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Une ville, une histoire Une petite place au soleil d'Arabie



Une ville, une histoire                                    Une petite place au soleil d'Arabie
Situation - Abderrahmane aura une idée lumineuse mais osée : il écrira carrément au roi. Personne ne l'a jamais fait auparavant car on ne dérange pas le souverain.
On dit que la chance sourit aux audacieux mais une fois dans la vie.
C'est sans doute le cas de Abderrahmane. Il est né à Boussaâda qu'il quittera à l'âge de 30 avec son épouse.
Il n'y a rien dans cette ville qui le retienne, ni famille, ni travail, ni même l'espoir d'en avoir un.
L'horizon restait bouché.
C'est à Paris qu'il s'installera dans les années 60 avec pour tout bagage une parfaite connaissance de la langue arabe ainsi que de quelques versets du Coran qu'il a appris à l'école coranique.
Il vivra au jour le jour grâce à quelques petits boulots.
Mais c'est à la mosquée du XVIIIe arrondissement, à la rue Mira qu'il trouvera quotidiennement du réconfort.
Paris était à ses yeux une ville de perdition et ne voulant pas perdre son âme, il décidera de s'installer en Arabie saoudite après une omra.
Ce voyage n'était qu'un prétexte.
Là encore il vivra presque clandestinement et arrivera même à envoyer quelques mandats à son épouse restée en France.
Serviable et volontaire, toujours prêt à rendre service à La Mecque il finira par se faire énormément d'amis et tout le monde fermera les yeux sur sa situation administrative car les étrangers au royaume n'ont pas le droit de s'installer sauf dérogation spéciale du gouvernement.
Grâce à quelques appuis bien solides qui plaidèrent sa cause auprès de ce prince presque inaccessible, il obtiendra ce document.
Mais pas question de regroupement familial.
Le petit tour-opérator qu'il avait créé et qui organisait des voyages pour les pèlerins de France et les émigrés algériens de façon générale ne lui permettaient pas de prétendre à plus.
Il écrira des dizaines de lettres et de suppliques à différents responsables pour l'autoriser à ramener sa femme, il n'aura droit qu'à un niet poli et courtois.
C'est alors qu'il aura une idée lumineuse mais osée : il écrira carrément au roi. Personne ne l'a jamais fait auparavant car on ne dérange pas le souverain pour une femme, même si elle était l'épouse.
Le roi lira la lettre avec le sourire semble-t-il, l'enverra au prince chargé du ministère de l'Intérieur qui l'enverra à son tour au prince chargé du vice-ministère de l'Intérieur.
Et miracle ce dernier le convoquera en tête-à-tête, l'écoutera et lui signera tous les papiers nécessaires pour autoriser l'épouse à venir.
En 2088 Abderrahmane opérait encore à Minen.
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