Esaû, fils d'Isaac fils de Jacob. » D'autres généalogies lui ont été attri¬buées. Ibn 'Asakîr a rapporté que sa mère était la fille de Loth, sur lui le salut. On rapporte aussi que son père faisait partie de ceux qui avaient cru en Abraham, le jour où il fut jeté dans le feu et qu'il en sortit indemne. Mais la version la plus plausi-ble est la première, Job faisant partie de la descendance d'Abraham comme le dit la parole de Dieu : « Et parmi la descendance (d'Abraham) (ou de Noé), David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron » (6, 84). La version la plus plausible est qu'il s'agit, ici, de la descendance d'Abraham. Job fait aussi partie des Prophètes que Dieu inspirait et qui sont cités dans la sourate 4 Les femmes : « Nous t'avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux Prophètes après lui. Et Nous avons fait révélation à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux Tribus, à Jésus, à Job, à Jonas, à Aaron et à Salomon. » (4, 163) Le plus juste donc est qu'il descend d'Esaû, le fils d'Isaac. Quant à sa femme, elle s'appelait, selon certains exégètes, Léa, et selon d'autres Rahma fille d'Ephraïm. Cette version est la plus plausible donc et c'est pour cela que nous l'avons citée ici. Dieu dit : « Et Job quand il implora son Seigneur : "Le mal m'a touché. Mais Toi, Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. Nous l'exauçâmes, lui enlevâmes le mal qu'il avait, lui rendîmes les siens et autant qu'eux avec eux, par miséricorde de Notre part et en tant que rappel aux adorateurs » (21, 83-84) ; « Et rappelle-toi Job, Notre serviteur, lorsqu'il appela son Seigneur : "Le diable m'a infligé détresse et souffrance". Frappe (la terre) de ton pied : voici une eau fraîche pour te laver et voici de quoi boire. Et Nous lui rendîmes sa famille et la fîmes deux fois plus nombreuse, comme une miséricorde de Notre part et comme un rappel pour les gens doués d'intelligence. Et prends dans ta main un faisceau de brindilles, puis frappe avec cela. Et ne viole pas ton serment". Oui, Nous l'avons trouvé vraiment endurant Quel bon serviteur ! Sans cesse il se repentait. » (38, 41-44). Les exégètes et les historiens ont rapporté que Job était un homme très riche qui possédait toutes sortes de biens : du bétail, des esclaves, et des terres vastes et fertiles situées dans la région de Basan, du côté de Hûrân. Ibn ' Asâkir rapporte que toute la région lui appartenait ; il avait aussi une nombreuse progéniture. Tout cela lui fut enlevé et il fut éprouvé par toutes sortes de maladies, à tel point que seuls furent épargnés son c?ur et sa langue, car c'est avec eux qu'il évoquait Dieu. En dépit de tous ses malheurs, Job fit preuve d'une patience extraordinaire, évoquant Dieu nuit et jour, matin et soir. Sa maladie dura tant et si bien que personne ne pouvait plus supporter de le voir et qu'il fut abandonné par son entourage et emmené hors du bourg dans un lieu où l'on jetait les ordures. Personne ne venait le voir si ce n'est son épouse qui, reconnaissante pour sa bienfaisance à son égard, lorsqu'il était bien portant, lui rendait visite, le nourrissait, le soignait et l'aidait. Ne disposant plus de suffisamment de ressources, son épouse se fit servante chez des familles contre un peu d'argent pour pouvoir continuer à subvenir aux besoins de son mari. Elle continua à se montrer patiente face l'épreuve, car elle avait non seulement perdu le confort matériel d'antan, mais aussi ses propres enfants, elle vécut aussi dans la pauvreté totale, et fut réduite à travailler. (A suivre)
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : C R
Source : www.lnr-dz.com