Décidément, Oran ne sait pas quoi faire de la carcasse de Châteauneuf érigée il y a trente ans et jamais achevée. La dernière proposition concernant ce qui devait être un hôtel de vingt étages, est de transformer cette carcasse en centre d'affaires géré par la Sonatrach. Ce principe semble retenu, selon Kouider Metayer, vice-président de l'APC d'Oran chargé de la question de l'urbanisme. Mais cette proposition ne semble pas bénéficier de l'unanimité, notamment de la part des associations et architectes s'impliquant dans les débats se rapportant à la réhabilitation de Sidi El-Houari et son patrimoine historique. La raison invoquée est simple : un centre d'affaires contredit l'idée du patrimoine lui-même qui doit être, par définition, ouvert à tout le monde. Mais dans ce débat encore à ses balbutiements, la préservation du site historique du Palais du Bey, un des monuments les plus importants d'Oran, semble définitivement l'emporter sur d'autres considérations privilégiant le tourisme et les équipements lourds. Javier Galvan, un espagnol séjournant à Oran dans le cadre de la coopération, et chargé de l'élaboration du POS de Sidi El-Houari, a une autre idée d'affectation de cette carcasse décidément devenue encombrante. Pour lui, il est possible d'en faire un monument artistique, avec quelques équipements très légers tels que des cafés et des pizzerias pour les visiteurs. Mais, pour le moment, cet hôte d'Oran ne trouve pas d'interlocuteur à qui exposer son idée. Il se contente de la socialiser au niveau des associations et des personnes avec qui il est en contact. Il y a quelques mois, la Sonatrach avait émis le voeu d'acquérir la carcasse pour en faire un hôtel de haut standing. Son projet s'inscrivait dans la perspective de doter Oran d'infrastructures d'accueil de luxe. Oran qui doit recevoir quelque 4.000 participants de qualité lors du congrès mondial sur le GPL prévu pour 2010. Pour une manifestation de cette taille, la ville manque terriblement de capacités d'accueil. Mais ce projet est vite tombé à l'eau après une expertise effectuée par un bureau d'études étranger. Il semblerait que l'abandon, plus de trente ans durant, a fini par laisser des traces sur l'édifice jamais achevé. La proposition de la Sonatrach a soulevé la colère du ministère de la Culture, sans pour autant provoquer de polémique ouvertement entre les membres de l'exécutif. L'édifice se trouve sur le site du Palais du Bey, répertorié comme patrimoine national. Ce qui est établi, c'est que les dernières semaines, Châteauneuf a subitement suscité l'intérêt des officiels en visite à Oran. Abdelaziz Belkhadem, Noureddine Zerhouni et Chakib Khelil, pour ne citer que ceux là, se sont tous rendus sur les lieux. Ajoutons qu'en 2004, « Cereau Roosee », le bureau d'études belge qui a réalisé le projet de rénovation du grand Hôtel a, lui aussi, avancé une proposition au wali et au maire d'Oran de l'époque. Proposition tombée dans les oubliettes. Mais ce qu'on peut retenir, c'est que cet édifice attire de plus en plus l'intérêt des bureaux d'études et de consulting installés temporairement sur le territoire de la wilaya. En attendant une décision claire et surtout définitive, les responsables oranais, soucieux du patrimoine, tentent de régler la question d'un autre biais. Ils attendent une décision, une loi que doit promulguer le ministre de l'Habitat proclamant Sidi El-Houari un quartier d'utilité publique. Ainsi, ils peuvent intégrer la question de l'affectation de cette carcasse dans un cadre plus global. Pour mieux préparer le terrain au projet de réhabilitation et restauration de Sidi El-Houari, quartier chargé d'histoire et de mémoire, ils procèdent par petites touches. Tout récemment, ils ont obtenu un accord du ministère de la Défense nationale pour récupérer ce qui sert, actuellement, de centre d'information de l'ANP, mitoyen à la place du premier Novembre. D'ailleurs, l'esplanade de ce centre sera aménagée et constituera de fait un prolongement de la place. Ce qui permettra au grand public, selon les responsables locaux, de s'approcher davantage du Palais du Bey et de Châteauneuf. Certains ont proposé cet espace pour abriter le musée de la mer dont Oran rêve de se doter. Durant le mandat du maire sortant, Fort Lamoune, autre site historique, a été désigné pour recevoir le musée de la mer.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah Ziad
Source : www.lequotidien-oran.com