
Avant même le transfert effectif, fin décembre, des actifs d'ArcelorMittal Algérie à l'Etat algérien, comme annoncé par le ministre de l'Industrie et des Mines, le syndicat d'entreprise s'insurge contre les menées prédatrices de certains responsables nationaux et étrangers.Dans un courrier qu'il a adressé, avant-hier, au directeur général de l'entreprise, le syndicat d'ArcelorMittal Algérie dénonce la passation d'un marché douteux entre l'unité logistique du complexe sidérurgique avec la société Semafer, un sous-traitant établi en France, soi-disant spécialisé dans la réhabilitation, la modernisation, la maintenance et la commercialisation de matériels ferroviaires et la vente de pièces de rechange spécifiques à ces matériels. Usant de termes forts à l'encontre des responsables d'ArcelorMittal, qui ont contracté ce marché avec ledit prestataire de services, allant jusqu'à accuser ceux-ci de laxisme, sinon de complicité, le secrétaire général du syndicat d'entreprise, Noureddine Amouri, demande à la direction de mettre un terme à ce qu'il n'hésite pas à qualifier "d'arnaque" commise au détriment du complexe sidérurgique.Selon ce syndicaliste, qui prend à témoin de ce qu'il avance, les chefs de départements logistique, appros et projet du site d'El-Hadjar, la société Semafer aurait livré avec des retards importants des pièces de rechange non conformes destinées à la remise en état de locotracteurs. Il rappelle à la direction que les chefs de départements cités ont refusé de réceptionner lesdites pièces de rechange, en signalant noir sur blanc, sur des rapports, le danger qu'elles présentent pour le matériel ferroviaire auquel elles sont destinées. Tout comme il s'élève contre le contrat passé avec ce même prestataire pour la location de sept locotracteurs usagés, et ce, malgré toutes les contraintes litigieuses qui ont été émises à son encontre. Dans ce même écrit, Amouri se demande pourquoi aucune mesure n'a été prise par la direction du complexe et par le président du conseil d'administration pour mettre un terme aux dépassements commis par "des managers qui ne sont dignes ni de leur poste ni de leur entreprise". Il promet que le syndicat s'opposera à quiconque voudra toucher ou retarder, en profitant de son enveloppe financière, le projet d'investissement de l'entreprise (dont le montant est fixé à un milliard de dollars, ndlr). Joint par téléphone, le secrétaire général du syndicat d'entreprise persiste dans son attitude, menaçant de durcir le ton si la direction ne fait rien pour interrompre toute relation avec la société Semafer, qui aurait eu maille à partir avec d'autres entreprises nationales, dont Ferrovial, pour "escroquerie".Il profitera de cet entretien pour annoncer que le syndicat est en train de préparer un mémorandum pour dénoncer toutes les entraves et les retards, que connaît le programme de réhabilitation des équipements du site, y compris le projet de rénovation du haut-fourneau, qui risque de s'éterniser, si personne, en haut lieu, n'y met le holà. "Nous sommes convaincus que les responsables étrangers du site ne sont intéressés, en ce moment, que par l'importation des brames et des billettes. Tout est fait pour aller à contrecourant du plan de développement préconisé par le ministre Bouchouareb et nous ne nous laisserons pas faire !" lancera le syndicaliste, en guise d'avant-goût de ce que sera la riposte des représentants des travailleurs pour préserver le site d'El-Hadjar.A. A
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Allia
Source : www.liberte-algerie.com