Visiblement
accablé de remords, A.M., au bord de la quarantaine, resté presque muet
d'émotion tout au long du procès, regrettait hier son acte ayant coûté la vie à
son copain. De cette « nuit maudite » du 20 avril 2008, il ne se souvenait de
plus rien car, expliquait-il, « j'étais sous l'emprise de l'alcool et de
comprimés psychotropes ». Une histoire banale qui prend une tournure dramatique
: décès d'un homme. L'accusé, père de famille, comparaissait devant le tribunal
criminel d'Oran pour « homicide volontaire ». Sa victime, K.A., 29 ans, n'est
autre qu'un ami et voisin à lui. Après un dîner arrosé à Maraval, les deux
hommes décident d'emporter, sur leur passage par le Boulevard de Charlemagne,
quelques cannettes de bière. Quasiment ivres morts, ils prennent un des taxis
clandestins faisant la veille devant les débits de boisson. Aucun écart de
conduite n'est venu troubler le paisible trajet du centre-ville jusqu'à Aïn
El-Beïda, les deux passagers étant restés sages, d'après le récit du chauffeur,
cité comme témoin. Arrivés à hauteur d'une ferme dans la localité d'Aïn
El-Beïda, le téléphone de K.A. sonne, coupant le sommeil de son copain A.M. En
colère, ce dernier exige de son compagnon de choisir entre changer la sonnerie,
qu'il ne trouve pas à son goût, ou de mettre son appareil en mode vibreur. K.A.
refuse : « c'est mon portable, pas le tien ! Je suis libre d'en faire ce que je
veux ! ». Il n'en fallut pas plus pour faire sortir le gars de ses gonds. A.M.
sort un couteau de sa poche et assène un coup à son copain. Atteint de deux
coups au niveau du cou, celui-ci rend l'âme sur le champ. Le mis en cause prend
aussitôt la fuite. Ce détail, l'accusé ne s'en souvient pas non plus. Du moins,
c'est ce qu'il a déclaré hier à la barre. Au début, c'est le chauffeur du taxi
clandestin qui était le premier suspect. Il n'a dû sa disculpation et sa remise
en liberté qu'au témoignage du soldat de la caserne militaire du coin, qui, du
haut de son mirador, a vu le meurtrier prendre la poudre d'escampette, arme du
crime toujours en main. Le représentant du ministère public a requis la
réclusion criminelle à perpétuité contre A.M. Faits avérés contre leur client,
les avocats de la défense n'ont eu d'autre choix que de plaider les
circonstances atténuantes. Difficile à obtenir cette faveur de la Cour quand le
casier judiciaire de son client est entaché de... 33 condamnations. A l'issue
des délibérations, l'accusé a été condamné à la perpétuité.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Houari Saaïdia
Source : www.lequotidien-oran.com