Oran - A la une

"Une grande partie des essais nucléaires a été effectuée dans des pays colonisés "(universitaires)



Une grande partie des essais nucléaires dans le monde a été effectuée dans des pays colonisés, ont affirmé deux universitaires américains lors de la deuxième journée du colloque international "1962, un monde", organisé à Oran par le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC).
Dans une communication intitulée "le zénith nucléaire : 1962 comme apogée du colonialisme de guerre froide", Michael Broderick de l'Université Murdoch (Australie) et Robert Jacobs de l'université d'Hiroshima (Japon) ont observé qu' "à l'exception de l'ex URSS peu de pays ont effectué des essais nucléaires sur leur propre territoire", citant l'exemple de la France coloniale qui a fait ses expérimentations en Algérie sur des populations locales.
Les Etats ayant fait ces expérimentations "n'ont pas fait grande chose pour indemniser les populations locales", ont-ils souligné expliquant que leur projet de recherche milite pour "une étude des conséquences" de ces essais sur les populations, notamment au Nevada (USA) où des expériences ont été faites.
"Dans ces expériences, des centaines de populations ont été déplacés dans d'autres territoires et celles contaminées, parmi les cas avérés, n'ont pas été indemnisées", ont-ils évoqué soulignant qu' "il fallait attendre 1982 pour s'engager à les indemniser en puisant dans les intérêts bancaires".
Les deux conférenciers ont également indiqué que les puissances nucléaires dont les Etats-Unis "ont de tout temps essayé de garder dans le secret les dégâts humains, sociaux et économiques et que les procédures judiciaires d'indemnisation étaient par conséquent biaisées".
Le programme de la deuxième journée de cette rencontre a été également marqué par la tenue de séances parallèles où la conférencière Erika Nimis de l'université du Québec (Canada) a abordé l'histoire de "l'Algérie de 1962" à travers des photos d'archive.
Elle citera, dans ce contexte, le formidable travail de Mohamed Kouaci, photographe du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), qu'elle considère comme le père de la photo algérienne, "en témoigne le fonds documentaire que sa famille dispose et qui est "complètement oublié".
Une soixantaine de participants venus de plusieurs universités du pays et de l'étranger (Angleterre, Australie, Belgique, Canada, Etats-Unis d'Amérique, France, Hongrie, Irlande, Italie, Japon, Liban, Suisse et Tunisie) prennent part à ce colloque de trois jours, organisé dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance nationale et qui sera clôturé mardi.
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