
Il aurait été plausible de comprendre l'inquiétude dont faisait montre une frange de la «communauté» dite internationale, concernant le programme nucléaire iranien si, dans le même temps, elle montrait la même crainte vis-à-vis du nucléaire israélien qui n'intéresserait pas, outre mesure, une «communauté» si prompte à rameuter le ban et l'arrière-ban planétaires pour un fait qui reste encore à démontrer. Une inquiétude sélective dès lors que l'Aiea n'a jamais eu l'audace politique de demander à Israël des informations sur son programme nucléaire, le plus secret du monde, harcelant en revanche l'Iran, comme hier d'autres nations, soupçonnées - souvent à tort - de vouloir se doter d'armes de destruction massive. Ainsi, l'Agence internationale de l'énergie atomique (Aiea), faisait-elle part, mardi, de ses «sérieuses inquiétudes» concernant le programme nucléaire iranien. L'Aiea dit «s'appuyer» sur des informations «crédibles» selon lesquelles Téhéran aurait travaillé à la mise au point de l'arme atomique. Dans son rapport, l'Aiea ne semble ainsi tenir compte que de la version fournie par l'Occident, ignorant les explications de Téhéran. C'est là un fait inacceptable et périlleux dès lors que l'Aiea entre dans le jeu risqué d'Israël qui, outre de détenir illégalement l'arme atomique, menace de frapper l'Iran. L'Aiea semble ainsi outrepasser son rôle en donnant aux militaristes israéliens et occidentaux, des arguments légaux d'attaquer un pays, sur la base de suspicions que rien ne vient étayer. De fait, l'Occident, loin de condamner ces menaces israéliennes, réclame un durcissement des sanctions contre Téhéran, afin, déclare-t-il «d'éloigner cette menace d'une frappe militaire préventive» d'Israël. Voilà comment est justifiée, avant-coup, une agression. Par son rapport à sens unique et une accusation fondée sur des «oui-dire» l'Aiea semble avoir ouvert la boîte de Pandore en ne prenant pas en compte, justement, les graves menaces formulées par Israël, lequel a fait de l'option militaire (attaque contre l'Iran) son objectif primordial. Avec le risque d'une aventureuse déflagration dans le Moyen-Orient. Il semble ainsi que les lois pour lesquelles l'Aiea a été créée ne fonctionnent que dans un sens, comme leur application est sélective et discriminatoire, rendant légitime, pour le cas iranien, une agression israélienne.
Dès lors, l'Aiea va au-delà des attentes d'Israël. D'autre part, on nage en pleine hypocrisie, lorsque le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, appelle à une «saisine» du Conseil de sécurité. M.Juppé veut des «sanctions dures «contre l'Iran quand il indique: «Nous sommes décidés à réagir». De tels propos pouvaient encore, à la limite, passer, mais émis par un représentant de la France, c'est quasiment outrageant, de la part d'un pays qui sait à quoi s'en tenir quant à l'armement nucléaire au Moyen-Orient. La France a été, en effet, le pays qui a guidé, dès les années 1957, les premiers pas d'Israël dans la maîtrise de l'atome. Ainsi, on s'inquiète de l'improbable bombe atomique iranienne encore à fabriquer (des experts israéliens estiment que Téhéran ne serait pas prêt avant au moins cinq ans), mais on observe l'omerta sur l'arsenal nucléaire, celui-ci bien réel, détenu par Israël.
Alors, Messieurs de l'Aiea, quand aurez-vous le courage de demander à voir d'un peu plus près le programme nucléaire israélien' Ce qui serait conforme à votre vocation d'institution de sûreté nucléaire de l'ONU. Or, Israël est l'un des rares pays à ne pas adhérer au TNP (Traité de non-prolifération nucléaire). Faut-il signaler que l'Iran a, à maintes reprises, permis aux agents de l'organisme onusien d'inspecter ses installations nucléaires. Maintenant, si l'Aiea traite les pays selon leur appartenance politique ou idéologique, et fait sien le concept du «bon» auquel tout serait permis et le «mauvais» lequel doit rendre gorge, il faudrait alors qu'on le sache. A ce moment, il faudrait impérativement poser la question du fonctionnement de l'Aiea, de son existence même...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim MOHSEN
Source : www.lexpressiondz.com