Oran - Revue de Presse

Une commune riche en ressources et pauvre en projets de développement



Le chômage et le logement étouffent les Arzewiens Située à 40 kilomètres du chef-lieu de la wilaya d’Oran, connue comme étant l’un des plus grands complexes pétrochimiques à travers le monde et pour son port commercial, Arzew est incontestablement l’une des plus importantes communes de l’Algérie avec un budget annuel dépassant les 250 milliards de centimes destinés à répondre aux besoins d’une population de plus de 100.000 habitants… Ses atouts géostratégiques ne lui ont toutefois pas suffi pour être épargnée des problèmes dont souffrent habituellement les communes pauvres. En effet, la ville d’Arzew connaît, depuis quelque temps, beaucoup d’entraves qui ont pesé lourd sur son développement local, et cela, en dépit des efforts consentis par les autorités de cette dernière en vue de relancer les choses. Le grand problème qui étouffe la population d’Arzew, et notamment les universitaires et les diplômés, c’est bien le chômage dont la proportion serait estimée à 30%. Suite aux actions entreprises par la commune en vue de réduire ce taux, à travers le lancement de plusieurs formules d’offres d’emplois tels que des contrats de pré-emploi, des projets de micro-entreprises et ceux de TUP à HIMO (Travaux d’utilité publique à haute intensité de mains-d’œuvre), il s’avère que ces formules n’ont pu régler ce problème. Bien au contraire, ce taux ne cesse de s’accroître et le siège de l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes «ANSEJ» est devenu le seul lieu d’espoir pour les jeunes rêvant de quitter le monde de l’inactivité.Ce qui alimente la colère et l’indignation des jeunes de la ville, c’est bien «la fermeture des portes des unités industrielles implantées dans la région aux chômeurs de la commune, préférant ainsi embaucher des jeunes venant d’ailleurs». Cette situation a nécessité la mise en place d’une commission de suivi à laquelle a été confiée la mission de veiller sur l’application de la circulaire ministérielle qui porte sur la nécessité d’accorder la priorité aux recrutements de la main-d’œuvre locale. Selon un responsable de la commune d’Arzew, «le nombre de demandes dépasse de loin celui des postes d’emplois obtenus auprès de ces unités industrielles». A défaut de se voir embaucher par l’une des six zones d’activités industrielles d’Arzew, il reste toujours aux chômeurs de la ville un choix à faire, celui du port d’Arzew qui a recruté, ces deniers temps, un bon nombre de jeunes. On notera ici qu’en ce qui concerne le projet des 100 locaux commerciaux inscrits pour l’ensemble des communes du pays, les travaux n’ont été lancés qu’au niveau du quartier «Plateau». Plus de 50% de la population est asthmatique En plus des problèmes de chômage, les habitants d’Arzew souffrent de l’un des aspects les plus nuisibles de l’avancée technologique, celui de la pollution qui s’est emparée de l’espace terrestre et maritime à la fois. L’unité de production de l’ammoniaque, à elle seule, «présente un danger majeur pour la santé des citoyens dont une bonne partie est contrainte de fuir les lieux pour s’installer ailleurs». Le problème du logement est l’autre grand souci qui rend l’avenir des habitants de la ville d’Arzew moins clair, voire moins sûr à leurs yeux. La commune recense près de 500.000 demandes de logements en l’absence de grands programmes susceptibles de rattraper ce déficit, à l’exception de 230 unités en faveur de la population d’El Mohgoun dont les travaux de réalisation n’ont pas dépassé la pose de la première pierre ou bien le programme d’habitat dont a bénéficié le quartier d’Aïn Khlifa Ben Mahmoud et dont le taux des travaux est au stade de 20%. Ce qui complique davantage la crise du logement dans cette localité, et en dépit de la disponibilité du foncier approprié -selon les responsables locaux, il existe huit hectares de superficie vierge à «Plateau»-, c’est le désintérêt qu’affichent les entrepreneurs promotionnels à l’égard de l’investissement dans le logement socio-participatif. 150 constructions précaires défigurent l’urbanisme de la ville Face au grand déficit de logements qui caractérise le secteur dans la commune d’Arzew, l’habitat précaire illicite est devenu le maître mot de la situation. Il ressort d’un travail de recensement effectué par la commission de wilaya que la commune compte 150 habitations précaires réparties sur sept points noirs. En outre, Arzew souffre de l’absence de structures modernes de santé à l’exception d’une salle de soins et l’hôpital d’El Mohgoun qui est devenu, par la force des choses, un hôpital régional et non pas local. Pis encore, un nombre important de malades admis à cet hôpital a fini par être transféré vers le CHU d’Oran. L’existence d’une zone industrielle aussi importante que celle d’Arzew nécessite, à elle seule, la réalisation d’une grande structure hospitalière et surtout, sachant surtout que cette zone est exposée à n’importe quel moment à un risque de catastrophes. L’hôpital d’El Mohgoun manque de plusieurs spécialités bien qu’il ait été doté, ces derniers temps, d’équipements modernes. Toutefois, les prestations médicales restent en deçà des attentes, notamment, pendant la permanence nocturne, non faute de volonté mais de moyens. D’ailleurs et selon les habitants de la ville, on ne compte pas de gynécologue dans l’équipe de nuit, ce qui nécessite souvent un transfert vers le CHU d’Oran. Absence de canalisation des eaux usées et crise dans le transport rural En l’absence d’un schéma directeur d’urbanisme, le centre-ville d’Arzew n’est pas doté d’un vrai réseau de canalisation des eaux usées. Les habitants ont donc recours aux vieilles méthodes que sont les fosses septiques. L’indisponibilité du transport, notamment, sur les liaisons rurales, a laissé le champ ouvert au marché des clandestins. Ce dernier semble avoir le quasi-monopole du marché du transport, notamment, pour ce qui est des lignes reliant El-Mohgoun à Benyebka et à Béthioua. Par ailleurs et avec l’approche de la rentrée sociale, le secteur de l’enseignement dans la capitale pétrochimique Arzew vit une situation qui est loin d’être enviable, en dépit de la disponibilité des infrastructures de base, à savoir trois lycées, dix établissements destinés à l’enseignement moyen et treize écoles primaires. En effet et malgré l’importance quantitative des structures éducatives consacrées au secteur, il n’en demeure pas moins que celles-ci souffrent d’une surcharge qui vient s’ajouter aussi au déficit constaté dans l’encadrement administratif et pédagogique. Concernant l’enseignement secondaire, la population représentée par les présidents des associations des parents d’élèves réclame la réalisation d’un quatrième lycée au quartier «Plateau», vu la grande pression dont souffre le lycée existant déjà dans ce quartier. Il a été, également, constaté un important déficit dans l’encadrement administratif et pédagogique, à l’exemple du lycée technique Amir Khaled. Quant au registre de la propagation des vols et des agressions dans les milieux urbain et extra-urbain, qui a poussé les habitants de la ville à réclamer une autre sûreté urbaine, cela est une autre histoire… Seddiki & S.A.
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