Oran - Revue de Presse

Une explosion pourrait y causer la mort d’environ 450 personnes



Bendaoud, un village sur un volcan «Le village de Bendaoud, distant de 6 km de Relizane, est pratiquement assis sur un ‘volcan’.» C’est ce qui a été révélé hier, lors d’une rencontre sur la sécurité des ouvrages énergétiques qui s’est tenue au siège de la direction des Mines et de l’Industrie. Cette zone est effectivement classée à haut risque en raison de la présence de neuf canalisations de transport d’hydrocarbures (cinq oléoducs et quatre gazoducs) qui sont situées à un mètre à peine des habitations, de part et d’autre de ce village. Un village qui risque de connaître, en cas de fuite et en raison des empiètements du périmètre de sécurité (75 mètres, selon la réglementation en vigueur), une véritable onde de choc équivalente à 10.000 TNT pouvant causer la mort d’environ 450 personnes et faire 700 blessés. Selon M. Kasmia, chef du département de la protection des ouvrages énergétiques de la société RTO, une filiale de transport des hydrocarbures du groupe Sonatrach, «la menace est toujours pesante sur la population de ce village car, dans le cas d’une catastrophe, l’effet de souffle peut tout emporter, au point de toucher également les populations riveraines de la voie ferrée, sur un rayon de 4 kilomètres». La seule action qui a été faite pour l’instant, nous informe-t-on de même source, c’est la délocalisation d’un établissement scolaire situé à proximité de la nappe, en attendant le démarrage effectif du projet de déviation du réseau, pour sécuriser ce village situé à l’entrée de la ville de Relizane. Néanmoins, Bendaoud n’est qu’un échantillon révélateur des risques potentiels d’incidents qui peuvent surgir à tout moment, lorsqu’on sait que la wilaya d’Oran, elle aussi, abonde en exemples d’agressions sur les ouvrages énergétiques. Des ouvrages qui continuent, malheureusement, de subir, volontairement ou non, diverses formes de violation de périmètres de sécurité, ignorant ainsi le danger. «Un danger omniprésent qui menace aussi bien la sécurité des ouvrages que la vie des citoyens», comme l’explique Abdelmadjid Bouriah, directeur des Mines et de l’Industrie de la wilaya d’Oran, qui précise en outre que «la difficulté réside dans l’anticipation dans la gestion des projets, comme les installations des canalisations d’hydrocarbures, des produits pétroliers et gaziers, des lignes de transport et de distribution d’électricité, en raison de leur étendue et de leur implantation». «Encore faut-il, ajoute-t-il, qu’il y ait respect de la réglementation par les opérateurs économiques, les administrations publiques et, bien sûr, les citoyens». Selon un inventaire, effectué par les responsables de Naftal, neuf communes de la wilaya d’Oran connaissent des cas d’agression ou d’empiètement sur le tracé du pipe, sous forme d’habitations de fortune, ainsi que de puits et de bassins d’eau réalisés dans le cadre du FNDRA. Le plus grave est que certains agriculteurs ont également procédé à des plantations d’arbres fruitiers sur le tracé des canalisations. Des canalisations multi-produits qui traversent des points variés: oueds, filets d’eau, croisements importants de routes, voies ferrées... Sur ce sujet précisément, il a été dévoilé deux risques potentiels : un gazoduc découvert à Hassi Mefsoukh et la décharge de Hassi Ben Okba, comme l’a souligné un cadre de Naftal qui a mis en avant l’impératif de création d’un service de surveillance par chaque gestionnaire de réseaux, à l’issue de cette rencontre qui a été présidée par le secrétaire général de la wilaya d’Oran, en présence des représentants du ministère de tutelle, des directions régionales de Sonatrach (RTO), de Naftal, des compagnies de transports de gaz et de Sonelgaz. Une rencontre qui a été mise à profit par les participants, particulièrement les SG des communes, pour sensibiliser l’ensemble des acteurs locaux - gestionnaires et élus - sur la prise en charge de ces infrastructures vitales et sur le devoir de protection de ces ouvrages, compte tenu des enjeux économiques et sécuritaires qu’ils représentent. Il s’agit en fait d’un patrimoine inestimable, non par sa valeur économique mais pour les énormes services qu’il rend à la population et qui nécessite une sécurisation maximale contre les actes de malveillance afin d’éviter de rééditer l’incident du douar Békhaïtia de Mohammadia (Wilaya de Mascara) où un pipe gazier a explosé en 2007. Un incident qui a emporté tout un site d’habitats illicites édifiés en violation de la loi sur l’urbanisme. Enfin, concernant le dépôt de carburant et de stockage de Naftal, dans le district de Petit Lac, la démarche qui a été retenue et qui semble être très avancée, selon les gestionnaires de cette entreprise, est son prochain transfert. Safi Z.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)