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Une adolescente dans la jungle de la guerre



Une adolescente dans la jungle de la guerre
José Luis Rugeles Garcia a planté sa caméra dans la jungle de la Colombie pour filmer une poignante histoire, Alias Maria, projeté dimanche soir à la salle El Mougar, à l'occasion du 6e Festival international du cinéma d'Alger (FICA).Alias Maria» n'est pas un «autre» long métrage sur la guerre et ses horreurs. C'est le récit de Maria, une adolescente de 13 ans, enrôlée malgré elle dans les rangs d'une guérilla qui pratique des règles impitoyables, inhumaines.On peut supposer qu'il s'agit des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), une guérilla communiste qui existe depuis le début des années 1960.Le commandant, qui oblige à l'avortement toutes les femmes de son «armée», n'autorise que sa compagne à enfanter. Et il charge Maria et trois autres guérilleros, dont un enfant d'à peine dix ans, à éloigner le bébé du campement et le mettre en sécurité dans un village. Maria, qui entretenait une relation forcée avec le chef de mission, est enceinte.Elle garde bien ce secret pour ne pas perdre son enfant. Maria et ses trois compagnons doivent traverser la forêt en évitant les guet-appens de l'armée régulière et les tirs des milices paramilitaires.Des milices qui commettent des exécutions extrajudiciaires contre les civils sympathisants de la guérilla. «Les paramilitaires sont de mauvais garçons. Ils sont apparus 35 ans après le début du conflit pour lutter contre les guérilleros et défendre les cibles de ces mêmes guérilleros.Ce que la guérilla a fait en soixante ans, les paramilitaires l'ont fait en trente ans Les paramilitaires ont commis des atrocités contre les civils», a relevé José Luis Rugeles Garcia, présent à la salle El Mougar. La mission devient de plus en plus dangereuse et Maria n'a qu'une seule idée : fuir.José Luis Rugeles Garcia fait des parallèles avec des fourmis dévorant des feuilles d'arbre ou des porcs se disputant de la nourriture. Les soldats ne sont-ils pas comme les fourmis, ils obéissent à un code non écrit, font ce qu'on leur demande de faire sans discuter ' «Dans tous les festivals, on m'a posé cette question sur les fourmis. Je n'ai jamais eu la même réponse.C'est votre film et vous pouvez l'interpréter comme vous le voulez», a répondu José Luis Rugeles Garcia, présent à la salle El Mougar. Le cinéaste semble avoir une idée bien précise sur la guérilla et sur les ravages de la guerre.D'où la scène d'un vieux couple vivant dans une cabane en forêt. Deux personnes âgées perdues, silencieuses et écrasées de tristesse. Elles doivent subir l'incursion de Maria et ses trois compagnons. Un médecin et sa famille sont également forcés d'accepter l'installation des guérilleros à la maison.Les FARC luttent pour «le bien» du peuple de Colombie ' Voyons ! «Ces guérilleros ne combattent plus pour une idéologie. Avec la durée, les objectifs du conflit sont devenus mercantiles. C'est un gros business. Les affaires sont plus importantes que l'idéologie», a souligné le cinéaste. Selon lui, le nom choisi pour le personnage de Maria ne renvoie à aucune religion. «Maria est tombée dans un cercle vicieux. C'est une fille qui a perdu son enfance.Elle va devenir mère. Et à 13 ans, on a toujours envie d'aller ailleurs. Dès le départ, je voulais aborder la thématique de l'enfance engagée dans un confit. La plupart des personnes engagées dans le conflit sont des victimes, qu'elles soient au sein de l'armée régulière, des paramilitaires ou des guérilleros», a-t-il noté.La fiction Alias Maria est en salle actuellement en Colombie. «La film a été bien accueilli par le public. Au début, certains ont cru que le film était une apologie à la guérilla, à l'armée ou à la guerre. Au sortir de la salle, les gens avaient une autre idée sur le film», a confié José Luis Rugeles Garcia.Le film Alias Maria est inspiré d'une histoire vraie. Selon l'organisation de défense des droits humains, Human Rights Watch, plus de 11 000 enfants ont été recrutés de force par les FARC. Cette semaine, le parquet de Bogota a ouvert une enquête sur la pratique de l'avortement forcé par les FARC. L'âge de l'impunité est toujours court.


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