Pour avoir une certaine idée sur le nombre de gens qui cherchent à
trouver en ces jours un emploi, il suffit de se rendre à l'agence nationale de
l'emploi (ANEM), de préférence le matin, et de constater, de visu, la cohue qui
peut régner en ces lieux.
On ne peut, en effet, être qu'abasourdi de voir tant de personnes, des
deux sexes, désireuses de trouver un emploi et pointant sur place dès 8h du
matin afin d'avoir un maximum de chances de leur côté.
Des agences nationales de
l'emploi, dans la wilaya d'Oran, il existe en tout six: celle se trouvant à
Béthioua, celles d'Aïn Turck, Arzew, Gambetta, Oued Tlelat, et enfin l'agence
du Plateau. Si on a choisi de nous attarder sur cette dernière, c'est-à-dire
celle du Plateau, c'est précisément après avoir constaté l'incroyable nombre de
personnes qui s'y pointent chaque matin. Il faut savoir que cette agence
comprend le district sud d'Oran, entre autres El Karma, Es-Sénia et Chteïbo. A
peine entre-t-on à l'intérieur que déjà on peut constater le tohu-bohu : toutes
les chaises disponibles sont prises d'assaut, et cela au point où beaucoup se
résignent à rester debout. Au total, cela nous donne un espace plus que bondé.
«Heureusement que c'est climatisé», lance une des femmes présentes. A la gauche
de l'entrée, sur un tableau, sont placardées les offres du jour encore disponibles.
On peut alors y lire, à titre d'exemple: offre n°225, nature du contrat: CDD,
profil exigé: vendeur de pharmacie... ou technicien en hydraulique, ingénieur
en informatique, maçon, ou encore chef cuisinier. Lieu du travail: Oran Centre,
rond-point cité Djamel, ou encore tout simplement: Oran. Le tableau est scindé
en deux parties: d'un côté le secteur public, de l'autre le secteur privé. En
fait, en plus de ces deux secteurs, l'ANEM se charge également du secteur de la
main-d'oeuvre étrangère.
Après avoir fourni le dossier
nécessaire, qui comprend, entre autres: une demande de motivation écrite, un
extrait d'acte de naissance, 4 photos, 2 enveloppes avec adresses mentionnées
et, si besoin est, un certificat de scolarité. Le demandeur d'emploi n'a qu'à
se pointer, prendre son ticket et attendre son tour. Il lui est même
recommandé, pour contrer la foule, de venir aux aurores, et cela afin d'avoir
une chance d'être reçu le matin même. Car il y a cela aussi, ce n'est que
pendant la matinée, de 8h à midi que les demandeurs d'emploi peuvent postuler
pour un poste. On sent, à ce propos, le coordinateur, celui qui fait
l'intermédiaire entre l'administration et le public, sur le point de perdre
patience: tout le monde le tenaille de question: « c'est quand mon tour?», ne
cesse-t-on de lui demander.
Une fois le candidat reçu et
après avoir déposé son dossier, et lorsqu'une offre d'emploi pointe à
l'horizon, l'agence, généralement, le convoque aussitôt, nous assure-t-on. Il
faut attendre entre un mois et quatre mois pour que le demandeur puisse enfin
prétendre à un job, sinon davantage parfois. On nous assure aussi que du fait
que la grande majorité de ceux qui ont recours à l'ANEM sont généralement sans
bagage universitaire, les emplois qu'on leur offre concernent généralement les
travaux de manutention et autres du même genre. Aujourd'hui, nous confie un des
responsables, le grand problème auquel l'ANEM doit faire face est le manque de
coordination avec les centres de formation et les universités.
Pour rappel, l'ANEM est une
agence sous tutelle du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité
sociale. Elle est chargée de l'organisation, de la gestion et de la régulation
du marché de l'emploi. Ses antennes sont réparties à travers tout le territoire
national, avec en tout 11 DREM (direction régionale de l'emploi), 48 AWEM
(agence de wilaya de l'emploi) et 151 ALEM (agence locale de l'emploi).
D'autre part, il est à noter que
près de 500 entreprises ont signé des contrats d'insertion professionnelle avec
la direction de l'emploi depuis juin 2008. Ainsi, 8.522 jeunes ont été placés
en 2009 à Oran dont 3.717 universitaires placés dans le cadre du contrat
d'insertion des diplômés (CID), 1.610 jeunes de niveau secondaire dans le cadre
du contrat formation (CFD), et 2.925 dans les chantiers et l'artisanat dans le
cadre du contrat formation insertion (CFI). En outre, des contrats de travail
aidé (CTA) ont été signés, en 2009, avec 54 entreprises économiques.
Entrée en vigueur le 25 décembre
2005, la loi n° 04/19 du 25 décembre 2004 obligeant les employeurs, publics et
privés, de passer par les agences de l'emploi pour tout recrutement au sein de
leurs entreprises, semble donner ses fruits. En plus de gérer les offres
d'emplois par des agences spécialisées, cette loi aide à instaurer une
transparence dans le recrutement selon les capacités de chaque postulant et
lutter contre le chômage. Ainsi et durant l'année 2007, les agences locales de
l'emploi ont effectué 7.529 placements contre 4.655 placements effectués en
2006. Durant la même année (2007), l'agence en question a enregistré 22.301
demandes d'emploi contre 32.659 en 2006. Néanmoins, rares sont celles qui ont
renouvelé le contrat de travail aidé. En effet, la loi N°04/19 du 25 décembre
2004, oblige les employeurs à notifier à l'agence habilitée tout emploi vacant
dans leur entreprise qu'ils souhaitent pourvoir et de transmettre les
informations relatives aux besoins en main-d'œuvre et aux recrutements
effectués. Tout contrevenant aux dispositions de cette loi relative à la
notification des offres, et aux informations à transmettre à l'agence est puni
d'une amende allant de 10.000 à 30.000 dinars par poste vacant non notifié et
de 10.000 à 30.000 dinars pour tout recrutement effectué ou besoin de
main-d'Å“uvre non transmis à l'agence chargée du service public de placement. En
cas de récidive, l'amende prévue est portée au double.
La fausse décélération est
également punie. De leur côté, les entreprises sont contrôlées par les services
de l'Etat, tels les inspecteurs du travail dont la mission est de relever les
infractions liées à cette loi. Notons que l'agence nationale de l'emploi est
tenue de satisfaire l'offre d'emploi dans un délai maximum de 21 jours. A
défaut, l'employeur peut procéder au recrutement direct tout en informant
immédiatement ladite agence.
Par ailleurs, trois mille jeunes
ont été recrutés en 2009 dans la wilaya d'Oran, au titre du dispositif
d'insertion. Le dispositif d'insertion sociale des jeunes mis en place en 1994
vise, en priorité, à générer plus de postes d'emploi pour les jeunes chômeurs
et à les aider à la formation.
Ce quota se répartit entre les 26 communes de la wilaya, soit 200 postes
de plus au titre du même dispositif, sachant que les secteurs les plus
pourvoyeurs sont les collectivités locales et l'Education nationale. Chaque
jeune perçoit, dans le cadre de ce dispositif, une prime mensuelle de 2.500 DA,
alors que cette opération permet d'aider les jeunes chômeurs à acquérir une
expérience en matière de formation et à leur ouvrir des perspectives dans le
monde du travail.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : El Kébir A
Source : www.lequotidien-oran.com