
nous allons raviver les mémoires endormies avec cette recette très vieille que les nouvelles générations ne connaissent pas. ce gâteau a connu des jours glorieux à l'époque de nos mères et grands-mères, et c'était un gâteau qui trènait sur la meïda du petit-déjeuner.Avec maqrout el aâssel et tcharek el aâriane, oudinette el qadhi était le gâteau incontournable que toutes les familles algéroises confectionnaient à la dernière minute pour qu'il garde toute sa fraîcheur et son croquant au moment de le consommer. Lorsque l'on attendait la visite de quelque invité proche ou éloigné, on courait à nos fourneaux et l'on se hâtait à préparer cette pâte onctueuse et souple qui faisait toute la saveur du gâteau.A la maison, c'était ma spécialité et personne n'avait le droit de confectionner ces gâteaux à part moi. Alors, dès que les invités pénétraient notre modeste demeure, on les faisait entrer dans le salon où ils s'installaient confortablement sur les matelas rembourrés. Ma mère me regardait droit dans les yeux et sans mot dire, je m'en allais dans la cuisine et commençais à mélanger et malaxer avec les doigts ma pâte car c'est au toucher que l'on savait si elle est réussie. Un travail fastidieux qui demandait beaucoup de patience.La pâte ne devait être ni trop sèche ni top grasse, l'épaisseur devait être au millimètre près et j'avais une astuce qui m'aidait à respecter ces règles : j'abaissais la pâte et je vérifiais ainsi son épaisseur ; quand je la voyais transparente et qu'elle laissait entrevoir la toile cirée de la table de la cuisine. J'étais alors sûre de moi et je continuais ainsi jusqu'à épuisement de la pâte.Une fois les gâteaux confectionnés, je les plongeais un à un dans un bain d'huile très chaude, les égouttais puis les enduisais dans du miel pur. Je les mettais dans un beau plat de service et les montrais à ma mère en attendant son acquiescement. J'étais fière de mes gâteaux et cela se voyait dans mes yeux pétillant de plaisir.La recetteIngrédients :- 3 mesures de farine tamisée- 1 mesure de beurre fondu- Â? d'une mesure d'eau- 1 pincée de sel- Du miel- De l'eau de fleurs d'oranger- 1 poignée de grains de sésame- De l'huile pour la friturePréparation :Dans une grande sahfa en bois, déposer la farine, le sel et le beurre. Bien frotter tous les ingrédients entre les mains. Mouiller avec un peu d'eau et ramasser la pâte en boule, couvrir et laisser reposer.Prendre la pâte et la partager en petites parts. Abaisser chacune à l'aide d'un rouleau à pâtisserie en de fines presque transparentes. A l'aide d'une djrioura dentelée, découper des rectangles égaux.Les décoller un à un puis les pincer au centre à l'aide du pouce et de l'indexe. Former ainsi des oreilles en forme de nœud de papillon. Prendre une poêle à fond épais, verser de l'huile et bien la chauffer. Diminuer le feu et plonger les nœuds de papillon un à un en veillant à les couvrir d'huile à l'aide d'une cuillère.Les faire dorer de chaque côté, les retirer délicatement et les égoutter dans un couscoussier. Tremper les gâteaux encore tièdes dans du miel aromatisé d'eau de fleurs d'oranger non chauffé. Les saupoudrer de graines de sésame et les disposer dans un plat de service. Avec la même pâte, on peut donner une autre forme à ce gâteau. Prendre une part de pâte, l'abaisser en fine bandelettes longues et étroites, prendre un bout de la bandelette et l'entortiller en forme de cocardes. Les faire frire de la même manière.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H Belkadi
Source : www.lesoirdalgerie.com