Echec - Tous les mécanismes mis en place par les pouvoirs publics se sont, jusque-là, avérés impuissants face à l'inflation galopante qui mine l'économie nationale.
En 2012, le taux d'inflation a presque doublé par rapport à 2011. Les statistiques officielles rendues publiques récemment font état d'un taux d'inflation de «8,9 % contre 4,5 % en 2011». Une hausse qualifiée de «phénoménale» par les spécialistes en économie, qui expliquent que cette tendance est due à la faiblesse de la production nationale et à l'absence d'un système de contrôle rigoureux des prix au niveau des marchés de gros et de détail.
En l'espace d'une année, les prix ont grimpé de 9 %, a encore indiqué le bulletin de l'ONS, expliquant cette situation par «une forte augmentation de plus de 21 % des prix des produits agricoles frais». Tant que l'Algérie est dépendante de l'importation, toute hausse au niveau des marchés mondiaux retombe inéluctablement sur les consommateurs qui doivent recourir au système «D» pour subvenir à leurs besoins, comme ils peuvent. Les produits alimentaires ont été les plus touchés par la hausse des prix, a encore indiqué l'Office national des statistiques, avec un taux de 12,22 %. Le secteur de l'agriculture peine toujours à couvrir les besoins du marché national, en dépit des multiples programmes de développement mis en place par les pouvoirs publics et les milliards qui sont investis ces dernières années à cet effet. «Les produits agricoles frais ont augmenté, entre 2011 et 2012, de 21,37 %, alors que les produits alimentaires industriels ont augmenté de 4,67 %», lit-on encore sur le même document. Dans un pays qui dispose de potentialités énormes en matière de terres fertiles, il est inadmissible que nous continuions de subir les effets des fluctuations des marchés mondiaux. Il n'y a pas si longtemps, l'Algérie était un pays exportateur de blé et de certains fruits et légumes, alors qu'aujourd'hui, elle dépend quasi entièrement de l'importation. L'exemple de l'orange, fruit de saison, qui se vend actuellement entre 160 et 180 DA est le plus édifiant. «Il suffit de passer près des plaines de la Mitidja pour constater dans quel état d'abandon se trouvent les vergers ; des arbres vieillissants et envahis de toute part d'herbes sauvages. Si ces champs étaient exploités à bon escient, les prix de ce fruit ne dépasseraient jamais les 50 dinars» , se désole Aâmi Ali, septuagénaire, habitant à Boufarik. Son analyse pertinente s'applique, il faut le dire, aux différentes filières agricoles et même industrielles, puisque tous les discours des responsables ne se sont toujours pas traduits en faits concrets. Les spécialistes estiment que tant que le pays ne compte pas sur une production locale à même de satisfaire les besoins du marché national, toute revalorisation de salaire ou autre tentative visant à améliorer le pouvoir d'achat des citoyens est inéluctablement vouée à l'échec. Idem pour les dispositifs de régulation et de contrôle des prix qui restent vides de sens, ce qui nécessite une stratégie globale prenant en compte l'ensemble des paramètres pour atteindre les objectifs escomptés. Un plan vivement attendu qui reste à voir le jour...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A H
Source : www.infosoir.com