
L'insulte, l'invective et la grossièreté sont devenues le langage préféré de certains discoureurs d'occasion.Moins d'une semaine à tirer encore pour sortir de cette année 2015 qui n'a pas été des plus reposantes ni sur le plan national ni sur celui international. Il n'est vraiment pas utile de faire une rétrospective de cette longue année. Il suffit de nous arrêter à deux moments marquants, l'un relatif à la scène nationale, l'autre à celle extérieure pour voir combien les choses n'ont pas été simples, à quel point elles n'ont pas été gaies et, surtout, à quel point elles risquent de peser sur l'avenir.Commençons par notre maison d'abord. Ce qui a marqué le plus l'année 2015, chez nous, c'est le changement brusque et violent dans le discours et le comportement «politiques». Nous mettons des guillemets au mot parce que, après ce qu'on a vu cette année, le risque que le terme change définitivement de sens est grand.L'ascension étant devenue le sport favori et réservé de certains parvenus à l'intelligence visiblement indigente, il n'est finalement pas étonnant que notre route débouche sur le précipice. Déjà que nous y sommes depuis très longtemps de par les faits de la mauvaise gestion des ressources et des richesses du pays, fallait-il obligatoirement que l'on y ajoute cette perversion ostentatoire des valeurs' Certes, parler de valeur aujourd'hui, chez nous, est devenu un jeu dangereux parce qu'il fait bondir ceux qui n'en ont point et que, comble de l'ironie, les coïncidences ont placé devant les portes des temples. Mais peut-on faire autrement lorsque même la pudeur, dernier vestige de la bienséance et de la bonne éducation, a fait ses bagages' Peut-on faire autrement lorsque, à l'image de nos enfants harraga qui ont quitté le douar de nuit par des barques d'infortune, nos valeurs se sont tirées l'une après l'autre' Peut-on faire autrement lorsque l'impuissance nous est servie comme seul repas plusieurs fois par jour par tous ces énergumènes à l'indécence offensante qui, sans honte, se déclarent importants, incontournables, indispensables à une Algérie qui n'en a pourtant pas besoin de surcroît' Dieu, qu'avons-nous donc fait pour mériter une telle fin de vie' Nous espérions finir nos jours dans une Algérie où le sourire de nos enfants ne s'efface que pour laisser place à un meilleur sourire et où les jours ne s'en vont que pour céder la place à des lendemains plus radieux!L'insulte, l'invective et la grossièreté sont devenues le langage préféré de certains discoureurs d'occasion, leur première langue maternelle aurions-nous dit dans d'autres circonstances, alors que la menace, l'accusation et la violence constituent leurs seules approches. Nous n'arrivons plus à faire un seul pas en avant. Comme si le pays, malmené par une conjoncture internationale difficile, était poussé par des boiteux tuberculeux, essoufflés qui ne peuvent plus faire un pas. Et, au lieu de réfléchir comment améliorer les choses, certains passent les nuits entières à apprendre par coeur les insultes à prononcer le lendemain devant les caméras. On insulte les hommes, on insulte les femmes, on insulte tout le monde. Sans retenue et sans gêne! Un certain Benyounès avait ouvert le bal avec son «na'albou elli mayhabounéch» et voilà que, sur la pente glissante de la grossièreté, tout le monde s'y est mis. Comme des enfants qui s'adonnent avec coeur joie sur un toboggan. Et à chaque fois que quelqu'un a glissé, on en a entendu. Des sales et des pas propres!A la manière dont vont les choses et vu la satisfaction que semblent tirer les auteurs de ces prouesses puisque jamais, au grand jamais, il ne leur est venu à l'idée de s'excuser au moins d'avoir dépassé les lignes de la décence, ne serait-ce que par rapport aux mineurs et aux vieillards qui entendent, on peut dire que l'on fonce droit vers le pire! Donc pour 2016 il faut s'attendre à ce que l'on passe à autre chose de plus agressif, de plus violent. Entre-temps, le pays peut avoir les plus grands problèmes s'il veut, ses responsables ne s'en sentent pas concernés! Ils le sont plus par la gesticulation que par leurs tâches réelles.Sur le plan international, maintenant, il y a lieu de se rendre compte que les attaques de Paris du 13 novembre passé risquent d'avoir de mauvaises conséquences en France, ici chez nous et ailleurs. Sans entrer dans la théorie du complot, disons simplement que le 13 novembre français est désormais, pour l'Europe, l'équivalent du 11 septembre américain en ce sens que, désormais il y aura un avant et un après 13 novembre. Cette date a vu les arguments venir se jeter dans les mains qui les cherchaient. Pourquoi' Difficile de dire. On sait seulement comment cela a eu lieu. Dans une salle de concert, sur des terrasses de restaurant, aux alentours d'un stade de sport, bref dans tous les endroits où les hommes et femmes ne nuisent à personne et ne disposent même pas de quoi nuire quand bien même le voulaient-ils, dans ces endroits-là, des individus malades de la vie, inconscients de la mort, se moquant de la religion et des préceptes de toutes les religions des humains se sont mis à tirer sur tout le monde. Au lendemain, la France s'est rendu compte qu'elle tenait la hache de guerre depuis quelque temps avant les attaques. Comme si elle n'attendait que l'occasion ou bien comme si elle savait quand cela allait arriver. Le reste, on le sait. Alors qu'à Lens les musulmans protégeaient l'église pour permettre aux chrétiens de fêter la messe en toute tranquillité, en Corse, et alors que les musulmans étaient cloîtrés chez eux, des chrétiens saccageaient une mosquée et brûlaient les exemplaires du Coran. Il ne se trouve malheureusement personne pour leur demander des comptes, les chefs étant occupés à boire du pétrole, à insulter les femmes en public et à promouvoir l'indigence intellectuelle.A voir comment vont les choses, 2016 verra s'amplifier la haine contre les Arabes et les musulmans sans qu'une seule voix ne s'élève pour prendre leur défense, nos voix n'étant destinées qu'à réciter des poèmes et à chanter «Ya lil ya 'ain».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aissa HIRECHE
Source : www.lexpressiondz.com