Constat n Le suicide des enfants est un phénomène mondial auquel n'échappent pas les petits Algériens.
C'est une réalité même si aucune étude n'a été menée jusqu'à présent autour de ce geste extrême.
Reconnaître le suicide des enfants comme étant un phénomène qui a pris de l'ampleur serait reconnaître la souffrance infantile et l'acte désespéré qui peut en découler.
Tous les enfants notamment en préadolescence risquent d'y penser et d'y être confrontés, avertissent les spécialistes. Ce n'est qu'à ce moment, d'ailleurs, que l'entourage se rappelle avec regret les moindres gestes, paroles et faits de la victime. Un comportement souvent peu pris au sérieux pour faire appel à un psychologue ou un pédopsychiatre.
Et nous voilà dans le vif du sujet : la peur du qu'en-dira- t-on impose le silence et aggrave, au vu et au su des parents, le cas de l'enfant suicidaire qui finit par imploser et régler ses comptes avec lui-même. Les partisans de la fatalité continuent ainsi à mettre le suicide sur le compte du destin et des justifications qui relèvent du charlatanisme. Une douce manière de fuir une culpabilité qui n'est pas près de s'effacer avec le temps. Ces pratiques ancestrales continuent malheureusement à peser sur un segment important de la société.
La passivité dans la prise en charge des enfants présentant une menace pour eux-mêmes, a atteint, aujourd'hui, un seuil intolérable. Si pour les uns, les causes de ce drame sont liées à la pression au sein de la famille, du milieu social ainsi qu'à la démission des parents.
Pour d'autres «les tendances suicidaires font partie de la culture de mondialisation qui favorise la propagation de l'individualisme et de l'isolement», estime Mme Samia Guettouche enseignante à l'Université d'Alger. Le passage à l'acte chez le suicidant «peut aussi bien être lié à l'éclatement de la cellule familiale, à des problèmes psychosociaux, à des troubles psychiques ou à ces deux causes à la fois», a, pour sa part, indiqué le Dr Moufak de l'EHS d'Oran. La médiatisation et la banalisation de la mort comme dans les jeux vidéo sont aussi très mises en avant dans la longue liste des facteurs incriminés.
Pour preuve, l'un des trois enfants qui avaient mis fin à leurs jours, en mars dernier, regardait souvent des films de violence, atteste une source de l'enquête judiciaire. Les antécédents familiaux à l'image du décès des parents ou le conflit familial seraient, en outre, responsables de 25 % des suicides infantiles contre 3 % pour l'abandon du foyer par l'un des parents.
Enfin, même si tous les enfants présentant des troubles mentaux (isolement, irritabilité, violence) ne sont pas forcément des enfants «suicidants», il est important de traiter les signes traduisant une angoisse et une vulnérabilité émotionnelle.
Assia Boucetta
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Assia Boucetta
Source : www.infosoir.com