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Une histoire de compétences'



Une histoire de compétences'
Photo : Riad
De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali

L'enseignement de l'histoire a toujours été un casse-tête pour les enseignants et suscité de nombreux travaux sur la manière d'amener les élèves à s'intéresser, dès leur jeune âge, à une discipline qui participe de la construction de leur personnalité. «Il faut aider les enfants à se repérer dans le passé et à se situer dans le présent», proposent des professeurs pour lesquels cet impératif constitue l'une des premières compétences des enseignants qui aidera l'élève «à prendre conscience du passé et se structurer les repères du présent». Ce qui, on le conçoit très aisément, n'est pas à la portée du premier venu. Il faut, en effet, une sacrée dose de pédagogie pour susciter l'intérêt sur des questions qui, si elles peuvent remonter très loin dans le passé, ont déterminé le présent. «Dans ce cas de figure précisément, la pédagogie ne suffit plus et l'enseignant est appelé à puiser dans son imagination pour rendre la matière attractive et susciter des questionnements chez son auditoire», dira un pédagogue.Or, pour réaliser cet exploit auprès d'élèves déjà marqués par la lourdeur de la discipline, l'enseignant doit être bien formé, débarrassé des contraintes de la vie socioéconomique et bénéficier du soutien de sa tutelle. «Et ce n'est pas le cas, poursuit notre interlocuteur. Non seulement, les enseignants ne sont pas bien formés mais, comme vous le voyez tous les jours, ils doivent faire face à une multitude de problèmes professionnels, économiques et sociaux qui rendent leur mission quasi-impossible. Comment leur demander de se dépasser dans un environnement pareil '»Il est vrai que les multiples mouvements de grèves illustrent toute la difficulté des enseignants à mener à bien leur mission, rendue d'autant plus difficile que les élèves constatent dans la société que les études ne sont pas gage de réussite et pourraient même constituer un motif d'échec. «Malheureusement, la société algérienne en est arrivée aujourd'hui à glorifier les affaires et les divers trafics au détriment des études. Mon fils aîné qui est aux portes du lycée jure qu'il n'ira pas au-delà du baccalauréat parce qu'il veut faire des affaires. Selon lui, les études ne servent à rien. Comment lui donner tort lorsque les meilleurs exemples de réussite qu'il rencontre tous les jours sont basés sur le trafic en tous genres '», s'alarme un parent qui ne cache son désarroi et son dépit. Ce n'est pas uniquement la discipline de l'histoire qui est en cause -encore que parmi les matières, c'est l'une des moins appréciées par les élèves- mais l'utilité même des études dans une Algérie «gérée par les affaires».Malgré tout, il existe des enseignants qui continuent de croire que les choses peuvent et vont changer, et que le blason de l'école sera redoré. «L'Algérie va changer, c'est inéluctable, estime un universitaire, féru d'histoire. Le monde est en train de changer et nous ne pourrons pas y échapper. La valeur de l'homme ne s'estimera plus à l'épaisseur de son portefeuille mais à la qualité de ses diplômes et ses compétences. Regardez autour de vous : les plus grandes sociétés sont gérées par les meilleurs, qui ont obtenus les meilleurs diplômes dans les plus prestigieuses universités. Nous n'avons plus d'autre choix que de soigner notre école ...»Il reste que, pour le moment, enseignants et parents d'élèves sont unanimes à considérer qu'il reste encore beaucoup à faire avant de réussir à amener les élèves à considérer l'école d'un 'il nouveau. Quant à l'histoire, c'est une autre histoire'


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