Oran - Revue de Presse

Une cité HLM dans tous ses états



Coincée entre la caserne de la brigade d'intervention de la police et le 17ème arrondissement de la sûreté urbaine de Sidi Mabrouk inférieur, la cité HLM, censée servir de modèle en matière d'hygiène et de propreté, est en passe de devenir un véritable chantier où se mêlent travaux inachevés, aménagements anarchiques, à l'intérieur comme à l'extérieur des logements... Ces 12 immeubles, datant de l'époque coloniale, autrefois fierté de Sidi Mabrouk inférieur, connaissent un dépérissement à grande échelle au vu et au su de ses locataires, spectateurs impuissants dont certains y habitent depuis plus de 50 ans. En matière d'hygiène, le constat est alarmant. « Auparavant, les immeubles étaient tous équipés de vide-ordures où les familles évacuaient leurs déchets ménagers qui aboutissaient dans un bac niché dans un espace fermé à clé et que les services de l'hygiène de l'APC vidaient chaque soir. Aujourd'hui, ces vide-ordures sont squattés par des locataires qui y déposent de vieux meubles, des pots de peinture vides et autres.

Certains n'hésitent pas à balancer les sacs d'ordures par la fenêtre derrière l'immeuble à l'abri des regards indiscrets », s'insurge un père de famille. «Toutes nos démarches pour y mettre un terme sont restées vaines », nous confient désabusés les locataires.

Que reste-il aujourd'hui du quartier des HLM de Sidi Mabrouk inférieur ? Des rues défoncées, des immeubles croulant sous les immondices, des espaces verts qui n'en sont plus, des fuites qui ont creusé les routes, créant ça et là de nombreux nids-de-poule qui font souffrir les véhicules des résidents. Aujourd'hui les locataires, qui se sont constitués en association, se démènent pour redorer le blason d'un quartier abandonné à son sort. L'association Essarama frappe à toutes les portes pour tenter de résoudre les problèmes qui indisposent quotidiennement les 280 locataires que comptent les HLM. La première initiative a été de solliciter la collaboration des services de l'APC, dans deux correspondances datées du 4 février et du 2 mai 2007, pour clôturer des espaces situés derrière les bâtiments, tenter de planter des arbres susceptibles de dissuader les locataires de jeter leurs sacs de poubelles et transformer cet espace en dépotoir. Selon les responsables de l'association, leurs correspondances sont restées lettres mortes jusqu'à ce jour. Si les services de l'ADE ont été prompts à intervenir pour réparer les fuites signalées par l'association Essarama dans sa correspondance du 24 mars 2007, il n'en demeure pas moins que les routes en contrebas des bâtiments 2b et 6a, où les services de l'ADE ont intervenus, sont restées en l'état, c'est-à-dire sans bitumage. « Nous avons également sollicité les services de la direction de la jeunesse et des sports pour éventuellement transformer la placette du quartier en terrain de proximité. Mais malheureusement là aussi, la DJS n'a pas jugé utile de prendre en considération nos préoccupations », dira un membre de l'association.

Après avoir épuisé tous les recours, les locataires ne peuvent plus que constater, impuissants, la dégradation du quartier. Aujourd'hui, avec 7 bacs à ordures pour 280 locataires, le quartier suffoque sous les odeurs nauséabondes des immondices accumulées derrière les bâtiments.

Selon les responsable de la DUCH, l'opération de réhabilitation des quartiers, lancée récemment, touchera également Sidi Mabrouk inférieur et l'ensemble des circonscriptions accusant un déficit en matière d'urbanisme et recensées par les services de l'APC.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)