
Il s'agit d'une rave party arrangée en pleine nature et qui entend réconcilier la technique et le naturel grâce à la musique électro et tout l'univers techno, deep-house, minimal et tech-house à travers une immersion totale dans l'ambiance, les sons et les parfums des bois. Cet événement a été organisé grâce au soutien de la Conservation des forêts, souligne Feryel Kolli, membre de l'équipe organisatrice, et qui met l'accent sur l'aspect écologique de ce mini festival.Le public est venu nombreux cette fois-ci, alors que le premier festival a été marqué par quelques «ratages» qui ne font qu'incarner justement l'esprit des rave partys : «La première fois, nous avons passé une heure à chercher dans toute la forêt. L'objectif était de suivre le son pour trouver le site où se tenait l'événement, mais tout le monde n'a pas pu venir bien qu'il y ait eu beaucoup de personnes qui s'étaient déplacées pour ça», commente Réda, un jeune croisé sur les lieux. Mlle Feryel explique : «C'est justement l'esprit des raves.Il faut être débrouillard et faire avec les moyens du bord, trouver des plans et opter souvent pour le système D. Concernant le lieu, le principe des techno-forest est justement de suivre le son et ne pas donner trop d'indications car, à la base, il s'agit d'une sous-culture et dont les événements s'organisent dans des cercles restreints. Pour notre part, nous avons choisi de faire les choses avec des autorisations et toutes les normes de sécurité nécessaires».Notre interlocutrice avance le nombre de 200 participants au moins, dont beaucoup de jeunes, des familles. «Un public plus nombreux que la première édition», dit-elle.Et d'ajouter : «On n'hésitait pas à aller voir les participants les plus timides pour leur parler du concept Naturatek, la démarche éthique qui en découle tant sur le plan environnemental que culturel.Comme pour le Naturatek 1, on a opté pour un événement simple et sécurisé en journée avec de la techno bien sûr, un plus grand line up de 5 DJ du Algerian techno movement (ATM) qui unifiait à l'occasion la communauté d'Oran et d'Alger, un barbecue et tout le nécessaire pour préserver la propreté de la nature : trois poubelles de tri, pour le verre, le papier et le plastique». Les organisateurs ont également lancé un message de prévention et d'autres sacs pour ramasser les ordures à la fin de l'événement.L'événement Naturatek durant toute l'année 2017Deux semaines après une première édition, les internautes d'El Bahia réclamaient un Naturatek 2, mais plusieurs amateurs et passionnés se sont déplacés de plusieurs wilayas. «On a vu de nouveaux visages. Des gens se sont déplacés d'Alger, de Tlemcen, de Sidi Bel Abbès et le public oranais était au rendez-vous bien sûr.On a revu aussi des visages du Naturatek 1, et là on a compris que pour fidéliser un public autour de la culture techno, il fallait organiser un maximum d'événements, en focalisant sur la communication, une campagne via les réseaux sociaux active, mais aussi le bouche à oreille».Pour les organisateurs, la musique techno réunit des millions de gens dans le monde et elle est pratiquée et écoutée en Algérie par une minorité de passionnés. «Le public algérien est friand et demandeur de nouvelles initiatives. Lors du Naturatek 2, la scène ne s'est pas vidée une seule seconde, certains participants ont probablement entendu parler de techno et dansé sur cette musique pour la première fois de leur vie, mais ils l'ont fait et ont découvert une autre culture», commente notre interlocutrice. L'événement n'a pas séduit uniquement les jeunes mais même les autorités y prennent goût, à l'exemple de la Conservation de forêts qui y voit une occasion de promouvoir la culture d'éco-responsabilité.D'ailleurs, une autorisation a été délivrée aux DJ pour organiser ce festival tout au long de l'année 2017. Feryel déclare : «La Conservation des forêts nous soutient depuis le début de l'aventure. Elle nous a accordé une autorisation prolongée pour toute l'année 2017 dans toutes les forêts d'Oran. On a même animé, en collaboration avec la même institution, un événement festif à la forêt de Canastel à l'occasion de la Journée internationale des arbres et des forêts le 18 mars dernier, soit trois jours avant la date. On a planté des arbres ce jour-là, la démarche collait parfaitement avec l'esprit Naturatek».Et justement, c'est depuis cet événement, le 18 mars, que l'idée a germé pour être concrétisée quelques jours après. «On a lancé notre page Facebook 10 jours avant le Naturatek 2. Au bout de 10 jours, on avait déjà totalisé plus de 1000 ??j'aime''. On a aussi eu le soutien essentiel de six sponsors.On a publié un itinéraire avec photos, pancartes et flèches jusqu'à l'entrée de la forêt en prenant tout de même le soin de laisser les participants arriver en se repérant grâce au son comme le veut la tradition de la rave en forêt», ajoute l'organisatrice. En somme, Naturatek représente, pour ces passionnés, l'aboutissement de tout un projet qui prend forme, à savoir raviver et pérenniser une culture techno qui existait déjà et qui a été incarnée par d'autres figures algériennes avant la génération de DJ actuels, comme le souligne Feryel.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Redouane Benchikh
Source : www.elwatan.com