
Tout porte à croire que l'opération de délivrance des cartes d'identité biométriques pour les candidats des examens de fin d'année n'a pas été mûrement réfléchie. Quelques jours après le lancement en grande pompe de cette opération, candidats et parents dénoncent «précipitation» et «couacs».Les effets d'annonce ont été presque sans traduction concrète sur le terrain à Oran. Les candidats et leurs parents se retrouvent désormais livrés à eux-mêmes dans une sorte de course contre la montre pour se procurer les documents nécessaires avant l'épuisement de la durée de dépôt des dossiers fixée pour la fin de ce mois. La scène se déroule sous l'?il indifférent des passants : des cohortes de jeunes lycéens arpentent les rues de la ville pour rejoindre les services de l'état civil. Ces jeunes lycéens ont été «libérés» durant les heures de cours par leurs proviseurs pour aller poireauter devant les guichets de l'état civil et des tribunaux.Qui a autorisé les proviseurs à lâcher des adolescents dans la rue ' Qui sera responsable en cas d'accident ou autres malheureux incidents ' Exceptés les élèves de deux établissements secondaires (Lotfi et Hammou-Boutlélis), les lycéens de la wilaya (70 établissements) sont contraints de se débrouiller pour constituer leurs dossiers. Un délégué des enseignants que nous avons contacté a regretté les «failles» de cette opération menée dans la précipitation. «Au-delà des effets d'annonce vides de sens, presque rien n'a été fait pour faciliter la tâche aux candidats et à leurs proches», regrette ce père de famille. Les jeunes lycéens sont ballottés entre les services de l'état civil des communes, les tribunaux et les laboratoires d'analyses privés.Les services de l'état civil et les tribunaux sont sous pression en raison des milliers de demandes introduites en l'espace de quelques jours par les candidats au bac et au BEM pour la délivrance des extraits de naissance 12 S et des certificats de nationalité, deux pièces incontournables pour le dossier de la carte d'identité biométrique. Certains candidats au bac vivent un cauchemar dans les services de l'état civil et les couloirs des tribunaux à cause d'une simple erreur sur un acte d'état civil. Des extraits de naissance 12 S qui contiennent des noms ou des prénoms mal orthographiés ou altérés, il y a des centaines de cas dans les banques de données des services de l'état civil à Oran.Il faut rappeler que la numérisation des registres originaux n'a pas été exempte d'erreurs causant ainsi un préjudice à des milliers de personnes. La numérisation des archives de l'état civil avait été confiée à des recrues de l'emploi de jeunes qui manquaient terriblement de compétences et d'expérience pour mener à bien cette lourde tâche. Les exemples d'erreurs de transcription d'état civil ne manquent pas. Le tribunal procède en moyenne à la rectification de 27.000 actes de naissance par jugement administratif et d'un millier d'autres actes par décision de justice par an.Dans les services de l'état civil de plusieurs communes, une foule compacte s'agglutine depuis les premières heures de la matinée pour la constitution du dossier de la carte d'identité biométrique. Des files de jeunes et de femmes se prolongent parfois jusqu'aux portes. Les citoyens s'impatientent. nombreux n'hésitent pas à montrer leur mécontentement. Au fur et à mesure que le temps passe, les esprits s'échauffent. Les longues files dans les services de l'état civil ne sont pas le seul cauchemar des candidats. Ils doivent aussi patienter dans les laboratoires d'analyses médicales privés pour obtenir une carte de groupage. Cet état de fait semble profiter à certains laboratoires qui ont doublé leurs tarifs. «Une carte de groupage qui coûtait il y a à peine quelques jours 300 dinars est tarifée à 600 dinars », confie cette dame à la sortie d'un laboratoire à Oran Est. L'aubaine profite aussi aux photographes qui font de bonnes affaires ces jours-ci.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sofiane M
Source : www.lequotidien-oran.com