«Les gouvernements ont l'âge de leurs finances, comme les hommes ont l'âge de leurs artères.» André Maurois
Globalement, l'accélération du vieillissement de la population mondiale pose le problème d'une prise en charge bienséante pour les organismes de retraite, des assurances sociales ainsi que pour les autres offices de versements de pensions complémentaires. Une retraite complète devrait représenter 80% du revenu mensuel de l'assuré, mais le système de calcul est bien plus complexe qu'il n'y paraît. A cela il faut désormais tenir compte des déséquilibres en termes de déficits toujours croissants dus à plusieurs facteurs dont l'augmentation brutale du nombre de retraités, que vient compliquer celui de la mise en retraite anticipée d'employés encore en âge d'être productifs. Le chômage, la diminution des ressources provoquant l'inflation, donc, d'une contraction du pouvoir d'achat appelant à de fréquents réajustement des pensions, la natalité galopante faisant gonfler, voire jusqu'à doubler le nombre des retraités, l'espace de quelques années, le rallongement important de l'espérance de vie, faute de quoi, ça sera l'éclatement de la cellule familiale, font que la complication du vieillissement ira en s'aggravant étant donné que la moitié de la population mondiale aura plus de 65 ans. Si le débat est ouvert à l'échelle planétaire, pour l'Afrique et l'Algérie, l'embarras est réel, puisqu'une infime partie seulement des personnes du troisième âge pourront bénéficier d'une pension de retraite. L'Europe en fait les frais aujourd'hui et, demain, ce sera le tour de l'Afrique. Le vieillissement de la population vaut fort cher de nos jours aux contribuables, aux caisses de retraites et aux assurances maladies. Le déficit grandissant au fil des années est somme toute logique avec les augmentations du coût de la vie. Les calculs faits et datant depuis plusieurs décennies permettant aux cotisants d'épargner pour s'assurer une fin de vie convenable ne correspondent plus aux mirobolantes dépenses dont doivent s'acquitter mensuellement les caisses et autres mutuelles chargées de la prise en charge des personnes du troisième âge. Avec un nombre toujours grandissant de chômeurs et de retraités, le système basé dans la plupart des pays sur le principe des vases communicants pour redistribuer l'argent versé par les actifs sous forme de pensions aux retraités ne fonctionne plus malgré les réformes successives s'échelonnant depuis plus de vingt ans. Plusieurs régimes de retraites de base existent et plusieurs autres formules de retraites complémentaires subsistent pour les quatre grands pôles des cotisants, regroupant les employés des secteurs public, privé, agricole et des commerçants, indépendamment des régimes spéciaux. En fin de vie active, rares sont les départs enregistrant une pension à taux plein. En Europe, l'âge de départ à la retraite est remis en cause après quarante ans de cotisation pour combler les déficits. La durée légale de travail au-delà de 60 ans s'impose jusqu'à 67 ans. Diversement, les gouvernements en cas d'épargne inférieure à près de 40 ans de travail prouvé instaurent un régime de décote pour éviter de verser des pensions à taux plein, d'où l'apparition de versements de pensions très faibles, voire déshonorantes. Un pays comme la France consigne en termes de déficit pour 2010 plus de 32 milliards d'euros, et ce déséquilibre ira en s'accentuant en raison de la crise de 2008, du fort taux de chômage frappant plus particulièrement les jeunes, et de l'augmentation du nombre de retraités. Entre 2005 et 2007 le nombre de retraités ayant droit est passé de 13,6 à 14,5 millions. En 2007, les pensions représentaient 13,3 % du PIB français selon l'INSEE et 13% selon l'OCDE. La croissance annuelle des pensions de retraite est au minimum de 4,2 %. A croire les chiffres du dernier recensement réalisé par l'ONS, l'Algérie compterait plus de 37 millions d'habitants au 1er janvier 2012, plus exactement 37,1 millions. Les prévisions de cet office des statistiques prévoient presque 800.000 habitants de plus pour janvier 2013 en se basant sur le rythme de croissance de la population fait en 2011. Ce chiffre est entièrement conforme au taux de natalité enregistré par l'Algérie depuis de nombreuses années. Cela signifie que le pays, dans ses prévisions de croissance, doit nécessairement trouver les voies et moyens pour structurer son économie pour prendre en charge les nouveaux arrivants et leur assurer leur scolarisation, leur logement, une place dans le marché de l'emploi et les conditions adéquates de protection sociale. Ce n'est pas une mince affaire que de mener à bien ce genre de prospectives sachant que le taux d'accroissement de la population algérienne, malgré la crise du chômage et du logement qui est loin de s'atténuer, s'aggrave avec les nouvelles vagues de postulants. La population résidente s'est accrue en 2011 de 748.000 personnes, soit un taux d'accroissement naturel de 2,04 %. Ce taux d'accroissement naturel est considéré par l'office «comme important par rapport à celui observé lors des années 2000», ajoutant qu'«il annonce probablement le début de sa stagnation puisqu'il se rapproche de celui de 2010 (2,03 %)», alors que d'autres démographes considèrent que l'accroissement naturel ira en constante augmentation puisque l'Etat a, depuis belle lurette, oublié l'utilité du planning familial ainsi que sa politique de limitation des naissances afin de rattraper les retards enregistrés en matière infrastructurelle pour éviter la paupérisation de franges très importantes de la population. L'augmentation continue du nombre des mariages et de naissances est de loin plus troublante que les décès étant donné que l'accroissement de la population résidente a entamé sa progression en 2008 d'après les conclusions du rapport de l'ONS. L'office indique que le taux d'accroissement naturel a entamé sa progression dès 2008 avec 1,92 %, puis il est passé à 1,96 % en 2009, 2,03 % en 2010) et 2,04 % en 2011). Pour la natalité, l'ONS relève que la progression des naissances se poursuit avec une augmentation de 909.563 naissances vivantes en 2011 par rapport à 2010, soit une moyenne de 2.500 naissances vivantes par jour. Le volume des naissances vivantes a connu un accroissement relatif de 2,4 % en 2011. Cet accroissement est considéré par l'ONS «comme limité par rapport au rythme d'évolution observé ces dernières années». La répartition de ces naissances par sexe révèle 104 garçons pour 100 filles. De même, l'indice de fécondité n'a pas été affecté par les naissances : il est de 2,87 enfants par femme. En revanche, le rythme d'augmentation des naissances ces dernières années permet d'avancer que «le volume des naissances vivantes atteindra probablement le seuil d'un million en 2015», estime l'ONS. Le nombre de décès est de 162.000 en 2011, soit 3 % de plus par rapport à 2010, et s'est traduit par une légère augmentation du taux de mortalité qui est passé de 4,37 à 4,41 pour 1.000. L'espérance de vie à la naissance a progressé à 76,5 ans contre 76,3 ans en 2010 et 75,5 ans en 2009, soit 75,6 ans pour les hommes et 77,4 ans pour les femmes. La mortalité infantile continue de baisser en 2011, reculant de 0,6 point, alors que la mortinatalité (enfants mort-nés) a connu un important recul. Le nombre passe de 16.444 à 15.480, alors que le taux s'est réduit de 18,2 à 16,7 pour 1.000. Concernant la nuptialité, l'année 2011 se distingue par la forte augmentation des mariages ; ainsi, le taux est passé de 9,59 pour mille en 2010 à 10,05 pour mille, soit un total de 369.031 nouveaux mariages enregistrés. Malgré un accroissement du nombre de mariages de 3 % entre 2008 et 2009, le taux de nuptialité a subi un effet limité, passant de 9,58 à 9,68 pour 1.000 durant cette même période, indique l'ONS. La population algérienne a franchi le seuil de 30 millions d'habitants en 2000 et de 35 millions dès 2009 pour dépasser 37 millions en 2011, soit 7,1 millions d'individus en une décennie dont il faudra bien s'occuper. Pour l'instant, la manne pétrolière pourvoit tant bien que mal aux besoins les plus élémentaires. La question embêtante est de savoir pour combien de temps encore contribueront nos réserves pétrolières aux versements des pensions de retraite.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar Khelifi
Source : www.lnr-dz.com