« Entre la maladie et le vaccin, je choisis ce dernier». Cet avis d'un
citoyen venu se faire vacciner contre la grippe A/ H1N1 prouve bel et bien que
les appréhensions observées en raison d'un débat «négativiste», suivi par nos
concitoyens sur des chaînes de télévision étrangères et de la réticence du
personnel de santé, est en train de se dissiper. Même si le bilan technique
reste en deçà des objectifs assignés, il n'en demeure pas moins que l'adhésion
progressive du corps médical à cette campagne de vaccination de masse, qui est
en fait un indicateur dans l'évaluation du système national de santé, est
considéré comme un élément positif qui peut débloquer la situation. Dans les
milieux sanitaires, on reconnaît le déficit en matière de communication et que
cette campagne ne peut être perçue comme étant une simple action technique,
mais qui doit être assurée par un personnel totalement convaincu.
C'est l'objectif que s'est assigné
le ministère de la Santé à travers l'organisation mercredi dernier à la salle
de conférences de la direction de la Cnas d'Oran d'une vidéo conférence avec la
participation d'experts qui intervenaient simultanément à partir d'Alger, Oran
et Constantine et qui a permis de recentrer le débat avec la primauté pour la
sensibilisation et des actions en amont. Pour plus de visibilité, nous avons
effectué hier une tournée à travers les trois centres de vaccination de l'EPSP
Hai Bouâmama, dont le bassin de population est estimé à 300.000 âmes et qui a
été officiellement félicité pour le travail accompli dans la réussite de cette
campagne qui s'est traduit par des résultats encourageants à plus d'un titre.
Selon Dr Mekaika, le médecin-chef du service de médecine préventive (SEMEP),
depuis l'entame de l'opération, le 31 décembre dernier, 359 personnes ont été
vaccinées, dont 36 agents de la santé sur les 200 concernés. Notre
interlocuteur a tenu également à préciser que la progression des chiffres
durant les trois semaines permet d'entrevoir des perspectives prometteuses,
sachant que la rémission actuelle observée pour la maladie n'est pas
définitive, car dans le cas d'un retour du froid, un autre pic de la pandémie
n'est pas à écarter et que tous les cas de grippe qui seront enregistrés
peuvent facilement être causés par le virus H1N1. Sur cette progression, le
même responsable a indiqué que si lors de la première semaine, seuls 39
personnes se sont faites vaccinées, dont 26 appartenant au corps médical,
durant la seconde semaine 109 personnes, dont 62 femmes enceintes, se sont
faites vaccinées. Durant la semaine qui vient de s'écouler, le chiffre a
littéralement doublé pour atteindre 219.
Deux observations ont été faites
par le responsable : primo, ce chiffre ne reflète pas la demande, car il est à
signaler que le nombre de citoyens qui se présentent est supérieur et que les
cas présentant des contre-indications sont soit carrément annulés (cas
d'allergies spécifiques) ou bien à qui on fixe un rendez-vous pour l'acte
vaccinal. Secondo, l'afflux est plus important en raison de l'adhésion
progressive du personnel de santé, notamment celui affecté dans les unités de
vaccination.
Interrogé sur les cas d'effets
secondaires, Dr Mekaika a indiqué que seuls 4 vaccinés ont été signalés et
présentant des rougeurs au point d'injection ou des nausées, des effets qui se
sont estompés après 48 heures. Par ailleurs et concernant le personnel médical
du secteur privé, le premier responsable de l'EPSP a expliqué que « rien n'a
été fait sur ce plan, en dépit d'une initiative prise conjointement avec
l'association des médecins privés pour la prise en charge par une unité de
vaccination. A la polyclinique Hai Bouâmama, hier vers 11 heures, 11 personnes,
dont 3 femmes enceintes, ont été vaccinées en plus des 4 cas de
contre-indications qui seront pris en charge ultérieurement. Selon le
médecin-chef de cette unité, en moyenne 20 personnes sont vaccinées
quotidiennement. Cela fera dire au premier responsable de l'EPSP qu'il est vrai
que ce chiffre reste inférieur aux prévisions initiales qui était de 80, mais
pour mieux rassurer les sujets, une consultation approfondie avec notamment une
prise de tension artérielle, s'est imposée d'elle-même et si dans le cas ou le
chiffre de 30 sera atteint dans les 3 centres, les conditions matérielles et
humaines sont déjà réunies pour l'ouverture de 3 autres selon la cartographie
définie au préalable et qui tient compte de la proximité. Même constat aux
polycliniques de Emir Khaled et Planteurs II où respectivement une moyenne de
15 à 20 personnes sont vaccinées chaque jour.
Les responsables de cette
campagne s'accordent à dire que par rapport à une conjoncture hostile à l'acte
vaccinal, les résultats obtenus jusque-là sont encourageants et ne sont nullement
fortuits, mais sont la résultante de tout un travail de groupe étant donné que,
comme l'a résumé le directeur de l'EPSP, si un maillon de la chaîne est
défaillant, c'est tout le procès qui est compromis.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah C
Source : www.lequotidien-oran.com