
S'il y a une chose qu'il faut reconnaître aux djihadistes, c'est bien leur qualité guerrière et leur résilience, qui ne le cèdent en rien aux grandes guérillas communistes du vingtième siècle, notamment au Vietnam. Fanatisme à toute épreuve, esprit de sacrifice, souplesse tactique, auxquels les barbus ont ajouté des techniques de combat bien à eux comme les attentats-suicides.A l'instar d'un cancer, leur expansion est soudaine alors que la cure est ô combien longue et difficile. Le Syrak est un cas d'école. Commencée dans les flonflons médiatiques il y a deux mois et demi, la bataille de Mossoul ne fait plus la une et la journaloperie est soudain bien silencieuse... En octobre, la consigne était de dresser un parallèle entre la supériorité morale du camp du Bien et les crimes contre le cosmos des méchants syro-russes à Alep. Aujourd'hui, il s'agit surtout de cacher le quasi surplace de la campagne et ses innombrables ratés. Fin octobre : On le voit, c'est pour le moins poussif, au prix pourtant de pertes colossales et de bavures américaines soigneusement passées sous silence par la presse aux ordres. Sur le terrain, les djihadistes se défendent comme des diables, utilisant tous les moyens, y compris les corans piégés ou les fausses funérailles. Mis à part le judicieux mouvement tactique des milices chiites vers Tal Afar pour couper la route syrienne, les autres gains ne consistent qu'en quelques champs poussiéreux, villages perdus et quartiers de la banlieue orientale de Mossoul, les plus faciles à prendre d'ailleurs car peuplés d'habitants peu liés au sunnisme arabe de l'Etat Islamique:Ainsi, des prévisions bisounoursement optimistes du début de la campagne sommes-nous passés à des constats bien plus prudents, tant du côté des milices chiites que des généraux US, tous membres de l'hétéroclite et improbable coalition tentant de reprendre Mossoul. Quand on pense qu'en juin 2014, l'EI avait pris la ville en quatre petits jours... A 500 kilomètres de là, dans le nord syrien, les Turcs rencontrent les mêmes difficultés devant Al Bab. Ayant changé son fusil d'épaule dans un retournement dont il a le secret, Erdogan a lancé en août l'opération Bouclier de l'Euphrate contre ses anciens protégés daéchiques, et bien sûr contre les Kurdes. Il a fallu plus de trois mois (!) au tandem ASL-armée turque pour « libérer » une portion de territoire de 20 km sur 50 km et arriver devant Al Bab. Depuis, plus rien...L'ASL turquisée a tout le mal du monde à venir à bout des petits hommes en noir. Certes, elle doit tenir en respect les YPG kurdes sur ses flancs, ce qui disperse quelque peu son effort, mais la garnison de l'EI n'est pas non plus celle de Mossoul, Raqqa ou même Palmyre. En réalité, le sultan s'est peut-être mis dans un sacré bourbier. Ses alliés « rebelles » font parfois penser à une armée de carton-pâte (témoin, leur fuite pure et simple devant la contre-attaque de Daech la semaine dernière), la population « libérée » ne semble pas toujours comprendre sa chance (protestations à Jarablous contre la présence des barbus pro-turcs il y a quelques jours) et les combats sont bien plus durs que prévus. (A suivre)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chérif Abdedaïm
Source : www.lnr-dz.com