
Le département de la communication de l'université d'Oran 1 a rendu hommage à Hamana Boukhari. Ancien de l'Ugema, celui-ci est surtout connu pour avoir dirigé, entre 1966 et 1972, le bureau de l'APS (Agence Presse Service) au Caire, couvrant ainsi l'ensemble du Moyen-Orient.Il était déjà installé dans la capitale égyptienne où il avait suivi la plus grande partie de ses études. En tant que journaliste, il avait eu l'occasion de rencontrer plusieurs grandes personnalités du Tiers-Monde, notamment celles du Moyen-Orient. Il en garde un souvenir vivace. «Ce n'était pas moi, je n'étais ni fort ni extraordinairement doué, mais c'était la période qui était riche en événements et qui était intéressante», a-t-il indiqué, non sans modestie, précisant que le Caire sous Jamal Abdel Nasser était un centre politique non négligeable. «Je suis un homme ordinaire issu d'une famille très pauvre mais qui, dès l'enfance, avait une soif de savoir», ajoute-t-il.En effet, face aux étudiants qui ont assisté à la cérémonie, il a surtout axé son intervention sur l'éthique journalistique et la nécessité pour eux de ne pas lésiner sur l'effort pour chercher à s'instruire, le meilleur exemple étant sa propre réussite malgré les difficultés que rencontraient, à son époque, les enfants de son âge pour aller à l'école.Dans les années 1930/1940, à Guemar, une localité de Oued Souf, son temps était partagé entre l'école coranique et l'école française («Lcoulije» pour collège comme on continue à la dénommer). Son tempérament est tel que son intervention en arabe dialectal s'opposait franchement au ton académique privilégié par les organisateurs qui lui ont rendu hommage, dont le recteur de l'université.Il avait mille et une anecdotes à raconter, mais il s'est contenté de quelques unes pour montrer, d'un côté les portes qui peuvent s'ouvrir devant la carrière journalistique, mais aussi la nécessité d'être vigilant pour éviter toutes sortes de manipulations. Hamana Boukhari a également, à partir de 1972, embrassé une carrière universitaire, principalement à Oran.C'était un choix assumé, car au passage, il a dû sacrifier près des deux tiers de son salaire. Ses amis rappellent que c'est lui qui a ouvert la section en langue arabe du département de philosophie ainsi que les filières de psychologie. Lui-même a soutenu qu'il a dû se battre face aux sceptiques de son université, mais la période des années 70 était, de toutes les façons, favorable à l'arabisation et la décision était politique. Connu pour son franc-parler et son humour presque naturel, son intervention a suscité un vif intérêt au sein de l'assistance.La quête de savoir se traduit chez lui par les innombrables ouvrages qu'il a publiés sur des sujets divers et qui étaient exposés à l'occasion. Il a par ailleurs, selon lui, refusé les postes d'ambassadeur et même de ministre qu'on lui a proposés à un moment. Sa réponse était : «Khatini !» Qu'on peut traduire par «ce n'est pas mon truc !»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com