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Une petite leçon au grand donneur de leçons



Dans son édition du 2 mai 2016 et dans un "commentaire" publié en page 24, le journal gouvernemental El Moudjahid a, une nouvelle fois, cité notre journal, Liberté, se substituant, lui aussi, à cette fantomatique Autorité de régulation de la presse écrite. Notre journal est ainsi accusé, notamment, de vouloir "régler des comptes" et d'avoir, "au nom de la liberté de la presse", lancé "une cabale d'une rare violence" contre le "ministre de l'Energie et des Mines".L'auteur de l'article voulait sans doute écrire "le ministre de l'Industrie et des Mines" puisque c'est bien lui qui avait été cité dans l'affaire Panama Papers. Passons sur cette confusion, surtout que ce journal n'en est pas à sa première du genre.Dans son commentaire au titre évocateur ("La liberté, chiche"), l'auteur jubilait de voir le nom d'Issad Rebrab mêlé gratuitement et indûment à cette scabreuse affaire d'évasion fiscale dans laquelle a trempé le ministre de l'Industrie et, heureux de pouvoir enfin nous faire la leçon, il nous mettait au défi de traiter la prétendue implication de M. Rebrab comme nous l'avions fait pour M. Bouchouareb.Mais les vessies ne sont pas des lanternes, messieurs d'El Moudjahid. À l'heure où vous rédigiez votre article, Liberté avait déjà fait son boulot. Comme il se doit et comme l'exigent les règles du professionnalisme (lire notre édition du 2 mai 2016, page 2).Sauf que, pour votre malheur, M. Rebrab s'est exprimé entretemps, contrairement à M. Bouchouareb dont les explications sont toujours attendues par les Algériens et, donc, par les médias, dont Liberté. Pour votre malheur aussi, le directeur de l'organe ayant publié la fausse information sur M. Issad Rebrab s'est rétracté et s'est excusé publiquement. Les excuses du journalLe Monde à M. Bouchouareb, quant à elles, sont également toujours attendues. C'est promis : nous nous en ferons l'écho dès qu'elles tomberont. Pourvu qu'elles tombent un jour ! Mieux, nous serons même très heureux de savoir que notre ministre de l'Industrie est probe et honnête. Mais, peut-on encore oser l'espérer ' Comme vous l'avez constaté ainsi que nos lecteurs, Liberté a donc fait état de l'ensemble des faits liés à cette pseudo-affaire : la publication de la fausse information par Ennahar online, le retrait de ce faux scoop, la réaction d'Issad Rebrab, les déclarations de la direction de la communication du Groupe Cevital. Et notez bien que nous n'y avons ajouté aucun commentaire enflammé et signé d'un pseudo, comme vous aimez tant le faire ! Votre jubilation aura donc été de courte durée, et vous nous en voyez sincèrement désolés.Nous sommes conscients que nous venons, par ces lignes, vous donner des explications auxquelles nous ne sommes pas tenus et que vous n'êtes pas fondés à nous demander. Surtout pas vous. Liberté a sa propre ligne éditoriale, il en est seul maître et compte bien le rester. Et, Dieu merci, cette ligne éditoriale n'est pas celle d'El Moudjahid. Ainsi va la liberté de la presse, ainsi va le pluralisme médiatique et il n'y a que l'importance des lectorats respectifs des journaux, du moins pour ceux qui en ont un, pour faire la différence.Pour autant, nous n'allons pas rater l'occasion que vous nous donnez de vous faire un peu la leçon :1- Vous avez superbement ignoré tout sens de l'éthique en rapportant une fausse information, 12 heures après la révélation de sa fausseté, 12 heures après les excuses du média qui en avait fait état en premier.2- Vous avez foulé aux pieds toute considération professionnelle ou déontologique en ignorant un communiqué rendu public par une personne incriminée injustement.3- Ce faisant, vous vous êtes rendu complice, de façon manifeste et indiscutable, d'une manipulation grossière dont le but évident était de nuire à la réputation d'un capitaine d'industrie dont le seul crime, nous y voilà, est de ne pas figurer parmi les préférés de M. Bouchouareb. À propos de règlement de comptes, on ne peut pas faire mieux. Et cela se comprend : El Moudjahid est assurément une vieille école en la matière. "L'éditorialiste de Liberté va-t-il nous livrer sa brillante lecture des faits ou va-t-il, tout simplement, se transformer en marmotte '", vous interrogiez-vous, avec cet espoir déclaré de pouvoir enfin nous prendre en flagrant délit de duplicité.La réponse est sous vos yeux. Cherchez-y donc la moindre trace du début du commencement de l'ombre d'une duplicité."Liberté"


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