Bouleversé par la tragédie des derniers harraga morts noyés, au large des côtes d'Oran, après que leur embarcation de fortune eut pris feu, un jeune Oranais installé en hexagone aurait posté récemment un message émouvant sur les réseaux sociaux où, montrant quelques images de ses amis de quartier perdus lors de ce drame, il écrit ce qui suit : «Je suis triste pour moi-même, je suis triste pour mon quartier, je suis triste pour Oran, je suis triste pour notre jeunesse, je suis triste pour toute l'Algérie, je suis en deuil pour les miens !» Plus loin, il poursuit son texte en s'interrogeant : «Que faire mon Dieu pour ensemencer les graines de l'espoir dans le c?ur de nos jeunes et les rattacher à leur pays ' Que faire pour leur rendre l'envie de vivre chez eux, de croire en eux-mêmes et en leur destin ' Que faire pour sauver cette Algérie irrécupérable, corrompue et mal gouvernée de la noyade ' Ce système en faillite est si pourri, si paralysé-paralysant, si liberticide, si étouffant que les miens ont fini par baisser les bras et perdre toute volonté de résistance pour changer leur quotidien, pour croire qu'un effort ou une initiative politique quelconque vaillent le coup ! Ça y est, ils n'ont trouvé rien d'autre que la fuite comme solution !» La fuite comme solution ! Voilà un gros mot qu'on lâche, ces derniers temps en Algérie, comme un slogan de bravoure et qui fait craindre le pire dans les années à venir. Comment expliquer tout ça pardi ' Comment expliquer cette déliquescence politique, sociale, économique, morale, etc. ' Comment peut-on faire comprendre à un étranger, par exemple, que les jeunes d'un pays-continent comme l'Algérie meurent au large de la mer, dans leur tentative désespérée de le quitter sur des embarcations de fortune, alors que ceux qui tiennent les manettes n'ont daigné même pas, extrême offense, mettre en place des cellules de crise pour en parler et y remédier ' Comment le convaincre que l'Algérie ne peut être une terre de bonheur avec tout le potentiel dont elle dispose ' Tout s'emmêle en fait dans notre chaos. Les Algériens se réveillent sous le choc de ces nouvelles de harraga qui, il y a quelques années en arrière, n'étaient même pas envisageables dans la rubrique des faits divers. Le pays se vide de ses forces et de ses compétences.L'hémorragie n'est pas près de s'arrêter, elle risque même de s'accentuer davantage, vu l'accumulation des effets de la crise et la démission affligeante de nos officiels. Le sentiment général d'abandon de la population se jumelle au mépris des autorités et à l'éloignement de toute perspective de transition politique. Les facteurs de l'anémie nationale sont complexes et, affaibli, le corps de la nation éprouve les pires difficultés pour se remettre en mouvement. Pour bouger…
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamal Guerroua
Source : www.lequotidien-oran.com