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une rentrée universitaire sans ministre risque d'être compromise Abd El Malik Rahmani. Coordonnateur national du CNES



une rentrée universitaire sans ministre risque d'être compromise                                    Abd El Malik Rahmani. Coordonnateur national du CNES
Contrairement à son optimisme des années passées, le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) menace d'une rentrée universitaire houleuse, minée par le dossier du logement des enseignants et la restriction du droit à l'activité syndicale.
-Les préparatifs de la rentrée universitaire ainsi que les inscriptions qui se font sans ministre. Pensez-vous que cela peut influencer le déroulement de l'événement '
Vous devez savoir que cette vacance, qui dure depuis déjà plus de quatre mois, a paralysé l'ensemble de la dynamique de partenariat durement établi avec l'ancienne équipe, ce qui a provoqué de nombreux débrayages dans plusieurs universités durant les mois de juin et juillet, et qui risque de compromettre la rentrée dans plusieurs établissements. Ce dysfonctionnement a été contre-productif pour notre secteur, mais la question des inscriptions reste l'opération la mieux maîtrisée par le ministère.
-Quelques 230 000 nouveaux bacheliers vont rejoindre les bancs de l'université. Un nombre important qui vient s'ajouter aux centaines de milliers d'étudiants qui peuplent déjà les campus universitaires. Le CNES voit d'un mauvais 'il l'arrivée massive de nouveaux étudiants.
La politique de la massification a été un choix purement politique qui répondait à des considérations de démocratisation de l'enseignement, d'égalité des chances et de justice sociale, et non à des considérations d'ordre scientifique. Aujourd'hui, il est impératif de débattre de l'avenir de l'université algérienne, à la lumière de ses performances actuelles et des services qu'elle rend à la nation. Est-ce que l'université peut mieux faire ' Au CNES, nous disons oui. Il suffit de réunir les conditions de son épanouissement. Mais pour cela, il faut ouvrir un large débat sur la question de la massification. Les différents segments de la société, les partis politiques, l'Assemblée nationale doivent s'impliquer pleinement afin d'affiner les meilleurs choix à prendre en faveur de l'université algérienne, qui est appelée à jouer un rôle déterminant dans le processus global de développement. Le CNES considère que le problème de l'université algérienne dépasse de très loin les préoccupations du seul exécutif et de la seule tutelle.
La question de la massification de nos universités concerne l'ensemble de la société, car si elle donne l'illusion au peuple d'une société plus juste et plus ouverte à l'ascension sociale, elle influe en réalité sur la qualité de la formation et de la recherche, et donc du développement socioéconomique de la nation. Alors quel est l'avenir de l'université publique face à cette politique de massification, qui est plutôt exploitée pour gagner un pari social et non celui du développement'
-Lors de votre dernière sortie, vous avez menacé d'une rentrée universitaire houleuse. Vous dites que les enseignants reviendront à la charge. Pour quelle raison '
Trois questions fondamentales minent la rentrée universitaire. La question du logement reste la principale, car une totale opacité entoure ce dossier et la tutelle tergiverse durant les trois dernières années sans opter pour une stratégie claire et juste.
Au CNES, nous disons que le programme du Président doit rapidement être achevé ' jusqu'à présent seulement 10% de ce programme sont réellement réalisés ' et que ces logements reviennent de droit aux enseignants non bénéficiaires.
Quant à la question des droits et libertés syndicales, il faut reconnaître que depuis l'absence du ministre, la situation a atteint une dimension intenable qui nous inquiète sérieusement.
Il y a ensuite les problèmes d'ordre pédagogique et de recherche, notamment ceux liés à la gestion du «système LMD» et aux problèmes des enseignants doctorants, qui en s'écroulant sous les effectifs, ne trouvent pas assez de temps pour finaliser leurs thèses et qui en dépassant 6 inscriptions (comme prévu par la loi) trouvent d'énormes difficultés pour faire aboutir leurs travaux.
-Le CNES est en colère quant aux suspensions des enseignants. Que comptez-vous faire '
Rétablir nos collègues dans leurs droits est notre priorité. A la rentrée, le Conseil prendra toutes les dispositions nécessaires pour faire valoir nos droits. La tutelle doit prendre nos revendications au sérieux.
-Vous accusez certaines parties de vouloir casser l'université publique pour ouvrir les portes au privé. Pouvez-vous être plus clair '
Oui. La situation à l'université publique est plus qu'inquiétante. L'absence d'une gestion démocratique et d'une véritable politique de partenariat ouvre les portes à toutes les dérives et préparent ainsi, et logiquement, à un état d'esprit qui encouragerait l'ouverture d'universités privées qui se consolideraient au détriment des universités publiques, en attirant les meilleures compétences à travers des salaires attrayants et dopés. Il existe bien des cliniques privées et des écoles privées. Des universités privées sont à craindre.
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