Oran - Revue de Presse

Un spectacle inhabituel



Un spectacle inhabituel
C'est que cette façon de faire, très inhabituelle ici, fait partie intégrante de ce projet théâtral. Du haut, on peut voir une scène dans la scène. Des spectateurs « privilégiés » auxquels on a préparé des chaises et des tables ont été regroupés sur la scène pour en cerner une autre surélevée. Un décor de cabaret rehaussé par deux lignes de simples lampes à incandescence évoquant une fête foraine, mais on ne sait pas trop, du moins au début quand le spectacle commence. En effet, alors qu'une musicienne (Anne Gastine) pianote sur un clavier et une actrice tricote, les autres membres de la troupe se familiarisent avec les spectateurs privilégiés, leur indiquant des places libres, leur offrant du thé, etc. Le burlesque qui a caractérisé certaines improvisations donnait déjà un avant-goût de ce qu'allait être le spectacle proprement dit, celui inspiré de l'atmosphère décrite par l'auteur russe et non les clins d''il à la ville d'Oran, son théâtre et sa place d'Armes. La familiarité va jusqu'à aller chercher une échelle dans les débarras de la bâtisse pour faire semblant de faire descendre les « vrais spectateurs » des loges supérieures. En tout cas, ce bouleversement des habitudes suffit pour amplifier l'attention du public et l'amener peu à peu à entrer dans le vif du sujet lorsque les textes adaptés de la littérature vont être déclamés et interprétés en même temps par des comédiens hors du commun, car pouvant jouer sur plusieurs registre : chanter, danser, interpréter des rôles et même présenter un spectacle de marionnettes, ce qui amplifie davantage l'effet de scène dans une scène.Alors que La dame au petit chien, une petite séquence tirée de la nouvelle du même nom, revient come un refrain, plusieurs autres tranches de vie née de l'imaginaire du génie russe vont défiler, tels des numéros de cabaret, devant les yeux d'un public qui a d'abord du mal à saisir le fil conducteur de cette gigantesque fresque littéraire. Il n'en a peut-être pas car le metteur en scène a su brouiller les pistes en jouant sur l'intemporalité pour ne privilégier, dans cette comédie humaine, que les tracas de l'âme. Trahisons, désirs de vengeance, violences, amours incertaines sans les fardeaux portés sur le dos d'une multitude de personnages auxquels les acteurs de la compagnie ont merveilleusement donné vie. Ce spectacle devait être suivi le lendemain par une comédie, la Mouette, du même auteur et même réalisateur mais avec une conception différente, promet-on. Cette série de spectacles théâtraux qui comprend également Arrêt fixe de Mohamed Benguettaf et Histoire d'amour (lecture, mise en espace) de Jean Luc Lagarce fait partie d'un programme concocté en collaboration avec le théâtre national Mahieddine Bachetarzi pour une tournée dans plusieurs villes d'Algérie.
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