Ségrégation n C'est le lendemain matin que les enfants découvriront leurs surprises ' les fils de colons surtout et de notables ', les petits indigènes étaient exclus de la fête.
Nous sommes en 1950. En ce mois de décembre particulièrement pluvieux et froid Oran grelotte et frissonne.
Les rues sont désertes et tout est gris.
Pas tout. Au centre ville, boulevard Alsace Lorraine ou rue d'Arzew les gens se pressent pour envahir les magasins et acheter rapidement leurs cadeaux.
Ce soir à minuit le père Noël entrera par toutes les cheminées pour apporter leurs cadeaux aux enfants.
Et en fait de cadeaux les gosses n'avaient pas grand choix à cette époque.
Tout ce que les devantures proposaient allaient des bonbons, aux toupies en passant par les trottinettes et les bicyclettes et parfois jusqu'au petit appareil de projection cinématographique mais qui était hors de portée.
La nouveauté cette année était l'ensemble cow-boy largement inspirée des films d'Hollywood.
Le kilt texan, un gilet en faux cuir, une étoile de shérif, une paire de menottes, un ceinturon muni de deux pistolets et bien sûr des éperons avec ou sans bottes.
A quelques heures de la fermeture des magasins, tous les stocks étaient écoulés. Il ne restait plus rien.
C'est le lendemain matin que les enfants découvriront leurs surprises ' les fils de colons surtout et de notables ' les petits indigènes étaient exclus de la fête.
Curieusement ce matin-là, alors que les parents faisaient la grasse matinée et que les enfants jouaient avec leurs cadeaux, le soleil et même un soleil printanier s'invita en ville.
Ce sera d'ailleurs l'occasion pour trois garnements âgés respectivement de 10,11 et 12 ans qui avaient reçu le même paquet cadeau et qui fréquentaient la même école de quartier d'étrenner leur nouveau jeu.
Ils décidèrent de descendre à Raz El-Aïn, un îlot où le béton n'avait pas envahi la nature pour se partager les rôles et jouer comme en cinéma. Le plus grand sera le shérif, le môme suivant son adjoint et le plus jeune du groupe sera le bandit.
Compte tenu de ce casting on demandera au bandit de prendre quelques longueurs d'avance pour aller ensuite à sa recherche.
Au bout de vingt minutes, l'adjoint mettra la main sur le bandit qui était caché derrière un arbre et appellera le shérif pour lui passer les menottes. C'était le jeu, et le jeu devait se terminer là.
Malheureusement les enfants voulurent aller plus loin pour faire aussi vrai que les films.
Ils pendirent leur ami au bout d'une corde, jusqu'à ce que mort s'ensuive...
Abdenour Fayçal
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com