
Dans une lettre ouverte au ministre du Tourisme et de l'Artisanat dont une copie nous a été remise par un membre du comité de village d'Aït Hichem et portant le sceau de l'association des femmes tisseuses pour la sauvegarde et la promotion du tapis dénommée "Azetta", le comité d'organisation de la 10e édition de la Fête du tapis d'Aït Hichem met à nu les velléités de certaines personnes malintentionnées qui visent tout simplement à saborder la Fête annuelle du tapis prévue au village d'Aït Hichem du 17 au 21 août prochain.Cette fête qui a été délocalisée depuis trois ans, plus précisément en 2014, à Tizi Ouzou, et ce, contre la volonté des villageois, a finalement retrouvé, cette année, les cimes du Djurdjura au grand bonheur des femmes de la région qui se réapproprient désormais un patrimoine cher à leurs yeux. "L'association Azetta du village Aït Hichem a été créée dans le but de redorer le blason d'une activité féminine ancestrale dans ses volets à la fois historique et anthropologique, mais à défaut d'une oreille attentive, c'est une levée de boucliers qui se dresse pour contrecarrer une activité féminine jusque dans les sphères les plus élevées de la hiérarchie administrative", lit-on dans l'entame de la déclaration.Le comité d'organisation dénonce ceux qui veulent accaparer une activité purement féminine, "ignorant les avancées acquises grâce à la révolution, confortée par les nouvelles dispositions en faveur de la femme dans le cadre de la consolidation de l'Etat de droit, de siéger d'égal à égal dans l'augusteAssemblée nationale, ramant à contre-courant de l'histoire, méconnaissant les bouleversements du pays dans la volonté affichée et encouragée par les milieux occultes pour maintenir la femme dans son statut de mineure à vie".L'initiative du comité d'organisation de cette 10e édition de rendre à César ce qui appartient à César fait apparemment face à des résistances qui disposeraient de soutiens forts comme en témoignent "les multiples convocations des autorités de la wilaya invitant les femmes tisseuses d'Aït Hichem à une forme de ?coopération' avec le commissaire du festival, qui sonnent comme une intimidation à peine déguisée", ajoutent les signataires de la déclaration qui considèrent que cet appel à un arrangement "ressemble, à s'y méprendre, à la paix des braves proposée au FLN durant la guerre de Libération nationale, euphémisme d'une reddition enrobée dans les oripeaux de la bravoure". Selon les protestataires, les man?uvres se poursuivent avec acharnement pour déposséder l'association des femmes tisseuses d'Aït Hichem de l'organisation de cette 10e édition de la Fête du tapis. "Nous réaffirmons notre volonté à mener notre combat dont la justesse constitue notre force et dans laquelle nous puiserons notre énergie. Qu'il soit bien compris que nous n'accepterons pas de nous mettre sous la coupe réglée d'une tutelle condescendante, paternaliste et patriarcale. La Fête du tapis aura bel bien lieu à la date fixée, envers et contre tous les chantages", conclut la déclaration.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : NATH OUKACI Kamel
Source : www.liberte-algerie.com