Le Sila n'aura pas lieu cette année. Pour garder le lien entre écrivains, éditeurs et lecteurs, Liberté ouvre ses colonnes et leur donne la parole...Par : Djoher Amhis Ouksel
Autrice
Le corona nous en veut. Il prive tous ceux qui aiment les livres et le savoir du Sila. Il va nous manquer, il me manque. Ce sera un grand vide. Pour moi, c'était la rencontre, la convivialité, un contact avec la jeunesse. Lors de la dédicace de mes ouvrages, au stand des Editions Casbah, pendant trois ou quatre jours, c'est un bonheur de nouer un lien avec les nouvelles générations. J'observe, je suis à leur écoute et tente de répondre à leurs préoccupations. Etonnement d'abord ! C'est vous qui avez écrit tous ces ouvrages ' Je leur explique ma démarche. Il y a un grand intérêt et beaucoup de curiosité dans leur questionnement : certains me demandent quels livres consulter pour leur mémoire, d'autres voudraient garder le contact avec moi. J'en profite pour les inciter à la lecture. Faire lire est ma priorité pour tenter de combler le vide culturel. Des mamans viennent me demander conseil pour le choix de livres à faire lire à leurs enfants.
Au Sila, l'important, c'était l'animation. Je me suis rendu compte de la forte demande, une expérience : raconter un conte de chez nous. J'ai fait intervenir des enfants pour lire, une véritable émulation ! À la fin de la séance, tous voulaient lire et me demandaient des références d'ouvrages à consulter. C'étaient des écoliers d'une école privée de Bordj El-Kiffan, genre d'initiatives à encourager. L'engouement pour le Sila n'est plus à démontrer. Les pessimistes constatent qu'il y a plus de flâneurs que d'acheteurs potentiels. Qu'importe ! Il vaut mieux flâner en milieu culturel. Les promeneurs prennent conscience de leur ignorance face à cette diversité d'ouvrages. J'observe des enfants qui feuillettent un livre ; ils sont déjà dans l'acte de lecture. Le Sila draine énormément de monde. C'est chaque fois une manifestation attendue qui suscite engouement et curiosité : occasions de rencontres, d'échanges, de discussions lors de conférences, plaisir de revoir des amis... C'est tout cela le Sila.
Le corona disparaîtra et le Sila reprendra, pour notre grand bonheur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Liberté
Source : www.liberte-algerie.com