« ...Ce conflit est légitime et vital pour la sécurité des Français. Nous ne pouvons pas espérer conserver nos modes de vie et notre prospérité si nous n'allons pas à l'extérieur du territoire national participer à la stabilisation et au règlement des crises, à l'éradication des menaces qui finiraient immanquablement par venir nous menacer à l'intérieur du territoire national. » Ces mots en ne peut plus clairs ont été prononcés par le général Français de division deuxième section et ancien directeur du Collège interarmées de défense (CID), Vincent Desportes qui répondait aux questions des internautes pour le journal Le Monde.
Et pourtant M. Hollande, président « socialiste » de la république Française, élu depuis moins d'une année, a fait entrer son pays dans une guerre avec l'argument que cette dernière avait comme objectif d'aider le Mali, « pays ami ». Si la justice avait été l'objectif de M. Hollande, sauf mon respect, il aurait dû commencer par octroyer le droit de vote aux résidents étrangers non communautaires, Africains et Maliens en tête, comme il l'avait promis lors de sa campagne électorale. Nul ou presque ne peut être dupe des véritables intentions et visées des va-t-en guerre du moment.
La France, comme tant d'autres pays du Nord, savait ce qui se passait au Sahel en particulier après l'aide (désintéressée là aussi, nous avait-on dit) apportée par eux au peuple Libyen « ami », libérant par la même une bonne partie de l'arsenal militaire libyen, tombé entre les mains de groupes de plusieurs obédiences politiques et idéologiques, en tête ceux se revendiquant de l'islamisme. Il était plutôt facile de saisir ce qui était en train de se préparer, surtout depuis que l'entreprise AREVA si vitale pour le bien-être des gens du Nord, commençait à avoir de plus en plus de mal à faire rester ses employés Français dans la région du Sahel.
Cette guerre n'a rien d'une action désintéressée, gratuite, pas plus que ne le fut la « libération » de la Libye de son tyran. La France, soutenue par ses alliés Européens et Américains, ne cherche qu'à défendre son « protectorat » et à s'y renforcer. Les richesses que recèlent la région du Sahel, tous pays réunis, sont immenses et surtout nécessaires tant pour le présent que pour l'avenir des continents européen, américain et aussi asiatique. Pour la sauvegarde et l'amélioration de leur mode et cadre de vie, si envié par les Africains. Il faut assurer que le pétrole, le gaz, l'uranium, l'or et depuis pas longtemps le gaz de schistes soit toujours entre les « bonnes » mains avec l'aide des sous-traitants locaux qui sont aux commandes des pays qui composent la région. Pour les gouvernants du Sud et du Nord c'est du gagnant-gagnant. Mais on ne peut pas en dire autant des peuples, encore moins de ceux du Sud. Les sinistrés de cette guerre sont déjà à compter par milliers, en plus de ceux sur les lieux des combats. Il y a des milliers de familles qui au Niger, en Algérie, en Mauritanie, au Burkina Faso vivent quasi exclusivement du tourisme et de ses dérivés et pour qui cette guerre ne sera que malheur. Elle ne fera qu'enlever à ceux qui ont déjà le moins et donner à ceux qui déjà possèdent le plus.
Ne prônant pas l'inaction, une autre voie était possible, si peu (et pourquoi ') utilisée jusque là, la fermeté à travers le dialogue politique. Une multitude de groupes se font face dans ces régions, certains d'entre eux ont des revendications légitimes qu'ils brandissent depuis des lustres et de manière pacifique, Touarègues en tête. Il était tout à fait possible de trouver les accords nécessaires avec certains et isoler de fait les plus extrémistes des autres groupes. De toute façon cette guerre comme tant d'autres se finira autour d'une table par des négociations. D'ici là, pour les pays de la région Sahélienne, encore du sang, des larmes et de détresse économique et sociale, de quoi en jeter plus d'un vers l'extrême.
Il ne s'agit aucunement de dédouaner les dirigeants des pays du Sud. Ils sont les premiers responsables de la catastrophique situation que vivent leurs peuples. Pour beaucoup, leur gestion autoritaire, antisociale, corrompue, accaparant les richesses de leurs pays comme si cela était une propriété privée, sont le meilleur terreau pour que poussent l'extrémisme de tous bords. A force de mener ce genre de politique antipopulaire, ils ont fini par perdre toute légitimité et crédibilité à l'intérieur de chez eux et de ce fait se fragiliser à l'extérieur et par là-même être plus vulnérables aux injonctions et autres « conseils » émis par les dirigeants du Nord. A voir l'accolade de M. Hollande avec M. Bouteflika lors de la visite du président français en Algérie, il est clair que la France de M. Hollande ne va pas déroger à la règle, les affaires d'abord, la démocratie, les libertés et les droits humains pour plus tard.
« Et voilà que je te t'offre une usine de montage Renault pour ta belle ville d'Oran », « et voilà qu'a mon tour je t'ouvre mon ciel aérien pour que tu fasses joujou avec tes avions de combat »... Voici en substance et tant pis pour ceux qui pensaient que ça se passerait autrement. Qui aurait cru possible que l'Algérie officielle, si prompte à utiliser le passé pour se maintenir au présent, ouvrirait ses portes à une intervention étrangère, de surcroit de l'armée Française en Afrique Sahélienne '
Facile est la tâche qui incombe à l'habituelle presse liée aux Palais : montrer, faire parler les « pauvres » Maliens tout sourire remerciant la France d'Hollande venue les secourir. Il aurait été moins coûteux en vies humaines et en souffrances en tout genre d'aider l'Etat malien à subvenir au désarroi économique et social dans lequel il se débat depuis si longtemps. Cela est encore possible, mais ne rêvons pas. Certes, il est heureux de voir les coupeurs de mains et de têtes prendre la poudre d'escampette (mais vers où au fait '!). Il aurait étais plus heureux et judicieux de ne pas les laisser s'installer et aussi facilement qu'ils l'ont fait. A croire que les dés étaient depuis longtemps jetés pour qu'on en arrive là, avant d'aller encore plus loin, probablement.
« Il est clair que cette guerre va durer et que l'engagement français est un engagement de long terme. Les troupes africaines ne pourront repartir vers le Nord que dans plusieurs mois et on ne sait pas combien de temps prendra l'opération elle-même ». Là encore ce sont les propos du général Vincent Desportes dans le même journal français du soir. Il n y a plus grand monde pour croire que la guerre sera éclaire comme expliqué lors des premières heures de l'attaque. « Ils sont venus, ils ont vus mais ils ne repartiront pas de sitôt ».
Il ne reste que la mobilisation citoyenne, qui bizarrement est restée muette jusque-là, à commencer par la France, pour faire que cette guerre soit rapidement stoppée. Que les mouvements anti-guerre, de gauche, progressistes s'expriment et s'organisent contre cette guerre, y compris au parti socialiste Français. J'ai du mal, beaucoup de mal à penser qu'il n y a que Mrs. De Villeppin, Mélanchon ou Noel Mamère qui soient contre cette guerre en France. En Algérie également il y a urgence à voir se constituer un tel mouvement, l'enjeu en est encore plus important, car plus cette guerre va durer plus grands seront les problèmes, entre autres et non des moindres, celui de sauvegarder l'intégrité du territoire et l'unité du pays, justement.
Ce qui a cours en ce moment au Mali, aura à n'en pas douter, ses répercussions et vibrations sur le Nord, tant à Alger qu'à Paris. Cela a déjà commencé. Gageons qu'elles seront le moins couteuses possible.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hakim ADDAD
Source : www.maghrebemergent.info